À Charles Spon, le 7 mai 1658, note 29.
Note [29]

« Pyrrhus, le premier de tous, a enseigné la castramétation {a} […] dans Hannibal ».

Guy Patin s’est ici égaré dans ses sources. Plutarque n’a pas écrit la vie d’Hannibal (ou Annibal) Barca (248-183 av. J.‑C.), le général et insigne conquérant carthaginois, redoutable ennemi de Rome ; ce jugement d’Hannibal sur les talents stratégiques de Pyrrhus (roi d’Épire, vers 318-272 av. J.‑C.) se lit dans Tite-Live (Histoire de Rome, livre xxxv, chapitre xiv) :

Quærenti Africano quem fuisse maximum imperatorem Hannibal crederet, respondisse Alexandrum Macedonum regem, quod parva manu innumerabiles exercitus fudisset quodque ultimas oras, quas visere supra spem humanam esset, peragrasset ; quærenti deinde quem secundum poneret, Pyrrhum dixisse : castra metari primum docuisse, ad hoc neminem elegantius loca cepisse, præsidia disposuisse.

[Quand l’Africain {b} demanda à Hannibal qui il tenait pour le plus grand général, il répondit Alexandre, roi de Macédoine, car, avec une poignée de braves, il avait mis en déroute des armées innombrables et parcouru des contrées où l’homme n’avait jamais eu l’espoir de pénétrer ; puis à savoir qui il plaçait au second rang, le Carthaginois répondit Pyrrhus, car il a été le premier qui ait enseigné l’art des campements, nul ne sut choisir ses positions ni disposer ses forces avec plus d’habileté].


  1. V. note [15], lettre 152.

  2. Scipion l’Africain l’Ancien (v. note [4], lettre 561), qui écrasa définitivement les Cathaginois à la bataille de Zama en 202 av. J.‑C.

Thomas a Kempis (Kempen, diocèse de Cologne vers 1380-1471), dont le véritable nom était Thomas Hemerken (Malleolus en latin), était un moine augustin allemand, ascète et mystique, chanoine régulier de Mont-Saint-Agnès, près de Zwolle en Hollande. Gabriel Naudé le considérait comme le véritable auteur de l’Imitation de Jésus-Christ (v. notes [35], lettre 242, et [29], [30], [31] et [32] du Naudæana 3). Le sobriquet du maréchal de Turenne (v. note [9], lettre 135) venait de sa rigidité morale et du fait que Kempis pouvait aussi s’écrire Campis (ablatif pluriel latin de campi, champs). Dans la préface à sa traduction de L’Imitation de Jésus-Christ (Paris, François Janet, 1818), le R .P. de Gonnelieu ajoute (page x) que :

« Les maréchaux de Turenne et Villars {a} n’oubiaient pas de l’avoir continuellement avec eux ; et ils se reposaient d’une bataille par quelques versets de l’Imitation. »


  1. Claude Louis Hector de Villars, maréchal de France en 1702, mort en 1734.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 7 mai 1658, note 29.

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(Consulté le 15/04/2024)

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