Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 2 manuscrit, note 20.
Note [20]

Jacques Faye (1543-1590), seigneur d’Espeisses, conseiller au parlement reçu en 1567, était peut-être « fou », mais fit une brillante carrière : maître des requêtes en 1575, avocat général en 1580, il finit président au mortier du Parlement siégeant à Tours en 1589 (v. note [5] du Borboniana 4 manuscrit, pour sa compétition avec Jacques-Auguste i de Thou sur cette charge).

  • V. note [15], lettre 41, pour son fils aîné, Charles, ambassadeur en Hollande de 1624 à 1631. En 1599, sa sœur, prénommée Marie (morte en 1666), avait épousé René de Thou, seigneur de Bonneuil, conducteur des ambassadeurs, neveu de Jacques-Auguste i de Thou (Popoff, nos 92 et 155).

  • Anemon (du grec anemos, « le vent ou la tempête » et, au sens figuré, « l’agitation de l’âme ou l’inconstance ») est un personnage qui apparaît dans la seconde partie de l’Euphromion de Jean Barclay (Paris, 1607, pour la première édition latine, v. note [20], lettre 80). La traduction française de Jean Bérault (Paris, 1640, v. note [22], lettre 146) fournit une Clef…, laquelle explique et découvre les noms cachés ou inconnus qui sont contenus dans cette belle et excellente satire (qui ne figure pas dans toutes les impressions) ; on y lit, sur Anemon :

    « Par ce nom est entendu quelque courtisan, homme plein de vanité et ami de l’auteur, dont la femme, qui était belle et galante, eut de l’amour pour Barclay. »

    Les aveux les plus chauds d’Euphormion (qui traduisaient les désirs les plus fous de Barclay) se lisent dans le chapitre xxi de la seconde partie, Euphormion conduit sa dame en sa maison, il jouit de ses désirs, mais si inconsidérément que les serviteurs d’Anemon le chassent avec menaces (page 451 dans l’édition sans chapitres qui est en ligne sur Gallica) :

    « Pour moi, après avoir prié Vénus qu’elle me favorisât, je m’approchai de la femme d’Anemon, et lui dis à l’oreille : “ Si la fortune ne me préparait point un plus rude combat que celui dont on nous vient d’entretenir, {a} je me promettrais d’en sortir généreusement à mon honneur ; mais le peu d’espérance que j’ai d’y réussir me met en une telle confusion que, devant même que d’y essayer, je ne me puis promettre d’en remporter la victoire. ” Elle s’arrêta tout court et s’aperçut fort bien de quoi je lui voulais parler ; mais toutefois, elle ne me le voulut jamais avouer. Quand nous fûmes au logis et que nous apprîmes qu’Anemon était parti pour aller trouver Protagon, {b} ce fut là que je pris l’occasion et la liberté de l’entretenir. Pardonnez-moi divinités, et vous particulièrement, très chaste Junon ! {c} […] Je n’eus pas beaucoup de peine à la vaincre, puisque d’elle-même, elle était disposée à se laisser surmonter. Je n’avais plus occasion de me plaindre de ma pauvreté. Comme si j’eusse été victorieux de Doromise, {d} je me repentais mêmement d’avoir jamais adressé mes vœux à la Fortune, puisque cette dame libérale ajoutait à notre contentement une infinité de beaux présents ; mais, comme l’usage de ces plaisirs ruine nos corps, de même le dégoût et la lâcheté d’un crime nous porte à la haine de nous-mêmes. Sur tout, l’ardent désir de cette femme m’importunait. Me promenant dans les jardins de cette dame, je faisais aucunefois {e} réflexion sur son fol amour. Est-il possible, disais-je, qu’elle ait une véritable passion pour moi ? A-t-elle eu occasion de s’assurer de la discrétion {f} d’un homme qu’elle ne connaissait point ? Ayant un mari si jeune et si bien fait, a-t-elle eu le cœur de jeter les yeux sur un autre ? Ô que l’assurance que Lycurgue avait, qu’il ne se trouvait point d’adultères, était vaine et ridicule ! {g} Ô que l’appréhension de Solon, au contraire, était juste et raisonnable ! {h} Que puis-je attendre de cette sorte de vie que je mène, sinon du déshonneur de la part d’Anemon, ou la mort du côté de cette femme. Celle qui a été prodigue de son honneur est capable de toute autre sorte de méchanceté. Elle se rendra plus facilement criminelle, pourvu qu’elle soit assurée de mettre sa réputation à couvert, qu’elle n’a eu de promptitude à se porter au vice où son plaisir l’engageait. Euphormion, vous avez trop donné de contentement à votre corps, remettez-vous sous la discipline de la vertu. »


    1. Euphormion vient d’assister à une pièce de théâtre qui s’achevait sur la proclamation d’une trêve entre deux armées adverses.

    2. Pseudonyme du roi Henri iv : « le Souverain » en faux grec.

    3. V. note [3], lettre 286.

    4. Pseudonyme de Sully, surintendant des Finances, « celui qui hait les présents », en faux grec.

    5. Quelquefois.

    6. L’honnêteté.

    7. V. note [15] des Préceptes particuliers d’un médecin à son fils pour Lycurgue ; note de Bérault (tirée de La Vie de Lycurgue de Plutarque, xv, 17) :

      « Un étranger demanda à un Spartiate pourquoi Lycurgue n’avait point fait de loi pour punir les adultères : “ Pource que, dit-il, qu’il n’y en devait point avoir dans une ville d’où les richesses et les délices étaient bonnes. ” »
    8. V. notule {a}, note [6], lettre 380, pour Solon ; note de Bérault :

      « De peur que les femmes ne s’émancipassent, il leur défendit d’aller la nuit, sinon dans un chariot et à la charge qu’elles auraient un flambeau qui irait immédiatement devant elles. Plutarque, en La Vie de Solon [xxi, 5], dit qu’il ordonna que l’on tuât l’adultère. »

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 2 manuscrit, note 20.

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(Consulté le 25/02/2024)

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