À Charles Spon, le 6 décembre 1644
Note [2]

« C’était un ermite augustinien, originaire de Vérone, Joseph Scaliger l’appelait le père de l’histoire et le plaçait devant tous les écrivains de ce genre. » Onofrio Panvinio (Vérone 1529-Palerme [Panhormum en latin, ce qui explique le Panorme de Guy Patin] 1568) était entré à l’âge de onze ans chez les ermites augustiniens. Docteur en théologie en 1557, il refusa de devenir évêque pour s’attacher à la Bibliothèque vaticane. Il y entreprit de débrouiller le chaos des antiquités ecclésiastiques et appuya ses récits historiques sur les médailles, les monuments et les inscriptions dont il apprécia le premier l’importance pour éclairer la chronologie. Il fut un des premiers à introduire la critique dans l’histoire. Panvinio trouva des protecteurs dans les papes Pie iv et Marcel ii, et dans le cardinal Farnèse qui le logea dans son palais et qu’il accompagna dans son voyage en Sicile (G.D.U. xixe s.). Les ermites augustiniens, ou simplement augustins, étaient un ordre monastique fondé au xiiie s. qui suivait la règle de saint Augustin.

Sans l’appeler pater historiæ, Joseph Scaliger parle de Panvinio dans sa longue lettre i (Ép. lat., livre i, pages 1‑58, adressée à Janus Douza [v. note [13], lettre 970], seigneur de Nordwijk, et datée de Leyde, le 18 juin 1594) contenant son autobiographie (De Vetustate gentis Scaligeræ, in qua et de Vita utriusque Scaligeri [L’Ancienneté de la famille Scaliger, où on trouve aussi la Vie des deux Scaliger]) :

Sed Onufrius Panuinius Veronensis Eremita Augustinianus, ut ipsemet olim mihi Romæ coram Mureto in Palatio montis Iordani testatus est, libros decem Annalium Veronensium conscripsit, quorum duo postremi Scaligerorum Principum actis dicati erant ; et multa a Torellio ignorata sese tanquam fugitiva retraxisse, multa etiam ab illo peccata restituisse, et rerum seriem ad Patrem usque meum continuasse, mihi et Mureto affirmavit. Sed mors et hominem nobis et editionem operis intercepit.

[Mais Onofrio Panvinio de Vérone, ermite augustinien, comme il m’en a lui-même témoigné jadis, en compagnie de Muret, à Rome dans le palais du Mont Jourdain, a écrit dix livres d’Annales de Vérone, dont les deux derniers étaient consacrés à l’histoire des princes Scaliger ; et il nous a affirmé, à Muret et à moi, qu’il avait corrigé beaucoup d’erreurs de Torelli, et qu’il en avait retiré beaucoup de choses qu’il ne savait pas lui-même et qu’il jugeait préférable de ne pas garder, et qu’il avait continué le récit jusqu’à mon père. Mais la mort nous a soustrait et l’homme et la publication de son livre].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 6 décembre 1644. Note 2

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(Consulté le 22.10.2019)

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