À Charles Spon, le 3 décembre 1649
Note [10]

Charles de Schomberg (ou Schonberg), duc d’Halluin, comte de Nanteuil-le-Haudouin (Oise) et de Duretal, marquis d’Épinay, pair de France (1600-Paris 6 juin 1656), était fils d’Henri de Schomberg, maréchal de France en 1625. Charles avait été élevé comme enfant d’honneur auprès de Louis xiii. Il avait épousé en 1620 Anne de Meignelais, devenant le cousin par alliance du coadjuteur, Gondi. En récompense de ses valeurs guerrières au service de la Couronne, il avait été fait chevalier de l’ordre du Saint-Esprit (1633), et reçu le gouvernement du Languedoc et de la citadelle de Montpellier. Sa victoire sur les Espagnols près de Leucate, le 28 septembre 1636, lui avait valu d’être promu maréchal de France (26 octobre 1637). Pour le dédommager de la perte du gouvernement de Languedoc en 1644, transféré à Gaston d’Orléans, la reine lui avait remis la lieutenance générale de la province et le gouvernement de Metz, du Messin et du Verdunois. Ayant pris en 1646 pour seconde épouse Marie de Hautefort (v. note [8], lettre 84), le maréchal avait été nommé vice-roi de Catalogne et pris Tortose d’assaut en 1648. Les troubles de la Fronde l’avaient fait revenir en France où il demeura indéfectiblement fidèle au roi (G.D.U. xixe s.).

La rétention d’urine est l’impossibilité d’évacuer le contenu de la vessie. Elle est habituellement liée à une obstruction de l’urètre ou à une paralysie du sphincter de la vessie. Du temps de Guy Patin, la pierre vésicale était la cause principale de ces rétentions aiguës d’urine ; aujourd’hui, c’est l’hypertrophie (adénome) de la prostate.

La suppression d’urine (v. note [26], lettre 498) est la suspension de la production d’urine par les reins, qu’on appelle à présent anurie (ou oligurie, quand elle est incomplète) : c’est la manifestation d’une insuffisance rénale très avancée, qu’elle soit organique (destruction des reins par une maladie) ou fonctionnelle (arrêt de la fonction sécrétrice par défaut de perfusion des reins).

Au xviie s., on ne faisait pas toujours la distinction exacte entre les deux entités, suppression et rétention d’urine (qu’on réunissait sous le nom d’ischurie, v. note [9], lettre 782). La manière certaine de distinguer l’une de l’autre était (et reste) d’introduire une sonde (v. note [10], lettre 464) ou une bougie (v. note [6], lettre 527) dans la vessie pour savoir si elle était pleine (rétention) ou vide (suppression) ; v. note [17], lettre 13, pour le sondage vésical qui soulagea Richelieu à Bordeaux en novembre 1632.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 3 décembre 1649. Note 10

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(Consulté le 15.09.2019)

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