Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Naudæana 2
Note [53]

« dans la foi du Seigneur. »

  • Christophe de Longueil est le nom français de l’humaniste franco-flamand Christophorus Longolius (1488-1522). Il n’était pas natif de Paris, mais de Malines, dans le Brabant (entre Anvers et Louvain). Il était fils naturel d’Antoine de Longueil, évêque de Léon et aumônier d’Anne de Bretagne. Dès l’âge de huit ans, son père le fit venir à Paris pour étudier auprès des meilleurs maîtres. En 1507, il gagna Poitiers pour apprendre le droit et y prononça son Oratio à la gloire des Français contre les Italiens. Après avoir brièvement (1510-1511) été le précepteur du futur roi François ier, il séjourna deux ans en Italie, puis fut reçu conseiller clerc au parlement de Grenoble (1512), puis au Parlement de Paris (1515).

    Longueil prit goût à la littérature ancienne en travaillant sur Pline l’Ancien et a contribué à l’édition de son Histoire naturelle donnée par Érasme et Guillaume Budé en 1516, puis il partit perfectionner son latin en Italie. Il y fut honoré de la citoyenneté romaine et de plusieurs bénéfices ecclésiastiques, mais s’attira aussi de mauvaises querelles sur les propos injurieux qu’il avait tenus dans son Oratio de 1510. Ses ennemis engagèrent contre lui un procès pour lèse-majesté romaine, mais il échappa à la condamnation grâce à ses éloquents discours de défense, et à la protection du pape Léon x (v. supra note [39]) et de Pietro Bembo (v. remarque 1, note [67] du Naudæana 1). Adepte et ardent défenseur du style cicéronien (et opposé en cela à Érasme, qui ne cultiva pas son amitié, v. note [3], lettre latine 331), Longueil passa le reste de sa vie à écrire et à enseigner, à Padoue et à Venise. En 1522, il prit l’habit des franciscains (capucins) et mourut peu après dans leur monastère de Padoue. Ses lettres et ses discours ont été publiés après son décès.

  • Jean Pic de la Mirandole (Picus Mirandolus, Giovanni Pico della Mirandola, Mirandola, Émilie-Romagne 1463-Florence 1494), génie précoce, humaniste, philosophe et théologien, adepte de l’occultisme, avait tenté de concilier la foi chrétienne avec les enseignements d’Aristote et de Platon, ce qui lui valut d’être tenu pour hérétique. Il eut tardivement l’intention de se faire moine, mais n’alla pas jusqu’au bout de son projet. V. notes [2] et [4] du Borboniana 2 manuscrit pour ses Opera omnia [Œuvres complètes] (Bâle, 1572), sa famille et le funeste destin de son neveu Jean-François.

  • Rodolphus Agricola (Roelof Huisman ; Baflo, Groningue 1444-Heidelberg 1485), humaniste néerlandais, a consacré ses principaux travaux à la pédagogie et à l’édition critique d’anciens auteurs grecs et latins. Dans les années 1480, il a créé le premier foyer de l’humanisme flamand à l’abbaye cistercienne d’Aduard, près de Groningue. Bayle :

    « Il commença à étudier en théologie à l’âge d’environ quarante ans ; et n’espérant pas d’y réussir sans l’intelligence de l’hébreu, il s’attacha à l’étude de cette langue et, avec le secours d’un juif, il commençait à y faire de bons progrès. La mort, qui le vint saisir à Heidelberg le 28 octobre 1485, ne lui donna pas le temps de continuer. Il se résigna chrétiennement aux ordres d’en-haut, et fut enterré en habit de cordelier dans l’église des frères mineurs de cette ville. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Naudæana 2. Note 53

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(Consulté le 24.09.2022)

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