À Hugues de Salins, le 18 février 1658
Note [9]

« Les bonnes dispositions des malades ne résolvent pas aisément, autant dire jamais, les tophus de la podagre [goutte du pied]. Les marcs de raisin peuvent convenir dans la podagre en libérant l’humeur refoulée et en procurant de la vigueur aux pieds, et les étrangers en usent avec grand succès. Dans les diarrhées des femmes enceintes, il faut saigner à plusieurs reprises et ensuite, il faut purger doucement avec le catholicon ; mais surtout, qu’elles vivent frugalement. Dans la suppression d’urine, il ne faut jamais employer les cantharides, elles sont plus dangereuses que la maladie elle-même ; mais il convient d’introduire une sonde dans la vessie pour drainer le liquide (v. note [10], lettre 209) et pour qu’aucune inflammation ne siège autour de la vessie. Portez-vous bien et aimez-moi. »

Tophus : « mot latin qui signifie tuf, et qu’on a conservé en français pour désigner une espèce de tumeur qui se forme indifféremment dans toutes les parties du corps, laquelle contient une substance qui tient de la nature de la craie ou de la chaux ; tumeur assez ordinaire aux vieux goutteux » (Lavoisien, Dictionnaire portatif de médecine…, 1793). La localisation la plus fréquente des tophus est le pourtour des articulations des doigts et des orteils. Leur contenu crayeux est un précipité d’urate de sodium, traduisant l’accumulation d’acide urique dans l’organisme.

Cantharide : « mouche venimeuse, ou escarbot [scarabée] qui s’engendre sur les frênes, qui est verte et luisante, qui est fort belle à voir à cause de sa couleur azurée parmi un jaune doré ; mais elle est de très mauvaise odeur. Elle est chaude et sèche jusqu’au quatrième degré et elle a une particulière antipathie contre les parties dédiées à l’urine, auxquelles elle est extrêmement nuisible. Les cantharides ont pris leur nom de cantharus qui signifie cet animal qu’on appelle en français fouille-merde, ou scarabeus venenosus (Matthiole). On applique des cantharides à la tempe de ceux qui ont mal aux dents » (Furetière).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Hugues de Salins, le 18 février 1658. Note 9

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(Consulté le 27.02.2020)

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