À Charles Spon, le 13 août 1658, note 2.
Note [2]

  • Jean Manard (Giovanni Manardi, Ferrare 1462-ibid. 1536) a été l’un des plus habiles médecins de son siècle. D’abord attaché au roi Vladislas de Hongrie, il professa la médecine à Ferrare. V. notes [78], lettre latine 351, pour ses vingt livres d’Epistolæ medicinales [Épîtres médicales] qui connurent un grand succès (Ferrare, 1521, pour la première de nombreuses éditions), [3] infra, et [17] et [18] du Traité de la Conservation de santé, chapitre iv, pour les railleries qui fleurirent sur son mariage tardif.

  • Paul Jove (Paolo Giovio, Jovius ; rives du lac de Côme 1483-Florence 1552) exerçait avec talent la profession de médecin lorsque la lecture de Tite-Live lui donna l’idée d’écrire en latin le récit des grandes choses dont il était spectateur. Le pape Léon x lut quelques livres de son Histoire et la mit publiquement à côté des chefs-d’œuvre de l’Antiquité. Paul Jove, investi par le suffrage souverain du droit de distribuer la gloire et la honte, n’hésita alors pas à vendre sa plume à ceux qui pouvaient la payer richement. Nommé chanoine de Corne par Adrien vi (v. notes [26] et [27] du Borboniana 7 manuscrit), il fut créé par Clément vii prélat assistant, prieur de la commanderie de Saint-Antoine, évêque de Nocera (1528), ce qui ne l’empêcha pas d’habiter Rome où il avait reçu un logement au Vatican et où il demeura 37 ans. Non content d’accepter les présents qu’on lui offrait pour le gagner, Jove allait lui-même au-devant de ceux qui n’osaient pas assez compter sur sa vénalité, et il demandait le tribut, senza vergogna, tendant la main pour recevoir un cheval de quelque petit tyranneau italien, aussi bien que pour toucher les pensions de Charles Quint et de François ier. Il ne craignait pas d’avouer ensuite qu’il avait deux plumes, l’une d’or, l’autre de fer, pour traiter les princes selon les faveurs qu’il en recevait (G.D.U. xixe s.). Les deux principaux titres latins de son abondante production sont :

    • les Historiarum sui temporis, ab anno 1494 ad annum 1547, libri xlv [Quarante-cinq livres des histoires de son temps, de l’an 1494 à l’an 1547] (Florence, 1550-1552, 2 volumes in‑fo), souvent réédités, ont été traduits en français par Denis Sauvage, Histoires de Paolo Iovio, Cômois, évêque de Nocera, sur les choses faites et advenues de son temps en toutes les parties du monde… (Lyon, 1552, in‑fo, et Paris, Olivier de Harsy, 1570, deux tomes en un volume in‑fo de 650 pages) ;

    • plusieurs séries d’Elogia virorum illustrium [Éloges des hommes illustres], publiés sous divers titres et formats : Venise, 1546, v. note [18] du Traité de la Conservation de santé, chapitre  iii ; Bâle, 1577, v. note [27], lettre 925 ; etc.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 13 août 1658, note 2.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0533&cln=2

(Consulté le 25/05/2024)

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