Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Grotiana 2
Note [18]

« L’Église ne doit pas connaître le sang. À ce sujet, voyez la Bibliotheca Belgica de Valerius Andreas, page 827. »

Page 827 de la « Bibliothèque flamande » de Valerius Andreas (Louvain, 1643, v. note [3], lettre 584) :

Batavus, homo vix Latinus, novæque in Religione apud Batavos sectæ auctor et antesignatus, teste Aub. Miræo in Vita Iusti Lipsii ; edidit :

  • Epitomem Processus de occidentis hæreticis, et vi conscientiis inferenda, inter eumdem Lipsium et Coornhertum. Cui Lipsius reposuit De una Religione librum adversus Dialogistam ; et hic iterum Defensionem Processus, Goudæ, 1597, in‑8o.

  • Ejusdem Emblemata, Moralia et Œconomica, De rerum usu et abusu, variis Carminum generibus illustrata a Richardo Lubbæo, edita sunt Arnhemii, 1609, apud Iansonium.

[Hollandais, qui connaissait à peine le latin, et fut le créateur et porte-étendard d’une nouvelle secte religieuse en Hollande, au témoignage d’Aub. Miræus dans la Vita Iusti Lipsii. {a} Il a publié :

  • Epitomem Processus de occidentis hæreticis, et vi conscientiis inferenda, inter eumdem Lipsium et Coornhertum ; {b} auquel Lipse a répliqué par le De una Religione liber adversus Dialogistam ; et Coornhert a ensuite publié la Defensio Processus, Goudæ, 1597, in‑8o. {c}

  • Ses Emblemata, Moralia et Œconomica, De rerum usu et abusu, variis Carminum generibus illustrata a Richardo Lubbæo, ont été publiés à Arnheim, 1609, chez Janson]. {d}


  1. Vita sive Elogium Iusti Lipsii sapientiæ et litterarum Antistitis. Aubertus Miræus Bruxellensis, Canonicus et Bibliothecarius Antuerp. ex scriptis illius potissimum concinnabat.

    [Vie de Juste Lipse, champion de la sagesse et des lettres. Aubertus Miræus, {i} natif de Bruxelles, chanoine et bibliothécaire d’Anvers, l’a principalement établie à partir de ses écrits]. {ii}

    1. Aubert Le Mire, v. note [24] du Borboniana 5 manuscrit)

    2. Anvers, David Martinius, 1609, in‑4o de 40 pages.

    Pages [12 ter] (non numérotée)‑13, Miræus y défend Lipse dans la querelle qui l’a opposé à Coornhert sur les mots ure, seca [brûle, coupe] (v. note [33] du Grotiana 1) :

    Invidiam tamen (ut summa semper petit livor) effugere non potuit, quam duæ ipsi voculæ potissimum peperunt : ignem struente Theodoro Cornhertio (quem nunc Diodorum, nunc Dialogistam ipse nuncupat) homine vix Latino, et novæ in religione apud Batavos sectæ autore et antesignano. Scripserat noster, Hæreticos seditiosos ac turbidos esse puniendos : ille sic accepit, quasi dixisset, quoscumque in religione errones urendos, secandos, occidendos, libelloque vulgari lingua edito, hominem mitissimum sævitiæ apud Ordines Bataviæ accusavit ; hominem, inquam, mitissimum : cuius scripta quisquis sedate legerit, nec sævitiam nec lenitudinem increpabit, sed fatebitur viam præscriptam, quam bono generis humani iniverint hodie qui regnant. Quin imo agnoscet in lenitudinem semper fuisse proniorem, quique in hanc potius, quam in aliam partem peccandum, si modo peccandum, existimarit.

    [Cependant, il n’a pu échapper à la malveillance (cette inévitable conséquence de la jalousie) que lui valurent principalement deux petits mots : l’incendie fut allumé par Theodorus Coornhertius, homme qui connaissait à peine le latin, créateur et porte-étendard d’une nouvelle secte religieuse en Hollande (qui se donnait tantôt le nom de Diodorus, tantôt celui d’Interlocuteur). Notre Lipse avait écrit que les hérétiques séditieux et fauteurs de trouble doivent être punis : ce que son antagoniste avait entendu comme voulant dire que tous ceux qui fautent en matière de religion doivent être brûlés, coupés et occis ; et dans un libelle publié en flamand, il traduisit le plus aimable des hommes devant les États de Hollande pour cause de furie. Je dis bien le plus aimable des hommes, car quiconque aura calmement lu ses écrits n’en blâmera ni la furie ni la douceur, mais y reconnaîtra la voie que prescrivent ceux qui gouvernent aujourd’hui pour contribuer au bien du genre humain. Qui plus est, on y verra qu’il a toujours été grand adepte de la douceur, et on jugera que, s’il a jamais péché, c’est par excès d’amabilité plutôt que de furie].

  2. « Abrégé du progrès qui consiste à tuer les hérétiques et à forcer les consciences. Entre ledit Lipse et Coornhert » (Gouda, 1597, v. note [33] du Grotiana 1).

  3. V. note [32] du Grotiana 1 pour le « Livre sur la religion unique, contre un Interlocuteur » de Lipse (Leyde, 1590) et pour la « Défense du progrès » de Coornhert (Gouda, 1591).

  4. Emblemata moralia, et œconomica, de rerum usu et abusu, olim inventa et Belgicis rithmis explicata a Theodoro Cornhertio rerum politicarum suo tempore, inter Belgas peritissimo ; nunc vero variis carminum generibus recens illustrata a Richardo Lubbæo Broecmerio Frisio.

    [Emblèmes moraux et sages, sur l’us et abus des choses, que Theodorus Coornhertius, parmi les Flamands, le plus fin connaisseur des affaires politiques de son temps, a jadis trouvés et expliqués en vers néerlandais ; diverses sortes de poèmes {i} de Richardus Lubbæus Broecmerius, natif de Frise, les ont aujourd’hui de nouveau illustrés]. {i}

    1. Latins.

    2. Arnheim, Ioannes Iansonius, 1609, in‑4o de 7 feuilles, splendide ouvrage illustré dont les gravures ont été dessinées par Coornhert.

Les Van Dieryck Volckertsz Coornherts Wercken [Œuvres de Dirck Volkertszoon Coornhert] ont paru à Amsterdam, chez Iacob Aertszoon Colom en 1630, trois volumes in‑8o (et non pas in‑fo).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Grotiana 2. Note 18

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(Consulté le 28.01.2023)

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