De Julien Bineteau, le 1er octobre 1651
Note [10]

On a longtemps distingué deux sortes de pharmacie selon les préceptes qui régissaient la composition (mélange) des médicaments (Renauldin in Panckoucke) :

« La pharmacie galénique consiste dans la préparation mécanique des médicaments, dans le simple mélange de leur substance, sans avoir égard aux principes dont elle est composée. C’est ce qui la différencie d’avec la pharmacie chimique, dont toutes les opérations ont pour but de rechercher les divers éléments qui entrent dans la composition des corps médicamenteux et d’observer l’action réciproque qui résulte de leur mélange. Du temps de Galien, la chimie n’existait pas, {a} et elle restera dans le néant bien des siècles après ce grand homme. Aussi la distinction entre l’une et l’autre pharmacie n’a été faite que lorsqu’il y a eu des médecins chimistes pour établir la différence de ceux qui restaient attachés à la doctrine de Galien d’avec ceux qui formaient la secte chimique. » {b}


  1. Point de vue simplificateur et contestable : v. note [3] de l’observation x.

  2. La pharmacie chimique, dont l’initiateur, au xvie s., a été Paracelse (v. note [7], lettre 7), s’est depuis longtemps acquis tous les suffrages, hormis dans l’esprit et la pratique arriérés des herboristes.

La médecine et la pharmacie galéno-chimique cherchaient alors à réconcilier et combiner les deux dogmes. Les ouvrages de Daniel Sennert (v. note [8], lettre 13), de Pierre Le Paulmier (v. note [18], lettre 79) ou de Johann Daniel Horst (v. note [37], lettre 469) ont œuvré dans ce sens, pour échafauder un clairvoyant compromis que Guy Patin tenait pour une effroyable hérésie.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Julien Bineteau, le 1er octobre 1651. Note 10

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=9089&cln=10

(Consulté le 18.11.2019)

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