À André Falconet, le 25 février 1661, note 5.
Note [5]

« dans son Banquet, à propos du troisième genre d’hommes, à savoir les androgynes ».

Les paroles exactes d’Aristophane dans le Banquet de Platon sont :

« Jadis, la nature humaine était bien différente de ce qu’elle est aujourd’hui. D’abord il y avait trois sortes d’hommes : les deux sexes qui subsistent encore, et un troisième composé de ces deux-là ; il a été détruit, la seule chose qui en reste, c’est le nom. Cet animal formait une espèce particulière et s’appelait androgyne, parce qu’il réunissait le sexe masculin et le sexe féminin ; mais il n’existe plus, et son nom est en opprobre. »

Néréides, sirènes (v. notule {b}, note [2], triade 1 du Borboniana 11 manuscrit) et tritons étaient des créatures marines fabuleuses de l’Antiquité. Par moquerie, saint Jérôme en a parlé, parmi d’autres animaux mythiques, au début de son Traité contre l’hérétique Vigilantius, ou Réfutation de ses erreurs :

Multa in orbe monstra generata sunt. Centauros, et sirenas, ululas, et onocrotalos in Isaia legimus. Job Leviathan et Behemoth mystico sermone describit. Cerberum et Stymphalidas, aprumque Erimanthium, et leonem Nemaeum, chimaeram atque hydram multorum capitum narrant fabulae poetarum. Cacum describit Virgilius. Triformem Geryonem Hispaniae prodiderunt. Sola Gallia monstra non habuit, sed viris semper fortibus, et eloquentissimis abundavit. Exortus est subito Vigilantius, seu verius Dormitantius, qui immundo spiritu pugnet contra Christi spiritum.

[Le monde a engendré quantité monstres. Isaïe parle de centaures, de sirènes, de chouettes, de pélicans. {a} En un mystérieux discours, Job décrit le Léviathan et Béhémoth. {b} Les fables des poètes racontent Cerbère et les oiseaux du lac Stymphale, le sanglier de la forêt d’Érimanthe, le lion de Némée, la Chimère et l’Hydre aux multiples têtes. {c} Virgile dépeint l’histoire de Cacus, et l’Espagne a produit Géryon aux trois corps. {d} La Gaule seule n’a pas eu de monstres, les hommes courageux et éloquents y abondaient, quand soudain parut Vigilantius, ou plutôt Dormitantius, {e} dont l’esprit impur combat contre l’esprit du Christ. »


  1. Isaïe :

    • Contre Babylone (13:21) – « Les bêtes du désert y gîteront, les hiboux en rempliront les maisons, les autruches y demeureront, les Satyres y danseront » ;

    • Fin d’Édom (34:11‑12) – « Il sera le repaire du pélican et du hérisson, la chouette et le corbeau l’habiteront ; […] les Satyres y feront leur demeure. »

  2. Job (40), descriptions de Béhémoth (15‑24) et de Léviathan (25‑32), qui ressemblent à l’hippopotame et à la baleine.

  3. V. notes [29], notule {e}, du Borboniana 6 manuscrit pour Cerbère, et [3], lettre de Reiner von Neuhaus, datée du 21 octobre 1663, pour Hercule et ses douze travaux, où figurent ses combats contre les autres monstres cités.

  4. L’Énéide (chant viii, vers 194‑204) décrit Cacus, fils de Vulcain, mi-homme effroyable qui dévore les humains, en évoquant le triple Géryon tué par Hercule.

  5. Vigilantius ou Vigilance, prêtre de Gaule aquitaine au iiieive s., avait accusé Jérôme d’adhérer à la théologie d’Origène (v. note [13] du Patiniana I‑2). Jérôme jouait sur le verbe latin qui était à l’origine de son nom, vigilare (veiller), en le transformant en son contraire, dormitare (sommeiller).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 25 février 1661, note 5.

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(Consulté le 17/04/2024)

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