À Sebastian Scheffer, le 6 mars 1665

Note [2]

Composés des deux livres « des Médicaments officinaux », du traité « de la Chaleur innée et des Esprits » et du traité « des Parties similaires », les Opuscula medica de Caspar Hofmann (Franfort, 1667, v. supra note [1]) ne furent pas ornés d’un frontispice et de dédicaces bien remarquables, et durent décevoir les espérances de Guy Patin.

Chacune des trois parties s’y ouvre sur une page de titre ornée du même médaillon, que Thomas Matthias Götze, libraire de Francfort, avait choisi pour emblème : Fortune (v. note [9], lettre 138) nue ouvre les bras pour retenir derrière elle sa tunique gonflée par la brise ; debout sur un petit globe ailé, elle surmonte une mer calme et semée de quelques voiles ; un petit Mercure se tient à sa droite, brandissant son caducée (v. note [7], lettre latine 255) ; la gravure, de facture assez grossière, est encerclée par une couronne de palmes tressées où s’enlace cette devise de la déesse, Fortassis tentare licebit [Peut-être sera-t-il permis d’essayer].

Les dédicaces (déjà en partie commentées dans la note [14] de la lettre 150) sont :

  1. pour les « Médicaments officinaux », celle qu’Hofmann avait écrite d’Altdorf pour Guy Patin en mars 1646 (v. note [7], lettre 134), précédée par ces mots de Götze, Viro perillustri et excellentissimo Domino Guidoni Patino, Bellovaco, Doctori Medico Parisiensi et Professori Regio philologo et polyhistori celeberrimo hoc Opus ab Auctore antehac consecratum denuo editum [L’auteur a précédemment dédié cet ouvrage, aujourd’hui réédité, au très illustre et excellent M. Guy Patin, natif de Beauvaisis, docteur en médecine de Paris et professeur royal, très célèbre philologue et érudit] ;

  2. pour la « Chaleur innée… », ces mots de Sebastian Scheffer, Viro nobilissimo atque excellentissimo Domini Carolo Patino, Doctori Medico Parisiensi et Professori Regio Guidonis Patris candorem ac integritatem imitanti adæquantique [Au très noble et excellent M. Charles Patin, docteur en médecine de Paris et professeur royal <sic>, qui imite et égale la candeur et l’intégrité de son père Guy] ;

  3. pour les « Parties similaires », l’épître qu’Hofmann avait écrite d’Altdorf, le 31 décembre 1634, à Johann Heinrich Colhans et David Gödelman, juristes de Gotha en Thuringe, ville natale d’Hofmann.

En regard de la dédicace des « Médicaments officinaux », le plus bel hommage rendu à Guy Patin est son portrait, surmonté de sa devise, Felix qui potuit [Heureux qui a pu] (Virgile, v. note [6], lettre 438), avec cette légende :

Guido Patin Bellovacus Doctor Med: et Prof: Reg: Paris:

Immortale decus peperit nomenq. perenne
Æmula Galeni mens Tua, Magne Patin:
Nec modo Te Magnum Gallus miratur et Anglus,
Sed quo Germanus Te quoq. laudet, habet.

Sebastian Schefferus scr.
J. Phil. Thelott sculpsit
.

[Guy Patin, natif de Beauvaisis, docteur en médecine de Paris et professeur royal.

Ô grand Patin, ton esprit, qui cherche à égaler Galien, t’a procuré une gloire immortelle et un renom durable. C’est pourquoi, non seulement le Français et l’Anglais t’admirent, mais l’Allemand te tient aussi pour grand et chante ta louange.

Sebastian Scheffer l’a écrit.
J. Phil. Thelott l’a gravé]. {a}


  1. Johann Philipp Thelott (Thelot ou Delot), graveur de Francfort, est mort en 1671. Il a dessiné le profil de Patin à partir de celui qui figure sur son jeton décanal (v. note [42], lettre 288).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Sebastian Scheffer, le 6 mars 1665, note 2.
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(Consulté le 13.05.2021)

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