Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 2 manuscrit

Note [2]

« Voyez les Elogia de Paul Jove, première partie, page 287. {a} Voyez les Vitæ philosophorum Germanorum de Melchior Adamus, page 11, {b} et le très illustre de Thou, tome 4e, pages 268‑269. » {c}


  1. L’éloge de Johannes Regiomontanus est à la page 218 des Elogia de Paul Jove ; {i} en voici la seconde moitié :

    Extant eius subtilissima Commentaria in Almagestum Ptolomæi et Mathematicæ ratiocinationis exactus atque perutilis liber de Triangulis. Ab hac commendatione eruditi nominis creatus est a Xisto Quarto Rastiponensis Episcopus, accitusque Romam, ut annum ex vetusta intercalatione fastis minime respondentem, ad statas ex cursu lunæ Paschales cerimonias revocaret. Quod confici posse videbatur, subductis semel aliquot diebus Martio mensi, qua una ratione mille et quingentorum annorum excessus, in cursu sideris non plane sensilis, toto demum cumulo deprehensus, emendatissime tolleretur. Sed grassante in Urbe pestilentia Fato surreptus, quod maxime cupiebat, præstare non potuit.

    [Il a laissé de très subtils commentaires sur l’Almageste de Ptolémée, et un précis fort utile de raisonnement mathématique sur les triangles. {ii} Pour cette réputation de savant renom, Sixte iv le nomma évêque de Ratisbonne et l’appela à Rome afin de rétablir, suivant le mouvement de la Lune, des dates fixes pour la célébration de Pâques, car le calendrier fondé sur l’ancienne intercalation n’y répondait plus exactement ; il lui semblait possible d’y parvenir en retranchant de temps en temps quelques jours au mois de mars, car il y en a un de trop tous les mille cinq cents ans, ce qui ne tombe pas sous le sens en se fondant sur le mouvement apparent des astres, mais qui serait corrigé en reprenant très soigneusement tous les calculs. {iii} Il n’a pourtant pas pu accomplir ce qu’il désirait ardemment car la peste qui sévissait à Rome a mis fin à ses jours].

    1. Bâle, 1577, v. note [27], lettre 925.

    2. Ces deux livres de Johannes Regiomontanus, mort avant la diffusion de l’imprimerie sont :

      • In Ptolemæi magnam compositionem, quam Almagestum vocant, libri tredecim… In quibus universa doctrina de cœlestibus motibus, magnitudinibus, eclipsibus, etc. in Epitomem redacta, proponitur [Treize livres sur le grand œuvre de Ptolémée, qu’on appelle l’Almageste. Y est présenté, rédigé sous forme d’abrégé, tout le savoir sur les mouvements célestes, leurs ampleurs, les éclipses, etc.] (Nuremberg, Ioannes Montanus et Ulricus Neuberus, 1550, in‑fo de 19 feuilles) ; v. note [34], lettre 117, pour le grand œuvre ;

      • De Triangulis omnimodis libri quinque : quibus explicantur res necessariæ cognitu, volentibus ad scientiarum Astronomicarum perfectionem devenire : quæ cum nusquam alibi hoc tempore expositæ habeantur, frustra sine harum instructione ad illam quisquam aspirarit. Acesserunt huc in calce pleraque D. Nicolai Cusani de Quadratura circuli, deque recti ac curvi commensuratione : itemque Io de monte Regio eadem de re ελεγκτικα, hactenus a nemine publicata [Cinq livres sur les Triangles de toutes espèces, où est expliqué ce que doivent connaître ceux qui veulent accéder à la perfection du savoir astronomique : nul n’y parviendrait sans ces explications car elles n’ont encore jamais été exposées ailleurs. On a ajouté à la fin de nombreux textes de Nicolas de Cues (penseur et cardinal allemand du xve s.) sur la quadrature du cercle, et sur la mesure du droit et du courbe, ainsi que les démonstrations de Regiomontanus sur le même sujet] (ibid. Io. Petreus, 1533, in‑4o de 137 pages).

    3. Ce décalage a justifié le changement du calendrier (de julien à grégorien) qui n’est survenu qu’en 1582 (v. supra note [1]).

  2. La vie de Joannes Mullerus Regiomontanus est aux pages 5‑12 des Vitæ Germanorum philosophorum… [Vies des philosophes allemands…] de Melchior Adam (Heidelberg, 1615, v. note [3], lettre 584) ; la page 11 parle de sa mort (mais avec grande confusion sur les dates) :

    Redit igitur Romam ; ubi cum non diu fuisset, mortuus est anno millesimo, quadringentisimo et septuagesimo. Quis autem non doleat, tanto ingenio non contigisse vitam longiorem, pæsertim molienti res utilissimas ? Extinctus est enim cum iam ingressus esset quartum et trigesium annum. Fama est, venenum ei datum esse a Trapezontii filiis, quia et versionem Ptolemæi taxaverat, et errata in commentario et reprehensiones Theonis refutaverat. Ac genesis non solum hominem βιοθανατον significat ; sed etiam ingenuum et pugnacem. Quare fortassis ei linguæ libertas nocuit. Sed quomodo extinctus sit ; mors immatura fuit, ac etiamnum lugenda ; propterea quod iis operibus, quæ iam inchoarat, carendum est.

