À Gerardus Leonardus Blasius, le 22 octobre 1665
Note [2]

« Hercule qui chasse les maux » est une expression empruntée aux Apophthegmes d’Érasme (Diogène, livre iii, pages 114 vo‑115 ro, v. note [2], lettre latine 316) :

Quidam gloriosum titulum inscripserat ædibus suis, Iovis filius Callinicus Hercules hic habitat, ne quid introeat mali. Diogenes ex inscriptione stultitiam hominis deprehendens, adiecit, μετα πολεμον η συμμαχια, id est post bellum auxilium : indicans seram esse malorum omnium deprecationem, posteaque talis immigrasset. Colebatur enim Hercules αλεξικακος, malorum depulsor. Eum oportuit in ædes imigrare priusque immigrasset dominus ædium, qui ipse erat magnum malum.

[Un quidam avait écrit dans sa maison cette orgueilleuse devise : « Ici demeure Hercules Callinicus, fils de Jupiter, n’y entre personne qui ne soit honnête homme. » Voyant en cette inscription la folie du personnage, Diogène y ajouta ces mots : méta polémon ê summachia, « après le combat, le secours », voulant dire par là qu’il était trop tard pour conjurer le mal après qu’un méchant homme eut franchi le seuil. De fait, on adorait alors Hercules alexicacos, comme celui qui chasse les maux. {a} Il lui parut donc préférable d’entrer dans la maison avant que son propriétaire n’y fût, car il était fort méchant homme].


  1. V. note [3], lettre de Reiner von Neuhaus, datée du 21 octobre 1663, pour Hercule. Alexicacos (Alexicacus en latin) est l’une des nombreuses épithètes d’Apollon, dieu guérisseur (entre quantité d’autres attributions, v. note [8], lettre 997). Parmi tous ses exploits, Hercule est réputé avoir ressuscité Alceste, fille de Pélias (v. 2e notule {d}, note [1], lettre latine 167), que le désespoir avait poussée à mettre fin à ses jours en prenant du poison ; Euripide en a fait l’intrigue de son Alceste.

Par Machaon (Asclépiadès, v. note [4], lettre 663), Hippocrate et ses disciples étaient censés descendre d’Hercule (v. note [6], lettre 6).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Gerardus Leonardus Blasius, le 22 octobre 1665. Note 2

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(Consulté le 18.10.2019)

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