L. 426.  >
À Charles Spon,
le 16 novembre 1655

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Monsieur, [a][1]

Voilà que je change de nouveau papier pour voir s’il rencontrera mieux que quelques feuilles de par ci-devant, lesquelles ont maculé. Ceux qui m’ont fourni ledit papier disent que c’est l’encre qui perce. Je cherche pareillement d’autre encre afin de vous envoyer de mes lettres un peu plus agréables, in quibus legendis tibi minus obrepat fastidii[1][2] Après quoi, je vous dirai que je vous envoyai ma dernière le mardi 2d de novembre en deux pages par la voie de M. Guillemin. Dorénavant j’attends des vôtres et des nouvelles de M. Barbier, comme aussi des livres de M. Huguetan, [3] et surtout du Lexicum Martinii[4] et quelque partie des œuvres de Hottingerus, [5] ministre de Zurich, [6] si vous avez pu en découvrir quelque chose. [2]

Mais voilà votre lettre du 29e < d’octobre > qui me vient d’être apportée. Je vous remercie de l’avis que m’avez donné touchant Clavis Clavennæ ; [7] je n’en ai plus que faire, tous ces livres médicamentaires ne sont bons qu’à faire des empiriques [8] dont il n’est que beaucoup trop. J’ai céans quelque part ce livre de M. Scharpe, [9] in‑4o imprimé en Italie. [3]

Ce prétendu médecin nommé Saint-Germain [10] est un homme d’environ 45 ans, mal fait, maigre et décoloré, qui ne fut jamais de notre Faculté et n’aura jamais cet honneur. Il est fils d’un marchand du Palais. Il se rendit moine à 16 ans, il en est sorti après y avoir porté l’habit environ 20 ans, et a commencé à faire de méchants livrets qu’il a dédiés à Vautier [11] et autres médecins de la cour pour tâcher d’en attraper quelque emploi ou faveur. Voyant qu’il ne gagnait rien ici, il s’en alla à Étampes [12] où il s’est morfondu environ deux ans, et est revenu ici où il a fait encore quelque méchant livre. [4] Pour de l’emploi, il n’en a point : j’ai vu autrefois de ses parents malades qu’il avait vus, qui l’avaient quitté et le méprisaient fort ; et non sans raison, in eorum enim curatione plane cæcutiebat[5] il ne sait ce qu’il fait ni ce qu’il dit. Il s’accoste volontiers de moi quand il me rencontre à pied ; il me disait il y a environ six mois (et oncques depuis ne l’ai-je vu) que sa femme était grosse, que M. le Cardinal [13] serait bientôt son compère, [6] qu’il l’avait fait être médecin du roi, qu’il était couché sur l’état, qu’on lui avait avancé la première année de ses gages et alia mendacia[7] De ses livres, je n’en ai vu aucun, la mauvaise mine de l’auteur est capable de m’en dégoûter, sans les autres vices qu’il a. Il est médecin comme je suis peintre, il ne fait rien d’ailleurs. Laid et mal fait, qui bonus esse potest ? [8]

M. Meyssonnier [14] m’a écrit et m’a envoyé son factum en latin, où je suis nommé deux fois et mis en parallèle avec Courtaud de Montpellier : [15][16] me voilà en bonne compagnie, je n’ai plus qu’à me recommander à Dieu et dire avec frère Jean [17] de l’auteur François, [18] Vogue la galère. [9] Il dit qu’il viendra ici pour son appel, je ne lui ferai point réponse puisqu’il viendra. S’il y cherche de la pratique, peut-être qu’il y en trouvera car il y en a pour les fous, les charlatans [19] et les ignorants, mais bien plus pour les sages. La pratique de Paris ressemble au royaume des cieux : regnum cælorum vim patitur, et violenti rapiunt illud[10][20] Voilà comment fait Béda des Fougerais : [21] il en attrape beaucoup par le moyen des apothicaires et dès qu’il est connu tel qu’il est, on le quitte là. Le jeune Sanche [22] est encore ici, il me vint voir hier et me flatte fort ; il a la tête légère et bien du babil, mais cet homme n’aime presque personne.

