Annexe : Une thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643)
Note [19]

V. notes [7] et [17], lettre 99, pour un commentaire de ce passage.

Here, si querelis, ejulatu, fletibus
Medicina fieret miseriis mortalium,
Auro parandæ lacrymæ contra forent.
Nunc hæc ad minuenda mala non magis valent
Quam nænia præficæ ad excitandos mortuos.
Res turbidæ consilium, non fletum expetunt
.

[Hier, si venait un remède aux plaintes, aux lamentations, aux pleurs, aux misères des mortels, les larmes devaient s’acheter au prix de l’or. Aujourd’hui, ceux qu’on emploie pour apaiser les maux ne valent guère mieux que les nénies de la pleureuse pour réveiller les morts. C’est de la sagesse et non des larmes que réclament les embarras de la vie].

Ces vers de Marc-Antoine Muret [v. note [31], lettre 97 ; Poematum variorum liber primus (Premier livre de poèmes variés), stance lxi, Afficta Trabeæ (Vers attribués à Trabéa)] ont une plaisante histoire (Œuvres complètes de Rollin… par Émile Bères…, Paris, Auguste Desrez, 1837, tome troisième, page 231) :

« Joseph Scaliger, le plus habile critique de son temps, s’était vanté qu’on ne pouvait pas le tromper sur le style des anciens. On fit courir six vers comme trouvés très récemment. […] Ces vers, qui sont admirables et qui ont tout l’air antique, éblouirent tellement Scaliger qu’il les cita dans son commentaire sur Varron comme un fragment de Trabéa, découvert depuis peu dans son ancien manuscrit. Trabéa, poète comique, vivait six cents ans après la fondation de Rome. Ces six vers étaient de la façon de Muret, qui joua ce tour à Scaliger, son rival et concurrent. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Une thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643). Note 19

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(Consulté le 30.11.2020)

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