À Charles Spon, le 16 novembre 1655
Note [43]

L’Epitaphium dicatum præstantissimo viro Petro Gassendo [Épitaphe dédiée au très éminent Pierre Gassendi], signée Abraham Du Prat, Thomas Martel, Samuel Sorbière et François Bernier, et datée du 23 novembre 1655, est imprimée à la fin (pages 329‑330) de la 3e édition de l’Institutio astronomica iuxta hypotheses tam Veterum quam Copernici et Tychonis : dicata Parisiis a Petro Gassendo, regio matheseos professore. Accedunt eiusdem varii tractatus astronomici, quorum catalogum pagina versa indicabit. Editio ultima paulo ante mortem authoris recognita, aucta et emendata [Institution astronomique suivant les hypothèses tant des Anciens que de Copernic et de Tycho Brahe : établie par Pierre Gassendi, professeur royal de mathématiques. Y sont adjoints ses traités astronomiques, dont la page suivante fournira la liste. Dernière édition révisée, augmentée et corrigée peu avant la mort de l’auteur] (La Haye, Adriaan Vlacq, 1656, in‑4o ; dédiée au cardinal de Richelieu).

Cette épitaphe est pompeuse et convenue :

Hic iacet,
Non unus e septem Sapientibus,
Verum
Tota Sapientium Familia,
Philosophi omnes, Politici, Philologi, Mathematici, Theologi.
Etc
.

[Ci gît non pas un des sept sages, mais la famille tout entière des sages, tous les philosophes, politiques, philologues, mathématiciens, théologiens. Etc.].

Elle est moins élégante et touchante que les vers imprimés sous le portrait paisible et souriant de Gassendi, qui se trouve au début du livre :

Talis erat veterem excipiens Gassendus Amicum,
Talis erat placido pectore vera sequens.
Cernitur hic rerum prudentia rara, fidesque,
Candor, cum cauta simplicitate patet.
Deficit ille unus (nam cælatura negavit)
Qui laudes temnens pinxerat ora pudor.
Cætera divini ingenii miracula, Lector,
Facundi referet pagina docta Senis

Sam. Sorberius M.P.

[Tel était Gassendi recevant un vieil ami, tel il était, poursuivant la vérité d’un cœur tranquille. Ici se discerne la rare sagesse des choses et la confiance, la candeur est visible avec une prudente ingénuité. Il n’y manque qu’une chose (car la gravure n’a pas pu la rendre), c’est la délicatesse qui, méprisant les louanges, colorait ses paroles. Lecteur, ce docte ouvrage restitue les autres merveilles du divin génie d’un éloquent vieillard. Samuel Sorbière, médecin de Paris].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 novembre 1655. Note 43

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(Consulté le 28.02.2021)

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