J’ai céans le livre de M. Derodon tout nouveau de l’Eucharistie, où j’ai vu en passant M. Gassendi cité. [11][23][24][25] La conversion de la reine de Suède [26][27] n’est pas grande chose, cela serait plus considérable si elle était encore reine en effet, indeque haberet Roma ex quo uberius gauderet[12] Ces vers sur la ligue des petits Cantons ne pourront-ils pas venir jusqu’ici ? [13][28] J’attendrai avec patience le livre de M. Barbier, savoir la Philosophie de la cour sainte[14][29] et vous prie de lui dire que je lui ai obligation de sa bonne volonté ; mais nos libraires, qui ne sont guère échauffés, ne traiteront pas avec lui de ce livre qu’ils ne l’aient premièrement vu. M. Foreau [30] n’est pas d’Enghien mais de Vendôme.

Ce 3e de novembre. J’ai vu ce matin M. Jost, [31] un de nos libraires, qui est fort malade. J’y ai été appelé en consultation avec un de nos jeunes médecins de genere stibialium[15][32][33] Il est en grand danger et je ne sais s’il en échappera. Il est un des bons amis de MM. Huguetan et Ravaud, [34] je vous prie de leur dire cette nouvelle et de leur faire mes très humbles recommandations ; ils ne seront peut-être pas marris d’en être avertis. Il est mort ex stibio [16] le 8e de novembre. [35]

J’apprends que le pape [36] a fait arrêter à Rome prisonnier un prêtre qui avait fait un livre de Inhabilitate Papæ Alex. vii[17] Cet homme est bien hardi, je gagerais bien qu’il n’est point jésuite : [37] ces carabins du P. Ignace [38] sont bien plus fins et plus adroits, non sic agunt cum Principibus ; [18] le Petrus Aurelius, [39] homme divin et excellent écrivain, les a autrefois appelés omnium adulatores, omnium inimici ; [19] c’est une des vérités de M. l’abbé de Saint-Cyran qui leur en a bien dit d’autres fort hardiment.

Ce jeudi 4e de novembre. Le roi [40] était à Chantilly [41] où il était allé faire la Saint-Hubert à la chasse, [20] et y devait être jusqu’à dimanche prochain ; mais quelque chance nouvelle est arrivée qui l’a obligé d’abandonner son plaisir de la chasse et d’aller vitement avec le Mazarin à Compiègne, [42] où ils doivent aujourd’hui coucher pour être demain à La Fère, [43] et delà pourvoir aux affaires de la frontière ; on dit que c’est Le Quesnoy [44] que les Espagnols ont assiégé.

J’ai ici rencontré dans les rues M. Caze [45] que je pensais à Lyon ou en Languedoc. Il m’a dit qu’il avait bu à Lyon avec vous à ma santé, dont je vous remercie, et qu’il avait une lettre de M. Huguetan à me donner, laquelle il pensait avoir été perdue ; mais que depuis il l’avait retrouvée et qu’il me l’apporterait ; elle sera de vieille date.

J’ai fait vos recommandations à M. Moreau [46] qui en a été bien aise. Il vient tous les jours en consultation [47] avec moi pour une dame de qualité (elle est femme d’un maître des comptes et a plus de 80 000 écus de rente), c’est moi qui en suis l’ordinaire ; [21] M. Guillemeau [48] y vient aussi, d’autant qu’il est parent du mari. Nous nous rencontrons là tous les jours et nous disons ensemble les nouvelles que nous savons.

On dit que le prince de Condé [49] a assiégé Le Quesnoy avec 40 pièces de canon, 10 000 paysans pour servir de pionniers, 10 000 hommes de pied et 14 000 chevaux : voilà de quoi occuper toute notre armée, laquelle est fort délabrée et fort affaiblie.

