À Claude II Belin, le 27 octobre 1634
Note [13]

Bernard de Nogaret (Saintes 1592-Paris 25 juillet 1661), futur duc d’Épernon (janvier 1642), était duc de La Valette depuis mars 1622. Il était le fils aîné de Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d’Épernon (v. note [12], lettre 76) et de Marguerite de Foix. Il avait été nommé à 18 ans, sur la démission de son père, colonel général de l’infanterie, l’une des charges les plus lucratives du royaume (1610). Il s’était distingué aux sièges de Saint-Jean-d’Angély et de Royan (1621), et au Pas de Suze (1629), et allait combattre en Picardie et en Guyenne contre les Espagnols (1636). Nommé gouverneur de Metz et du Messin en 1612, il s’était démis de cette charge en faveur de son frère, le cardinal de La Valette. En 1622, le duc avait épousé Gabrielle-Angélique, légitimée de France, fille d’Henri iv et de la marquise de Verneuil. Elle était morte en couches le 24 avril 1627 et on avait soupçonné Épernon de l’avoir empoisonnée. Il se remariait alors avec une nièce de Richelieu, Marie Du Cambout, fille aînée du baron de Pont-Château (v. note [5], lettre 17), qu’il allait rendre très malheureuse. Richelieu, qui l’avait pris en grippe, le rendit responsable d’un échec français devant Fontarabie et le fit traduire devant un conseil de guerre présidé par le roi lui-même (1639). S’étant enfui en Angleterre, Épernon fut condamné à mort par contumace.

Rentré en France en 1643 après la mort de Louis xiii et devenu, par celle de son père (en janvier 1642), duc d’Épernon, il fit annuler par le Parlement de Paris le jugement injuste dont il avait été frappé et obtint le gouvernement de Bourgogne, puis celui de Guyenne. Il s’y montra cupide et surtout maladroit. Sa maîtresse, Ninon de Lartigue, bourgeoise d’Agen, contribua à son impopularité. De son premier mariage, il avait eu un fils, Louis-Charles Gaston, marquis de La Valette, duc de Candale (mort en 1658, v. note [40], lettre 229) et une fille, Anne-Louise-Christine, Mlle d’Épernon, qui devint carmélite contre le gré de son père. Le duché d’Épernon s’éteignit donc en 1661 avec la mort de Bernard de Nogaret parce que son frère, Louis, était entré dans les ordres pour devenir cardinal de La Valette (v. note [12], lettre 23) (G.D.U. xixe s.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 27 octobre 1634. Note 13

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(Consulté le 14.10.2019)

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