L. latine 27.  >
À Adamus Stevartus,
le 26 décembre 1653

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[Ms BIU Santé 2007, fo 25 ro | LAT | IMG]

Au très distingué M. Adamus Stevartus, docteur en théologie et très célèbre professeur à Leyde.

Le 26e de décembre 1653.

Très sage Monsieur, [a][1]

Je vous dois de très amples remerciements pour les thèses et les opuscules que notre ami Simon Moinet, imprimeur natif de Paris, m’a remis de votre part. En son nom, je vous remercie aussi pour votre gentillesse, pour toute votre bienveillance à son égard ; c’est un homme bon et honnête. [2] Gloire et louange à Dieu qui dans son extrême grandeur et immense bonté lui a permis de rencontrer un ami de vos rang et qualité dans un pays étranger et lointain. Mais je vous demande, très distingué Monsieur, en retour de tant de services que je dois à votre courtoisie, de m’indiquer un homme à Paris qui vous soit entièrement dévoué et bien disposé à exécuter tout service que vous m’aurez prié de vous rendre. En attendant que s’offre l’occasion d’accomplir ce que je vous promets, permettez-moi, s’il vous plaît, de vous avertir que, dans votre opuscule intitulé Ignorantia elenchi Maresiana, page 111, [1][3] s’est glissé un léger défaut de mémoire, là où il est question de Lucilio, Italien athée, et ensuite de Vanini, que vous distinguez de Lucilio ; et là se tient votre méprise : Giulio Cesare Vanini et Lucilio furent un seul et même homme, et un même athée. [4] C’était ce vaurien napolitain, que je me rappelle avoir vu à Paris et à qui j’ai parlé ; c’est lui qui, à cause de son athéisme déclaré qu’il n’a jamais voulu abjurer, eut la langue coupée, fut pendu et jeté dans le bûcher, à Toulouse, par insigne décret du parlement de cette ville. [5] De cet Italien parfaitement impie, il n’est rien resté d’autre que deux livres, ses Dialogi et son Amphitheatrum, que lisent et relisent les curieux. [2] Il en préparait quelque troisième, et celui-là tout à fait pestilentiel, où il s’efforçait de renverser les fondements de la religion, des empires et des royaumes. Il était juste commencé quand il fut jeté dans le feu avec son auteur en l’an 1619. [3][6][7][8] J’ai voulu que vous sachiez ces détails pour que Borborita, [4] tuus in scirpo nodum quærens adversarius[5][9] ne pense pas tenir quelque chose de sérieux à vous reprocher. Prenez donc mon conseil en bonne part, très sage Monsieur, accueillez-le favorablement et portez-vous-en bien.

Vôtre de toute mon âme, Guy Patin, natif de Beauvaisis, docteur en médecine de Paris et doyen de la très salubre Faculté.

Il y a beaucoup à lire sur ce Lucilio Vanini dans un livre français d’un jésuite, sous le titre de Doctrine curieuse du P. Garasse. [6][10]


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Adamus Stevartus, le 26 décembre 1653

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(Consulté le 29.10.2020)