À André Falconet, le 19 avril 1661, note 6.
Note [6]

Quatre ouvrages aiguisaient la curiosité de Guy Patin :

  • Histoire du maréchal de Matignon, {a} gouverneur et lieutenant général pour le roi en Guyenne. Avec tout ce qui s’est passé de plus mémorable depuis la mort du roi François ier jusques à la fin des guerres civiles. Par Monsieur de Caillière, maréchal de bataille des armées du roi, commandant pour son service dans les ville et château de Cherbourg ; {b}

  • Histoire généalogique de la Maison royale de Courtenay. {c} Justifiée par plusieurs chartes de diverses églises, arrêts du Parlement, titres du Trésor du roi et de la Chambre des comptes, histoires imprimées et manuscrites, et autres preuves dignes de foi. Par Monsieur Du Bouchet, chevalier de l’Ordre du roi, son conseiller et maître d’Hôtel ordinaire ; {d}

  • Histoire des troubles de la Grande-Bretagne, contenant ce qui s’est passé depuis l’année 1633, jusques à l’année 1646, par Messire Robert Mentet de Salmonet ; {e}

  • Le Ministre d’État, avec le véritable usage de la politique moderne. Par le Sieur de Silhon. {f} Dernière édition. {g}


    1. Jacques Goyon de Matignon (1525-1598), homme politique et chef militaire catholique, nommé maréchal en 1579, fut fidèle à la Couronne de France durant les guerres de Religion.

    2. Paris, Augustin Courbé, 1661, in‑4o (et non in‑fo) de 463 pages, couvrant les années 1522 à 1558 ; je n’ai pas trouvé de suite imprimée.

    3. V. note [1], lettre 728.

    4. Ibid. Jean Du Puis, 1661, in‑4o en deux parties de 400 et 162 pages.

    5. Ibid. Augustin Courbé, 1661, in‑4o (et non in‑fo) en deux parties de 348 et 370 pages ; première édition ibid. 1649.

      Celle-ci est ornée du portrait de l’auteur (peint en 1656 et gravé en 1661) : Robert Mentet (Monteith) de Salmonet (Robertus Montetius a Salmoneto, né à Édimbourg en 1603, mort en France vers 1660), historien catholique écossais, a été chanoine à Paris et secrétaire de Jean-François-Paul de Gondi (v. note [18], lettre 186), et ami de Michel de Marolles (v. note [72], lettre 183). Montet avait accompagné le cardinal de Retz lors de son évasion du château de Nantes (1654). Dans la très élogieuse dédicace (non datée) qu’il lui a adressée, il dit avoir composé son Histoire sous ses auspices. Il expose ainsi son dessein dans l’Avant-propos :

      « Mais entre toutes les révolutions qui sont arrivées en ce siècle, celle de la Grande-Bretagne est la plus considérable, la plus étrange et la plus funeste dans toutes ses circonstances. Cette île, qui pendant un long espace de temps voyait à couvert passer l’orage sur tout le reste du monde, se trouve maintenant plongée dans le sang et dans la confusion. J’ai entrepris d’écrire l’histoire des troubles qui l’ont agitée, et l’ai composée sur des mémoires les plus exacts et les plus fidèles que j’ai pu trouver. Je l’ai écrite sans passion et sans partialité, car quoique je prenne dans ces affaires la part que ma religion, mon honneur et ma naissance m’obligent d’y prendre, j’y garde néanmoins exactement la neutralité. Je n’y ai eu aucun dessein de plaire ni de déplaire à personne, et je suis si loin d’être ministre des passions d’autrui que, quand j’en aurais en mon particulier, j’estimerais que ce serait une lâcheté d’en faire paraître la moindre chose dans cette Histoire. »

      Les pièces liminaires contiennent deux médiocres épigrammes de Gilles Ménage.

      • La première accompagne le portrait :

      • Hic est, quem legis, et stupes legendo
        Toto nobilis orbe Salmonetus.
        Illum inter scopulos et iliceta
        Sub cœli genuit rigentis axe
        Horrens Scotia tristibus pruinis :
        Ne tu forte putes fuisse Gallum,
        Facundos, lepidos et elegantes
        Toto nobilis orbe Salmoneti,
        Qui Gallos legis et stupes libellos
        .

        [Voici le noble Salmonet, que tu lis et dont tu t’étonnes que la Terre entière le lise. Parmi ses rochers et ses chênes verts, l’Écosse frissonnante de ses tristes frimas l’a engendré sous la vôute d’un ciel glaçant : ne vas pas penser qu’il a été français, mais lis avec étonnement les éloquents, charmants et élégants petits livres français de Salmonet qu’admire la terre entière].

      • La seconde suit l’Avant-propos, intitulé In libros historiarum Roberti Montetii Salmoneti [Sur les livres des histoires de Robert Montet de Salmonet] :

        Aspera dumosis genuit quem Scotia sylvis ;
        Quem blando excepit Gallia culta sinu ;
        Et voluit grates devinctus utrique
        Et potuit dignas pendere Montetius
        Gallorum lingua, sæclis memoranda futuris,
        Scotorum scripsit fortia facta Ducum
        .

        [La rugueuse Écosse l’a engendré en ses forêts broussailleuses ; la féconde France l’a accueilli en son doux sein : Montet a voulu remercier les deux nations auxquelles il s’est attaché et a pu dignement payer son dû à la langue des Français, en écrivant les actes courageux des chefs écossais, dont les siècles futurs doivent garder la mémoire].

      Salmonet est aussi auteur d’une Remontrance très humble au sérénisssime prince Charles ii, roi de Grande Bretagne, sur la conjoncture présente des affaires de Sa Majesté (Patis, Vitré, 1652, in‑fo de 72 pages) ; elle figure, avec un commentaire peu éclairant, dans le tome troisième (page 102) de la Bibliographie des mazarinades (C. Moreau, 1851).

      Marc-André Béra lui a consacré un article intiulé Montet de Salmonet, historien des Troubles et écrivain inconnu (Annales. Économie, Socétés, Civilisations, 1953, no 2, pages 184‑191). Les biographies anglaises que j’ai consultées confirment tous ces points.

    6. Ce livre a fait la réputation du littérateur et philosophe Jean de Silhon (Sos près de Nérac, vers 1596-Paris 1667). Il était entré au service de Richelieu qui l’avait nommé conseiller d’État. Pendant la Fronde, il avait vu sa maison mise au pillage et devait, pour vivre, se contenter d’une maigre pension fort mal payée. Silhon fut un des premiers membres de l’Académie française (G.D.U. xixe s.). V. note [46] du Patiniana I‑2, pour son traité De l’Immortalité de l’âme (Paris, 1634).

    7. Amsterdam, Antoine Michiels, 1661 in‑12 de 384 pages, divisé en trois livres ; première édition à Paris, 1631, petit in‑4o de 505 pages.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 19 avril 1661, note 6.

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(Consulté le 26/02/2024)

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