J’ai vu lettre, laquelle porte nouvelles que notre pauvre collègue M. Des François [50] est mort à Saint-Didier-en-Forez le 22e d’octobre, qui est le même jour que nous perdîmes ici le bon et sage M. Gassendi, eorum manibus bene precor[22] Il y en a encore 30 devant moi, mais il y en a environ une douzaine de bien secs que la déesse Libitine [51] ne manquera pas d’emporter cis paucos annos[23]

On dit ici que l’Assemblée du Clergé [52] qui est commencée ne prend pas le train de complaire fort au roi ni de donner si grande somme d’argent qu’on leur demande, savoir cinq millions ; à cause de quoi on parle de les envoyer hors d’ici, à Bourges [53] ou à Melun. [54] Ce dernier serait plus supportable, d’autant que l’on y peut aller d’ici par bateaux, qui serait une belle commodité pour tant de garces qui suivent cette petite armée de prélats. [55] M. l’évêque de Coutances, [56] qui y était un des députés de Normandie, s’en est allé vers le roi pour se plaindre de ce que les autres évêques ne l’ont point voulu recevoir dans l’assemblée, prétendant qu’il est irrégulier pour avoir ici conféré les ordres de prêtrise dans Notre-Dame, [57] iubente Mazarino[24] sans la permission de l’ordinaire, qui est notre archevêque, le cardinal de Retz ; [58] même le nonce du pape lui a fait signifier cette irrégularité. [59] Et tous ces divers empêchements et oppositions empêchent le progrès de cette assemblée, de laquelle on ne demande que de l’argent.

Je viens de recevoir une lettre de M. Sauvageon, [60] par laquelle je ne reconnais point qu’il vous ait encore vu, mais seulement il me témoigne qu’il a envie de demeurer à Lyon et de s’y employer d’une façon ou d’autre. Il pense à procurer une nouvelle édition de la Chirurgie de Fabricius ab Aquapendente [61] en latin et une nouvelle Pharmacie de Bauderon ; [62] mais quelque dessein qu’il ait, je ne sais s’il durera longtemps à Lyon, qui est une ville bien catarrheuse, [63] vu qu’il me semble déjà bien vieux et fort cassé. [25] Il pourrait bien rendre bon et utile service à M. Barbier s’il avait la copie de M. Gassendi à imprimer, c’est à quoi il me semble le plus propre. [64]

J’ai enfin reçu la lettre que M. Huguetan l’avocat avait donnée à M. Caze. S’il est encore à Lyon, je vous prie de lui présenter mes très humbles baisemains et de lui dire que je l’en remercie.

Le roi est encore à Compiègne où le cardinal [65] a la goutte. [66] Le prince de Condé a dé[dit] de l’entreprise qu’il avait faite d’assiéger Le Quesnoy et a envoyé une partie de ses troupes prendre leur quartier d’hiver dans le pays du Liège. [26][67] Il avait dessein de surprendre M. de Turenne, [68] que l’on dit qui eût réussi, mais il a été découvert par un trompette du prince de Condé qui se détacha finement et vint en diligence en avertir ledit M. de Turenne, duquel il a obtenu récompense pour son droit d’avis. [27]

Ce 9e de novembre. Aujourd’hui au matin, la reine [69] a envoyé quérir MM. les deux surintendants des finances, de Servien [70] et Fouquet, [71] et leur a dit que la paix d’Angleterre était faite et signée avec nous, [28] laquelle nouvelle a aussitôt été épandue par toute la ville ; c’est-à-dire nouvelle besogne, nouvelles entreprises et nouvelle guerre. Je ne sais quelle mine fera le pape là-dessus, mais voilà une ouverture à une grande et puissante guerre contre l’Espagne car je ne doute point que, dans notre accord avec l’Angleterre, n’y soient entrés le roi de Portugal, [72] les Hollandais, le roi de Suède [73] et la plupart des protestants d’Allemagne ; si bien que voilà la Maison d’Autriche derechef attaquée de nouveau par presque tous les princes de l’Europe ; et ainsi, voilà le pape frustré et éludé de l’attente qu’il avait de procurer une paix générale entre les deux couronnes de France et d’Espagne. Que fera là-dessus ce Jupiter capitolin, an fulmen vibrabit in purpuratum nostrum ? [29][74] J’en doute, c’est une marchandise éventée, laquelle n’est plus de saison ; à peine ferait-elle peur aux bigots, Nec pueri credunt, nisi qui nondum ære lavantur[30][75] Quoi qu’il en arrive, voilà toute l’Europe en armes, Arma armis, littora littoribus contraria, fluctibus undæ[31][76] Cette guerre fournira de la matière aux curieux de nouvelles, aux gazetiers et aux historiens.

