L. latine 355.  >
À Sebastian Scheffer,
le 4 juin 1665

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[Ms BIU Santé 2007, fo 191 ro | LAT | IMG]

Au même. [a][1]

Votre lettre m’est parvenue de Genève, mais j’attends encore de jour à autre le fasciculus Meibomianus et Beyeranus[1][2][3] Je n’ai pas vu M. Kornmann, mais il m’a laissé votre lettre en mon absence ; [2][4] si je lui mets la main dessus, je le tiendrai pour très recommandé de votre part. J’ignore entièrement qui est ce secrétaire du roi qui est venu vous voir de ma part et de celle de mes fils, [5][6] et vous a offert une histoire de la vie de Jean Verjus. [3][7] Je vous prie de ne pas vous laisser duper par quiconque en notre nom ; les fraudes règnent partout, tout comme les imposteurs qui les forgent ; je voudrais que vous ne fassiez confiance à personne que je ne vous aie recommandé par un écrit de ma propre main. Nous n’avons rien de nouveau sur les préparatifs de guerre entre les Anglais et les Hollandais ; on en attend la paix ou le combat avant la fin du mois. [4][8] Nous n’avons rien de nouveau en librairie. Durant les trois premiers mois de cette année, janvier, février et mars, on a imprimé et vendu ici un périodique, sous le nom de Journal des Sçavans[9] dirigé par un conseiller du Parlement qui se nomme M. de Sallo ; [10] mais après trois mois, notre roi lui a imposé le silence, a révoqué son privilège et interdit que nul autre pareil ouvrage n’en prenne la suite ; ce qui fut dit fut fait et on a obtempéré à l’édit souverain. [5][11] Cette décision a déplu à beaucoup de gens, on l’a imputée au pape, [12] au nonce apostolique[13] aux jésuites et autres moines, [14][15] bien qu’on en ignore la véritable raison. Beaucoup espèrent ici qu’on en relancera la publication, et ce avec due permission du roi. [16]

[Ms BIU Santé 2007, fo 191 vo | LAT | IMG]

Si cette entreprise reprend et recommence comme elle avait commencé, je vous en aviserai sans tarder, de son auteur, etc. Il semble que quantité de gens qui ont de la curiosité et du zèle pour les lettres le souhaitent fort, et donc l’espèrent. Dieu fasse qu’il en soit ainsi ! J’ai ici à votre intention ce Dion Chrysostome[17] grec et latin, in‑fo, que vous recherchez, bien relié, avec les notes de Frédéric Morel, Casaubon, etc. [18][19] Je vous le ferai parvenir par Sebastian Switzer, [20] dont j’ai entendu dire qu’il viendra bientôt ici. Dites-moi ce que vous désirez que je fasse de votre argent que j’ai en mains, savoir 14 thalers, etc. : [21] si vous voulez bien, je le remettrai au jeune Horst, [22] et son père vous le rendra à votre guise. [6][23] J’ai enfin retrouvé l’Index erratorum Casp. Hofmanni, de Medicamentis officinalibus, écrit de sa propre main, et je vous le joins. La semaine prochaine vous recevrez une lettre à ce même propos, qui vous aidera sur le même sujet. [7][24] Portez-vous bien, très distingué Monsieur, et aimez-moi. Je salue votre épouse, [25] et votre petit garçon.

De Paris, le 4e de juin 1665.

Vôtre de tout cœur, Guy Patin.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Sebastian Scheffer, le 4 juin 1665

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(Consulté le 17.10.2019)