À Charles Spon, le 22 août 1645
Note [2]

« Ton désir de régner n’irait pas jusque-là, bien que la Grèce admire les champs Élysées » (Géorgiques, chant i, vers 37‑38, avec altération du premier vers : Nec tibi regnandi veniat tam dira cupido).

Dans son édition des Géorgiques (Lyon, 1619), Juan Luis de La Cerda (v. note [12], lettre 224) a donné leur « sens mystique » (caché) à ces deux vers tirés du préambule, en paraphrasant ceux qui les précèdent et les suivent (page 185, note d de l’Explicatio) :

Concludit Poeta hac ratione : Modo sis unus e Diis terrarum, e Diis maris, e Diis cœlestibus, quicquid demum ex tribus istis eris, (nam te nec Tartara regem suum sperent, nec tu hoc cupias : quamvis Græcia Elysios campos miretur, quamvis Proserpina infernis locis permulsa nollet matrem Cererem repetere, nollet sequi) da mihi cursum navigationis facilem, annue cœptis audacibus, una mecum in viam ingredere miseratus agrestes ignaros viæ, assuesce iam ut Deus vocari.

[Le poète conclut sur cette pensée : pourvu que tu {a} sois l’un des dieux terrestres, l’un des dieux marins, l’un des dieux célestes, il suffit que tu sois l’un quelconque de ces trois là (car le Tartare {b} n’espère pas t’avoir pour son roi, et tu ne le désires pas, bien que la Grèce admire les champs Élysées, {c} et bien que Proserpine, charmée par les lieux infernaux, ne veuille pas que Cérès, sa mère, l’en ramène, ni ne l’y suive) ; {d} donne un parcours aisé à ma navigation, {e} approuve les audaces de mon entreprise, sois apitoyé quand s’y lancent avec moi des paysans qui en ignorent la route, habitue-toi à être invoqué comme un dieu].


  1. Virgile dédiait ses Géorgiques à l’empereur Auguste (v. note [6], lettre 188), son protecteur.

  2. Les enfers.

  3. Dans le mythe antique, les champs Élysées étaient le lieu du Tartare où les héros et les gens vertueux goûtaient le repos après leur mort.

  4. V. notule {a}, note [3] du Faux Patiniana II‑6.

    Pluton (v. note [16], lettre 514) est à prendre pour Lazare Meyssonier, son épouse, pour Proserpine, et sa belle-mère, pour Cérès (v. note [18], lettre latine 539).

  5. La rédaction et le succès des Géorgiques.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 22 août 1645. Note 2

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(Consulté le 12.05.2021)

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