Le roi a fait arrêter prisonnière Mme de Châtillon, [77] veuve de celui qui fut tué à Charenton, [78][79] elle est dans la Bastille. [32][80] M. d’Hocquincourt [81] s’est enfermé dans sa ville de Péronne. [82] Le Mazarin en veut avoir le gouvernement, et lui ne le veut point rendre si on ne lui donne 1 200 000 livres, à cause de quoi on parle d’assiéger Péronne. Il n’est pas seul de cet avis, plusieurs gouverneurs des autres villes de Picardie sont de même complot avec lui, comme celui de Corbie, [83] de Doullens, [84] d’Arras et autres, outre la noblesse du pays qui est encore de leur parti. Cela fera chercher quelque rouze [33] au Mazarin car d’autres remèdes, il n’y en a point : notre armée est fort délabrée et nullement en état d’assiéger Péronne, laquelle est une ville imprenable. [34] On parle ici de la mort du cardinal Ceva, [85] Piémontais, et de la maladie du prince Thomas, [86] avec une méchante fièvre et flux de ventre, [87] per quæ symptomata transiturus creditur in rationem Libitinæ[35][88]

M. Jost le libraire, ami de M. Huguetan, est mort d’une fièvre continue [89] avec une certaine langueur mélancolique [90] et cum affectu comatoso[36] Son médecin Landrieu, avec Guénault qu’il y a fait appeler, lui a donné de son vin émétique, [91][92] ex quo eodem die penetravit ad plures[37] Mais à propos de M. Huguetan, quand est-ce que nous verrons ici le Theatrum vitæ humanæ [93] avec ce beau livre de Matthias Martinius ? Il m’ennuie fort que ce grand livre étymologique ne me vient en mains, ce sera quand il plaira à Dieu.

Ce 11e de novembre. Le roi arriva hier ici à petit train pour y voir la reine sa mère, on dit qu’il s’en retournera dès demain vers le Mazarin qu’il a laissé à Chantilly. On traite avec ces gouverneurs des villes frontières, lesquels demandent au roi une neutralité. Cela est ridicule, caveant sibi[38] On me vient de dire une autre chose à l’oreille, c’est qu’il y a de la défiance et quelque mésintelligence entre la reine et le cardinal. Hélas, que nous sommes malades et que nous avons grand besoin de quelque bonne crise [94] et de bons remèdes ! [39]

On achève ici l’impression de la première partie de la Pucelle d’Orléans[95] qui est un beau poème héroïque fait par M. Chapelain, in‑fo avec plusieurs beaux portraits en taille-douce ; on dit que ce livre se vendra 20 livres. Toute l’Académie en dit bien du bien et peut-être qu’elle a raison ; aussi y en a-t-il d’autres qui le blâment déjà, de quoi vous feront foi les six vers suivants, qu’un de mes amis me vient de donner : [96]

On nous promet de Chapelain,
Ce rare et fameux écrivain,
Une merveilleuse Pucelle :

Depuis vingt ans on parle d’elle,
La cabale en dit force bien :
Dans six mois on n’en dira rien.
 [40]

Il y a ici un jeune homme nommé M. Sauval, [97] Parisien, qui travaille avec beaucoup de soin et de peine à nous faire une pleine histoire de la ville de Paris. Vous savez que cet abrégé du monde est divisé en Ville, Cité et Université. Il fait une recherche de toutes les fondations des églises, des monastères, des hôtels et maisons des princes, et en a obtenu de très bons mémoires. Il espère de faire commencer à Pâques l’édition du premier tome qui sera bientôt après suivi du second. Ces deux premiers contiendront toute l’histoire de la Ville ; il viendra par après à l’Université et à la Cité, lesquelles auront chacune leur volume. Il y aura là-dedans quantité d’éloges de plusieurs savants hommes qui sont enterrés à Paris. Tous les collèges et les communautés y seront décrits selon les registres de leur fondation. [41]

