À Charles Spon, le 16 novembre 1645
Note [9]

Pierre Cotton (ou Coton, Néronde, Loire 1564-Paris 1626), membre de la noble famille des seigneurs de Chenevoux, entra dans la Compagnie de Jésus, prêcha avec éclat en Provence et dans le Dauphiné, convertit Mme de Créqui, fille maréchal François de Lesdiguières (v. note [26] du Naudæana 1), qui le recommanda à Henri iv et devint par la suite le confesseur du roi. Le P. Cotton obtint sur son pénitent un crédit qu’il dut à son mérite, mais sans doute aussi à son indulgence pour ses faiblesses. Tout entier aux intérêts de son Ordre, il refusa l’archevêché d’Arles et le chapeau de cardinal, et obtint le rappel des jésuites, le rétablissement de leurs maisons et le droit de prédication.

Lors du meurtre de Henri iv, il manifesta la plus grande douleur et publia sa Lettre déclaratoire de la doctrine des pères jésuites conforme aux décrets du concile de Constance, adressée à la reine mère du roi, régente de France… (Paris, Claude Chappelet, 1610, in‑4o de 29 pages), où il essayait de défendre la Compagnie contre les accusations dont elle était l’objet.

Cette apologie rencontra des contradicteurs et les soupçons, fondés ou non, du public éclatèrent dans le pamphlet sanglant intitulé :

Anticotton ou Réfutation de la Lettre déclaratoire du Père Cotton. Livre où il est prouvé que les jésuites sont coupables et auteurs du parricide exécrable commis en la personne du roi très-chrétien Henri iiii, d’heureuse mémoire. Dernière impression revue et augmentée. {a}


  1. sans lieu ni nom, 1610, in‑8o de 74 pages, qui se termine sur ce Quatrain à la reine :

    « Si vous voulez que votre État soit ferme,
    Chassez bien loin ces tigres inhumains,
    Qui de leur roi accourcissant les terme
    Se sont payés de son cœur par leurs mains. »

    L’abbé Jean Du Bois-Olivier en était auteur, et en fut sévèrement châtié (v. notes [10] du Naudæana 2 et [46], notule {e}, du Naudæana 3). Bayle a fourni d’abondants détails sur cette querelle entre Cotton et Du Bois-Olivier dans la note Q de son article sur Ignace de Loyola.


Le P. Cotton n’en fut pas moins nommé par Marie de Médicis confesseur du jeune Louis xiii. L’influence du duc de Luynes l’éloigna plus tard de la cour. Il parcourut le Midi en missionnaire et en prédicateur, alla en Italie pour accomplir divers vœux du roi et revint terminer ses jours à Paris (G.D.U. xixe s.).

V. note [25] du Patiniana I‑3, pour la mésaventure du P. Cotton, en 1604, dans une ridicule affaire de diablerie.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 novembre 1645. Note 9

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(Consulté le 20.08.2022)

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