Annexe : Une thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643)
Note [54]

« Troisième espèce de teigne, les achores sont des ulcères de la tête qui s’étendent toujours, perçant la peau de plusieurs petits trous, dont il sort une ordure visqueuse. La cause prochaine des achores est une humeur âcre, séreuse, nitreuse et piquante, jointe à une humeur grossière » (Trévoux) ; c’est ce qu’on appelle aujourd’hui l’impétigo du cuir chevelu.

La siriase (du grec seirios, canicule, parce que les Anciens l’attribuaient à l’exposition de la tête à l’ardeur solaire) est l’ancien nom de la méningite des petits enfants : « elle consiste dans l’inflammation du cerveau et de ses membranes, accompagnée de l’affaissement de la fontanelle ; le malade a les yeux cavés, une fiévre ardente, le corps pâle et desséché, et n’a nul appétit » (ibid.).

Interstices membraneux entre les os de la voûte crânienne (v. note [31], lettre 901), dont elles permettent l’expansion, les fontanelles du petit enfant se ferment durant les deux à trois premières années de la vie. La grande fontanelle du nouveau-né et du nourrisson, la plus antérieure et celle qui se ferme en dernier, est normalement battante (palpitans vertex) ; mais elle bombe et cesse de battre en cas d’hydrocéphalie (v. note [5], lettre 311) et de méningite ; son affaissement est un signe de déshydratation. Les fontanelles se ferment pendant la croissance, devenant les angles de jonction entre les sutures crâniennes (v. note [14] de l’Observation 20).

Sénèque (Lettres à Lucilius, livre ii, épître xx) :

Nemo nascitur dives ; quisquis exit in lucem jussus est lacte et panno esse contentus : ab his initiis nos regna non capiunt.

[Nul n’est riche à sa naissance ; quiconque vient au monde est contraint de se satisfaire de lait et de langes. Partant de là, on finit par ne pas savoir se contenter d’un empire].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Une thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643). Note 54

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(Consulté le 25.10.2020)

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