    [Ainsi revint-il à Rome, mais il n’y vécut guère longtemps, car il est mort en l’an 1470. {i} Qui donc n’est pas peiné qu’un si grand esprit n’ait pas vécu plus longtemps, d’autant qu’il nourrissait de très utiles desseins ? Il est en effet décédé quand il venait d’entrer en sa 34e année d’âge. {ii} On raconte que les fils de Trapezontius lui ont administré un poison, parce qu’il avait blâmé sa traduction de Ptolémée et ses commentaires sur cet auteur, et réfuté ses critiques sur Théon. {iii} Ce lien du sang explique que notre homme soit mort de manière inopinée, mais aussi en conséquence d’un complot criminel. Peut-être sa liberté de langage lui a-t-elle donc nui ; mais quelle que soit la manière dont il s’est éteint, sa mort a été prématurée et doit encore être pleurée aujourd’hui, car nous sommes privés des travaux qu’il n’avait qu’entrepris].

    1. Note marginale : Alii 1477 ; ut Bucholzerus : alii 1489. ut Crentzheim [Certains, comme (Gottfried) Bucholzer, disent en 1477, et d’autres, comme (Leonhard) Krentzheim, en 1489].

    2. Note marginale : Alii 41 [D’autres disent la 41e].

    3. V. seconde notule {b}, note [1] supra.

  3. Livre xc (année 1588, règne de Henri iii) des Historiarum sui temporis [Histoires de son temps] de Jacques-Auguste i de Thou (tome 4, 1620, v. note [4], lettre 13), dont les pages 268‑269 correspondent, dans Thou fr (Histoire universelle), au volume 10, pages 215‑216 :

    « Jamais année n’avait été tant célébrée que celle-ci, non par les faux oracles de quelques devins insensés, mais par les prédictions certaines des plus habiles astronomes ; et il n’y en eut jamais aussi de marquée par des événements si singuliers ; mais elle fut surtout funeste à la France, puisque ce fut alors que, par l’indolence ou le peu d’habileté des ministres, aussi bien que par la faiblesse naturelle et l’aveuglement malheureux du prince, on vit le premier trône du monde chanceler, prêt à tomber en ruine. {i}

    C’est ce que Jean Müller, surnommé Régiomontan, de la ville de Mont-Royal, appelée communément Königsberg, en Franconie, avait prédit longtemps auparavant par quatre vers allemands, dont l’original se garde encore aujourd’hui en l’abbaye de Castel au Haut-Palatinat, et qui furent mis au jour il y a trente-cinq ans par Caspar Bruschius d’Egren […]. {ii} Mais ce qui m’a toujours paru surprenant, c’est que, quoiqu’on ne puisse pas soupçonner Bruschius de n’avoir point su sa langue, cependant, en voulant rendre en latin les termes allemands dans lesquels la prédiction de Régiomontan est composée, il y en a ajouté lui-même une beaucoup plus surprenante : en effet, il dit que ces événements prédits par cet auteur doivent arriver sous un Sixte ; or, outre que Bruschius était mort longtemps avant l’élévation de Sixte iv au souverain pontificat, puisqu’il fut assassiné proche de Rothenbourg sur le Tauber l’an 1559, la prophétie de Régiomontan, comme je l’ai déjà dit, ne contient rien de cela. {iii}

    Au reste, pour avoir quelque légère idée de ce grand homme, on ne sera pas fâché de savoir qu’il mourut à Rome l’an 1470, {iv} à peine âgé de quarante ans. […] Appelé à Rome peu de temps après par Sixte iv, {v} pour travailler à la réformation du calendrier, à laquelle on pensait dès lors, quelque peine qu’il eût à abandonner la vie paisible à laquelle il avait tant aspiré, il ne put cependant se dispenser de céder à des instances si raisonnables, et qu’on pouvait regarder comme des ordres. Ainsi, après avoir donné au public ses tables de Directions, il se rendit une seconde fois dans cette capitale du monde chrétien, où il mourut peu de temps après. On crut qu’il avait été empoisonné par les fils de Georges de Trébizonde, jaloux de ce qu’il passait pour avoir effacé la gloire que leur père s’était acquise par ses commentaires sur la grande Syntaxe de Ptolémée. » {vi}

    1. V. note [2], lettre 81, pour la révolte de la Ligue contre le pouvoir royal (journée des barricades à Paris le 12 mai 1588), suivie, le 23 décembre, par l’assassinat des Guise, à Blois, sur l’ordre du roi Henri iii (lui-même poignardé par le moine Jacques Clément le 2 août 1589).

    2. V. la note E de Pierre Bayle sur Caspar Bruschius (Kaspar Brusch, humaniste et historien allemand, 1518-1559).

    3. Ce passage est incompréhensible car mal traduit (ou imprimé) : l’original latin nomme ici Sixte v (Sixte Quint, pape de 1585 à 1590, v. note [45] du Naudæana 1, et non de Sixte iv (1471-1484), contemporain et protecteur de Regiomontanus.

    4. Sic (sans coquille d’imprimerie ou erreur de traduction).

    5. Sans aucune précision supplémentaire sur la date de ce dernier voyage à Rome (qui eut lieu en 1475), et avec nouvelle confusion entre les deux Sixte, iv et v.

    6. Autre nom de l’Almageste de Ptolémée (v. première des deux références citées dans la première notule {a} supra).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 2 manuscrit, note 2.
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(Consulté le 06.12.2022)

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