À André Falconet, le 16 juillet 1669
Note [6]

« sera-ce par la Porte sacrée, ou par… ? ».

La Porta sacra était une des 14 portes de Rome. Je n’ai pas trouvé de sens à per Campenam, que Reveillé-Parise a corrigé en per Campanam sans résoudre l’énigme car campana signifie cloche en latin ; per campaniam, par les champs, serait acceptable, pour dire « en grande pompe ou en toute discrétion ? ».

À bord des navires que Louis xiv avait en vain envoyés à Constantinople pour ramener son ambassadeur, Denis de La Haye (v. note [1], lettre 955), Soliman Aga (v. note [2], lettre 949) allait débarquer à Toulon le 4 août (Mémoires du chevalier d’Arvieux… tome iv, pages 128‑157) :

« Sa Majesté en ayant reçu avis, choisit le sieur de La Gibertie, gentilhomme ordinaire de sa Maison, pour l’aller recevoir de sa part, le faire loger, le défrayer sur sa route, et lui faire rendre les honneurs dus à son caractère. {a} Soliman fut reçu à Toulon avec les honneurs accoutumés. Il fut logé à l’hôtel de ville, complimenté et traité magnifiquement. Il visita le port et les vaisseaux du roi, et admira leur beauté et leur grand nombre. {b} […]
Le 3e de décembre, Soliman Aga fit son entrée à Paris par la porte Dauphine, et fut conduit par les plus belles rues au travers de la Place Royale, à l’hôtel de Venise, derrière les Minimes, où l’on lui avait préparé son logement. Quelques officiers des gardes de la prévôté étaient à la tête de ses gens qui, au nombre de douze, marchaient deux à deux proprement habillés, et avec des turbans de différentes couleurs. Ils étaient montés sur des chevaux de la grande écurie du roi, harnachés et caparaçonnés à la turque. Soliman Aga venait ensuite monté sur un très beau cheval du roi, la masse d’armes sous une cuisse, et le sabre sous l’autre. » {c}


  1. Sa qualité.

  2. Passé par Marseille, Aix, Lyon (1er octobre), Orléans (16 octobre), puis Fontainebleau (20 octobre), Soliman arriva à Issy le 1er novembre. M. de Lionne, qui avait le département des Affaires étrangères, lui donna une première audience le 4 novembre à Suresnes.

  3. Le roi lui donna une première audience le 5 décembre.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 16 juillet 1669. Note 6

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0960&cln=6

(Consulté le 07.04.2020)

Licence Creative Commons