Autres écrits : Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Pièces liminaires
Note [8]

Copieuse liste de premiers médecins (archiatres) impériaux ou royaux que Guy Patin admirait (et a probablement enviés dans sa jeunesse).

  • Antonius Musa, médecin grec de Rome au ier s. av. J.‑C., à qui on a attribué un traité de botanique, devint médecin de l’empereur Auguste (Éloy) :

    « Suétone {a} rapporte qu’Auguste, étant de retour de son opération de Biscaye, eut le foie en si mauvais état, ensuite d’une longue fluxion, qu’il désespéra de son mal. Antonius Musa lui proposa alors un remède contraire à ceux qui avaient été pratiqués ; il parut en effet si extraordinaire que Pline {b} en a pris occasion de dire que ce médecin avait formé une nouvelle secte. Mais ce remède n’était autre chose que le bain froid ; et comme il est le premier qui l’ait mis en usage, il passa aisément pour avoir adopté de nouveaux principes. Auguste avait le corps faible et délicat, et tout dangereusement malade qu’il était, il ne pouvait se résoudre à prendre aucun remède. C’est dans ces circonstances qu’Antonius Musa lui conseilla de se baigner dans l’eau froide, et même d’en boire. Cela réussit fort bien et valut à ce médecin, outre de grandes largesses qui lui furent faites par l’empereur et le Sénat, le privilège de porter un anneau d’or ; ce qui jusque-là n’avait été permis qu’aux personnes de la première condition. Au rapport de Suétone, {c} le Sénat lui fit même élever une statue d’airain qu’on plaça à côté de celle d’Esculape. Mais les faveurs dont on combla Musa ne se bornèrent point à lui seul ; on honora ceux de sa profession à cause de lui. Le privilège de porter l’anneau d’or leur fut pareillement accordé et on les déclara exempts des charges publiques et de tous impôts. » {d}


    1. Vie d’Auguste, chapitre lxxxi (expédition contre les Cantabres).

    2. Histoire naturelle, livre xix, chapitre xxxviii (Littré Pli, volume 1, page 731) et livre xxix, chapitre v (., volume 2, page 298).

    3. Vie d’Auguste, chapitre lix.

    4. Le jecur vitiatum [foie vicié] dont souffrait Auguste (v. supra notule {a}) pouvait avoir été une hépatite virale, maladie qui guérit presque toujours toute seule ; mais les bienfaits de l’effet placebo ne se soldent malheureusement plus guère par de tels avantages fiscaux.

  • V. note [6], lettre 6, pour Galien, médecin de l’empereur Marc-Aurèle (Marcus Aurelius Antoninus, v. note [1], lettre 671).

  • J’ai corrigé le lapsus de Patin qui a confondu François i Miron (v. note [6], lettre 993, qui fut médecin de trois rois de France, Henri ii, François ii et Charles ix) avec son père, Gabriel Miron (vers 1450-1524), premier médecin de la reine Anne de Bretagne, épouse de Louis xii (v. note [17], lettre 117), puis de leur fille, la reine Claude, épouse de François ier.

  • V. note [6], lettre 125, pour Guillaume Cop, premier médecin de François ier.

  • V. note [4], lettre 2, pour Jean Fernel, natif de Clermont-en-Beauvaisis, premier médecin d’Henri ii.

  • Jean Maziles, natif de Beauvais, mort en 1578, docteur en médecine de Montpellier reçu en 1539, fut médecin de Charles ix de 1570 à 1574.

  • V. note [6], lettre 550, pour Marc Miron (petit-fils de Gabriel), premier médecin d’Henri iii.

  • V. note [3], lettre 13, pour André Du Laurens, premier médecin d’Henri iv.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Pièces liminaires. Note 8

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(Consulté le 25.11.2020)

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