J’apprends que la peste [98] est fort diminuée en Hollande, aussi bien que le nombre des habitants qui en sont morts, du rang desquels on m’a nommé, entre autres, deux médecins, savoir Vorstius [99] et Albertus Kyperus. [42][100] Je plains ces pauvres gens, aussi bien que tant d’autres qui me sont inconnus, qui ont là trouvé leur dernier malheur.

Je vous adresse une lettre pour M. Devenet, [101] que je vous prie de lui faire rendre. C’est touchant quelques livres qu’il m’a fait acheter à Genève chez MM. de Tournes, [102] pour envers lesquels m’acquitter je vous ferai toucher de l’argent dans quelques jours par un marchand de votre ville. Je vous prierai de le donner audit M. Devenet, duquel vous tirerez quittance que par après vous m’enverrez s’il vous plaît. La somme est d’environ 9 pistoles ; il y a quelques livres trop chers et dans un prix exorbitant sur lequel ces Messieurs de Genève rabattront quelque chose s’il leur plaît, sinon, je sais bien ce que je ferai une autre fois.

Ce 14e de novembre. Voilà M. Sorbière [103] qui vient de sortir de céans, lequel m’a fait présent d’un exemplaire d’un épitaphe qu’il a fait à feu M. Gassendi, qui est un grand placard in‑fo. Je lui en ai demandé un pour vous, il m’a dit que vous en auriez, que l’on en envoyait à Lyon pour tous les amis. Il en écrit tout exprès au P. Bertet [104] et m’a dit qu’il se va mettre en état de travailler à la vie dudit sieur Gassendi, qu’il en aura tous les mémoires qui s’en peuvent avoir. Pour cet épitaphe en placard, il m’a dit qu’il n’en est pas le seul auteur, mais que notre bon ami M. Du Prat, [105] M. Martel [106] et M. Bernier [107] y ont travaillé avec lui. [43] Il mord à la grappe quand il parle de cette vie qu’il va faire, [44] dans laquelle il insérera beaucoup de belles curiosités qui l’enjoliveront fort à ce qu’il dit.

M. d’Hocquincourt est enfermé dans sa ville de Péronne, il demande à traiter et ne demande que de l’argent. Sa femme [108] a été trouver le roi qui l’a renvoyée tout en pleurs, disant qu’il ne veut aucun traité ni accommodement, mais une pure et seule obéissance ; et s’il ne le fait, qu’il saura bien se faire obéir. Ce gouverneur se plaint d’avoir employé 80 000 écus pour ramener le Mazarin en France l’an 1652 sans qu’il en ait été récompensé ni remboursé ; c’est ce qui le rend aujourd’hui mécontent. [34] On dit que les Suédois ne sont pas les maîtres de Cracovie, [109] que les Polonais s’y défendent fort bien et qu’il vient au roi de Pologne [110] un grand secours de Tartares, qui pourront bien chasser le roi de Suède et le renvoyer en son pays. [111] Le roi est à Compiègne avec le Mazarin. On dit que le prince de Condé est avec 24 000 hommes entre Cambrai [112] et Péronne. Quelques-uns disent qu’il y a intelligence entre lui et M. d’Hocquincourt, gouverneur de Péronne ; d’autres disent qu’il s’en va assiéger Condé. [113] Il court ici trois livrets in‑fo pour le Mazarin contre les intérêts et les prétentions du cardinal de Retz ; on ne les vend pas, il n’y a que les amis qui en peuvent avoir. Vale[45] Je suis de tout mon cœur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce mardi 16e de novembre 1655.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 novembre 1655

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(Consulté le 20.10.2019)