À André Falconet, le 14 octobre 1664
Note [5]

V. note [1], lettre 172, pour un avis approfondi de Guy Patin sur l’épilepsie.

Les feuilles du gui, « amères et toniques, ont été préconisées comme antispasmodiques et antiépileptiques […]. On préfère le gui qui croît sur le chêne, mais il est rare » (Nysten).

Trévoux dit de l’élan : « On épie l’occasion qu’il tombe du mal caduc [épilepsie] pour le prendre, ce qui lui arrive fort souvent ; et on s’en saisit avant qu’il puisse reprendre assez de force pour mettre le pied gauche dans son oreille, ce qui le guérit incontinent. C’est pourquoi on veut que la corne de ce pied toute seule ait la vertu de guérir de l’épilepsie. » Thomas Corneille ajoute : « Sa grande force est à la corne [le sabot] du pied. S’il en frappe un chien ou un loup, il le jette mort par terre. On l’appelle en latin Ungula alces, du mot qui veut dire force. Elle a une propriété spécifique contre l’épilepsie. Il la faut choisir dure, polie à la partie extérieure, fourchue, et plutôt du pied droit de derrière que d’aucun des autres pieds » (v. notes [16] et [17], lettre 181). Venue de Lituanie, la vertu antiépileptique du sabot d’élan est un mythe médical qui ne s’éteignit qu’au début du xixe s.

Pour la pivoine (pœonia en latin), « sa racine, sa fleur et sa semence sont fort en usage en médecine pour les maladies du cerveau, comme pour l’apoplexie, pour l’épilepsie, pour la paralysie. […] Cette plante porte le nom d’un ancien médecin nommé Pœon, qui se servit, à ce que l’on dit, de cette herbe pour guérir Pluton, qui avait été blessé par Hercule » (Trévoux).

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 14 octobre 1664. Note 5

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0796&cln=5

(Consulté le 01.10.2020)

Licence Creative Commons