À Johann Paul Felwinger, le 22 janvier 1665
Note [2]

Ces Disputationes metaphysicæ [Disputations (Thèses) métaphysiques] que Johann Paul Felwinger avait dédicacées (plutôt que dédiées, v. note [1], lettre latine 321) à Guy Patin (nomini meo inscriptæ) ne correspondent à aucun titre que j’aie su trouver parmi ses publications d’alors.

  • Ses Dissertationes politicæ (Nuremberg, 1661, v. note [1], lettre latine 365) sont politiques et leur dédicace est totalement étrangère à Patin.

  • La Iohannis Pauli Felwinger, Professoris Altdorfini, Dissertatio theologico-philosophica, de photinianorum analogia fidei, contra Johannem Crellium Francum, instituta Altdorffii anno cIɔ Iɔc lxiv [Dissertation théologico-philosophique sur la “ conformité à la foi ” des photiniens, prononcée à Altdorf en l’an 1664, contre Johannes Crellius natif de Franconie (actuelle Bavière)…] (Altdorf, Goebel, 1664, in‑8o) n’a pas d’épître dédicatoire. Elle a cependant une courte Præfatio ad candidum et benevolum lectorem [Préface à l’heureux et bienveillant lecteur], datée d’Altdorf, le 15 mars 1664, où ne se lit aucune allusion directe au nom de Guy Patin ; à moins d’en faire l’ami cité dans ce passage :

    Hanc ipsam materiam cum sub alia facie Johannes Crellius, Francus, qui cæteris Photinianis in Sophisticationibus voluit superior, si non supremus esse, proponere conetur, et sub speciosiore forma Lectori virus suum propinare audeat in Epistola quadam, […] quam cum Amicorum quidam non ultimus mecum communicavit, vidi non parum ad dilucidationem discursus de Revelatione facturum esse…

    [Quand, sous une autre apparence, Johannes Crellius, {a} natif de Franconie, qui a voulu surpasser les autres photiniens en sophistication, {b} voire devenir le plus grand d’entre eux, entreprend de proposer cette matière même, et ose présenter au lecteur son poison sous une forme spécieuse dans une lettre, (…) que quelqu’un, qui n’est pas le dernier des amis, m’a communiquée…]. {c}


    1. V. note [3], lettre latine 365.

    2. Précurseurs des sociniens du xvie s. (v. note [13], lettre 127), les photiniens étaient une secte hérétique, apparue au ive s. sous l’impulsion de Photin, évêque de Galatie, soutenant « que non seulement Jésus-Christ n’était qu’un pur homme, mais encore qu’il n’avait commencé à être le Christ que quand le Saint-Esprit descendit sur lui dans le Jourdain ; et qu’il est appelé Fils unique par la seule raison que la Sainte Vierge n’en eut point d’autre » (Encyclopédie).

    3. La critique de cette lettre manuscrite que Crellius avait adressée à Joachimus Peuschelius, pasteur de Nuremberg, occupe tout le livre de Felwinger.

      Il est audacieux de penser que l’informateur de Felwinger fut Patin ; mais il était fort curieux des hérésies chrétiennes (intérêt qu’il partageait avec son ami Christiaen Utenbogard qui avait été lié aux remontrants néerlandais), en étant bien capable de facéties plus surprenantes encore que celle-là. Le retour allusif de Guy Patin sur ce sujet, dans sa lettre à Felwinger du 28 août 1665, peut étayer cette supposition.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johann Paul Felwinger, le 22 janvier 1665. Note 2

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(Consulté le 09.12.2019)

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