Autres écrits : Une thèse cardinale de Guy Patin :
« La Sobriété » (1647), note 61.
Note [61]

Sermon xx, de Dominica Quinquagesimæ [sur le dimanche de Quinquagésime (précédant le premier dimanche du carême)], Contra Bacchanalia [Contre le Mardi gras], Descriptio Bacchi [Description de Bacchus], pages 189‑190 des :

Roberti Bellarmini ex Societate Iesu S.R.E. Tit. S. Mariæ in Via, Presbyteri cardinalis Conciones…

[Sermons de Roberto Bellarmino, {a} prêtre de la Compagnie de Jésus, cardinal de la sainte Église romaine, au titre de Santa Maria in Via…]. {b}

Piscis quidam reperitur, quem Aristoteles tradit, cor in ventre reconditum, atque inclusum habere : quo circa Epicharmus comicus eleganter unico verbo eum εκτραπελογαστρον appellavit, hoc est, a communi ventris ratione descendentem, Græci communi vocabulo ονον, nos asinum marinum nominamus. Huius igitur monstri Clemens Alexandrinus simillimos dicit esse Bacchi sectatores. Si vero tales sunt ii, qui aliquam Bacchi similitudinem in seipsis exprimere conantur : certe licebit nobis Bacchum definire, Principem illorum asinorum, qui cor in ventre reconditum habent. Bacchus igitur, et eius sectatores, quod pace ipsorum dicam, primum asinorum similes sunt tardi, pigri, torpentes, desidiosi, stupidi ; denique fustibus, et verberibus melius, quam verbis erudiuntur. Hæc enim omnia ex eo nascuntur, quod cor habeant in ventre.

[On trouve un poisson qu’Aristote dit avoir le cœur tapi dans le ventre, et y être enfermé. Le poète comique Épicharme l’a élégamment baptisé du nom soudé d’ektrapélogastron. {c} À l’instar des Grecs, qui l’appellent onon, parce que son ventre ressemble à celui d’un âne, nous le nommons « âne marin ». {d} Clément d’Alexandrie {e} a donc dit que les adeptes de Bacchus sont parfaitement semblables à ce monstre. S’il est vrai que, par leur aspect, ils tâchent de ressembler tant soit peu à leur maître, il nous sera certainement permis de définir Bacchus comme étant le prince de ces ânes, qui ont le cœur dans le ventre. Étant semblables à des ânes, Bacchus et ses disciples, soit dit sans vouloir les offenser, sont d’abord lents, paresseux, fainéants, oisifs, stupides ; ensuite, on les éduque mieux avec des coups de bâton et de fouet qu’avec des mots ; et tout cela tient au fait qu’ils ont le cœur dans le ventre].


  1. V. note [16], lettre 195.

  2. Venise, Ambrosius Deus, 1617, in‑fo de 969 pages.

  3. Le sens de ce nom vient des deux mots grecs qu’il soude : ektrapélos, « énorme », et gastron, « ventre ».

    V. note [4], lettre 324, pour Épicharme, et notule {b} infra pour sa citation exacte.

  4. En grec onos est l’âne. V. notule {b}, note [27] du Grotiana 2 pour la morue, surnommée âne marin, asellus en latin et onos en grec, dans l’Histoire des animaux d’Aristote.

    Athénée de Naucratis, Dépinosophistes (livre vii, chapitre xviii, § 99), sur onos [âne] et oniskos [ânon] :

    « L’âne de mer, dit Aristote, dans son Traité des Animaux, a la bouche très fendue, comme les mustelles, {i} et il n’est pas grégaire. C’est le seul poisson qui ait le cœur dans le bas-ventre, {ii} et, dans la cervelle, des pierres semblables, pour la forme, à des meules. C’est aussi le seul qui se cache dans des trous, pendant les jours caniculaires ; car les autres poissons ne se cachent que dans le fort de l’hiver. Épicharme en fait mention dans ses Noces d’Hébé : “ Des serrans à bouche très béante, des ânes de mer à ventre très proéminent. ” {iii} L’onos est un poisson différent de l’oniskos, selon ce qu’écrit Dorion, dans son Traité des Poissons. » {iv}

    1. Ou mostelles : γαλεοις, datif pluriel de galeos, belette (mustela en latin).

    2. Athénée n’attribue pas ce propos à Aristote, où je ne l’ai d’ailleurs pas trouvé.

    3. Μεγαλοχασμονας τε χαννας και εκτραπελογαστορας ονους (Mégalochasmonas te channas kai ektrapélogastoras onous).

      Le serran (channa en grec) est un poisson de mer vorace, proche du mérou.

    4. Ouvrage et auteur que je n’ai pas identifiés.
  5. V. note [34], triade 63, du Borboniana 11 manuscrit.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Une thèse cardinale de Guy Patin :
« La Sobriété » (1647), note 61.

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(Consulté le 26/02/2024)

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