L. 784.  >
À André Falconet,
le 6 juin 1664

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Monsieur, [a][1]

Le fils de M. Merlat [2] se porte mieux, il parle de s’en retourner bientôt à Lyon. Vous pouvez le dire avec vérité à M. Merlat et lui faire mes recommandations. On dit que le cardinal de Retz [3] y doit arriver bientôt, et Mademoiselle [4] d’Orléans, j’entends l’aînée qui est si riche. [1] M. de Guise [5] est ici mort ex urinæ suppressione cum doloribus et ulceribus ad vesicam[2][6] et trois verres de vin émétique [7][8] que les médecins courtisans lui ont donnés avec promesse de guérison ; sic itur ad astra[3][9] Notre M. Rainssant [10] a la pierre, [11] il est après à se faire tailler et s’y prépare. [4] On dit que M. le prince de Conti [12] a aussi la pierre : il a été sondé, [13] on ne l’a point encore trouvée, mais on croit qu’elle y est. [5][14]

On parle de la suppression que le roi [15] veut faire de huit millions de rentes [16] sur les tailles constituées depuis l’an 1656 ; [6][17] plusieurs particuliers y sont fortement engagés. Cela fera bien crier des gens si on ne les rembourse argent comptant et comme dit Plaute, [18] auro præsentario[7] On ne parle guère que de cela, et presque plus du légat[19] Je suis ravi que mademoiselle votre femme [20] se porte mieux. Puisque la casse [21] ne lui fait rien, je voudrais qu’elle prît son infusion de séné, [22] tout au moins de deux drachmes, de quatre en quatre jours de grand matin, une heure et demie avant son lait, [23] ou bien trois grandes heures après son lait, se rendormant par-dessus, si elle peut, car alors le bouillon n’est pas pressé ; ou bien après le lait quatre grandes heures, elle prendrait un bouillon au veau, laxatif par deux ou trois gros de séné. Syrupo violarum facile carebit, quoniam hic opus est adstrictione, quam ille non habet, propter nimiam humiditatem[8][24] Je ne sais encore rien de l’Hippocrate de feu M. Vander Linden ; [25][26] j’en écrirai à son fils, duquel on ne dira jamais Tydides melior patre[9][27][28][29] Une Mme Le Fèvre [30] de la rue au Fer, qui faisait passer les lis d’or [31] qui n’étaient point de poids pour 15 sols de gain, [10] a eu le fouet [32] au cul d’une charrette et la fleur de lis [33] sur l’épaule, de la main du bourreau ; voilà la seconde fois qu’elle a été reprise de justice. Le procureur du roi du Châtelet fait une nouvelle opposition contre Salar [34] et il a été remis dans le cachot. [11] Le roi supprime toutes les Rentes de l’Hôtel de Ville, taux d’intérêt [35] avec promesse de remboursement, Dieu le veuille ! Je vous baise les mains et suis de tout mon cœur votre, etc.

De Paris, ce 6e de juin 1664.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 6 juin 1664

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(Consulté le 22.10.2019)