À André Falconet, le 27 avril 1660
Note [19]

« et souffre de la même rugosité que Tertullien, il est lipsien ou singe de Lipse, ou moins bon que Lipse, tel que fut quelquefois Erycius Puteanus, ou encore Petrus Gruterus, Théophile Raynaud et un petit nombre d’autres, “ qu’un nom obscur a laissé oublier ” [Virgile, v. note [11], lettre 251]. »

Petrus Gruterus (vers 1574-1634, sans lien de parenté qu’on ait su établi avec son contemporain Janus Grüter, v. note [9], lettre 117) fut recteur de l’École latine d’Amsterdam.

Erycius Puteanus (Eric de Put en flamand, Dupuy en français ; Venloo, Gueldre 1574-Louvain 1646) professa quelque temps l’éloquence à Milan puis reçut le titre d’historiographe du roi d’Espagne, et devint en 1606 professeur de langue latine et de belles-lettres à Louvain après la mort de Juste Lipse à qui il succéda. Puteanus a laissé quelque 120 petits ouvrages qui sont depuis longtemps oubliés (G.D.U. xixe s.).

Dans son article sur Théophile Raynaud, Bayle a commenté ce passage de Guy Patin :

« J’avoue que je ne saurais comprendre sur quel fondement on accuse ce jésuite d’affecter un style coupé, obscur, pointilleux, rempli de ce que l’on nomme archaïsmes. J’ai lu plusieurs de ses livres et j’y ai trouvé partout un autre langage, un style qui approche beaucoup plus du prolixe que du court, un style qui prend ses aises et qui ne se gêne point dans les coupures, par des suspensions et par de semblables défauts des singes de Lipse. Il n’est point poli à la vérité ; mais s’il est rude et barbare, ce n’est point par l’affectation de la vieille latinité, de cette latinité farcie de phrases de Plaute ou de grécismes qui fait les délices de quelques savants ; c’est plutôt par le mélange de plusieurs termes empruntés des scolastiques. Je remarque même qu’il censura dans l’un de ses adversaires l’emploi de quelques mots grecs : on lui répondit que ce n’était pas à lui à parler de grec, vu qu’il ignorait cette langue. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 27 avril 1660. Note 19

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(Consulté le 08.03.2021)

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