L. 1023.  >
À Johann Caspar I Bauhin,
le 5 mars 1634

Codes couleur
Citer cette lettre
Imprimer cette lettre
Imprimer cette lettre avec ses notes

 

Monsieur, [a][1]

Tandis que j’attendais de vos nouvelles, une occasion s’étant présentée, j’ai pris la hardiesse de vous écrire derechef ce petit mot : c’est que M. le Président Vialart [2] s’en allant à Soleure [3] y être ambassadeur pour le roi, et ayant pris pour un de ses domestiques, en qualité de sommelier, celui qui avait été déjà en même charge chez M. le Président Miron, par ci-devant ambassadeur en Suisse, [1][4] j’ai traité avec lui et m’a promis d’avoir du soin de toutes les affaires qui lui seront recommandées de ma part. Si vous prenez la peine de m’acheter quelques livres à Bâle, selon le catalogue que je vous ai par ci-devant envoyé et duquel, de peur qu’il ne soit perdu, je vous envoie une nouvelle copie, [2] vous n’avez qu’à les envoyer à Soleure pour être délivrés à M. Machet, concierge de l’hôtel de Messieurs les ambassadeurs ; [5] ou plutôt à ce sommelier nommé le sieur Claude Deschelete, [6] qui rendra l’argent qu’aurez avancé pour l’achat desdits livres et qui paiera le port depuis Bâle jusqu’à Soleure. Si prenez la peine de m’en envoyer quelque paquet, vous n’avez qu’à donner charge au messager de recevoir dudit sommelier telle somme que voudrez ; il m’a promis et lui ai donné charge de rendre telle somme que demanderez. Quand les livres seront en sa charge, il me les enverra selon les commodités qui se présenteront, et rendrai ici à sa femme l’argent qu’il aura de delà déboursé pour moi. Je vous prie de me faire cette faveur et m’excuser de tant d’importunité que je vous donne. J’espère que prendrez encore de bon cœur cette peine pour moi. Je voudrais surtout avoir un livre imprimé à Bâle, intitulé Disputationum Medicarum selectarum, etc. decas 1, 2, 3, 4, 5, 6, etc. Basileæ, sumptibus Io. Iac. Genathi, in‑4o[3][7][8] J’ai appris qu’il y en a huit ou neuf décades : tout ce qu’il y en aura, je désirerais fort de les avoir et vous en prie singulièrement ; en blanc s’il y a moyen. Je voudrais pareillement bien recouvrer ceux desquels suivent les noms : Grevinus de venenis in‑4o ; [4][9] Iulii Alexandrini Salubria, Antargenterica etc. quæcumque de eo reperiuntur ; [5][10][11] Francisci Vallesii comm. in aphorismos Hipp. et lib. de ratione victus in acutis ; [6][12][13] Calvini epistolæ en petit volume ; [7][14] Bruno Seidelius de morbis incurabilibus, in‑4o ; [15] Aloj. Mundellæ dialogi medicinales, in‑4o ; [16] Tidicæus de Theriaca ; [8][17][18] Stupani Physiologia et Pathologia ; [9][19] Cardanus de utilitate ex adversis capienda, in‑8o ; [20] Simonis Simonii quidquid reperitur de Medicina ; [10][21] Horstii quæstiones et exercitationes pharmaceuticæ, in‑8o ; [22] Erastus adversus Astrologos ; [23][24] Alexand. Massariæ de abusu vesicantium et theriacæ in febribus pestilentibus, in‑4o ; [25][26] Hippolyti Guarinonii quidquid prostat ; [11][27] Th. Erastus de strigibus et lamiis, in‑4o ; [12] Meurerus de meteoris ; [28] Lud. Gravii theses de peste ; [13][29] Io. Schroteri quidquid reperitus medicum ; [14][30] Tabernæmontani quidquid latine scriptum ; [15][31] Wierus de ira morbo ; [32] Cornarius de peste ; [33] Septalius de peste ; [16][34] Fortunati Fidelis, Dominici Terilli quidquid prostat ; [17][35][36] Thomæ Moresini Scoti liber de metallorum transmutatione ; [18][37][38] Th. Erasti examen simpl. Theriacæ Andromachi ; [39] Hier. Gemusæi quidquid reperitur ; [19][40] Melch. Adami vitæ philosophorum et professorum Germanorum, in‑8o ; [41] Tandleri decas διασκεψεων χειρουργικων ; [42] Arch. Mercenarii Elucidationes in Aristotelem, cum 4 tractatibus de putredine ejusdem et Erasti, in‑4o ; [20][43] Physica Neandri, Freigii, Sagittarii, toutes trois in‑8o ; [21][44][45][46] Pasquillorum quidquid reperitur, sunt 2 vel 3 tomi ; [22][47] Rhetorica Chytræi ; [48] Schollii exercit. Rhetor. ; [49] Siberi Instit. Rhetor. ; [50] Carolus magnus redividus, auct. Io. Gul. Stuchio, Tigurino ; [51] Horstius de scorbuto ; [52] Orationes qua futuro Medico necessaria explicantur, Argentorati apud Schererum in‑16o ; [23][53][54] Fienus de viribus imaginationis, in‑8o ; [24][55] Middendorpius de Academiis ; [25][56] Laurembergii Opus Anatomicum novum ; [26][57] Matthias Flacius de vita et morte ; [27][58] Nebelius de peste ; [28] Olhafii prælectiones Anatomicæ ; [29][59] Baccius de thermis, idem de vino ; [30][60] Onuphrius de vitis Roman. Pontificum[31][61]

Voilà, Monsieur, ce que je voudrais bien pouvoir obtenir de vous pour l’heure présente, si votre commodité vous le permet ; ou au moins, ce qui se pourra en recouvrer dans Bâle à votre loisir. Je vous prie de présenter mes très humbles mains à M. Platerus. [62] On ne dit ici rien de nouveau ; sinon qu’on parle du cardinal-duc de Lorraine [63] qui, ayant renvoyé son chapeau rouge à Rome, a épousé la sœur de l’ancienne duchesse, [64][65] à cause de quoi le roi [66] l’a fait arrêter prisonnier dedans Metz. [32][67] Si je vous puis servir en ce pays, je vous prie de m’employer comme un homme qui est tout à vous, en récompense de tant de peine que je vous donne ; à cause de quoi je serai toute ma vie, Monsieur, votre très humble et affectionné serviteur,

Patin.

De Paris, ce 5 mars 1634.


Écrire à l'éditeur
Licence Creative Commons "Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron" est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.
Une réalisation
de la BIU Santé
×
     [1] [2]   Appel de note
    [a] [b]   Sources de la lettre
    [1] [2]   Entrée d'index
    Gouverneur   Entrée de glossaire

× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johann Caspar I Bauhin, le 5 mars 1634

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1023

(Consulté le 14.10.2019)