À Claude II Belin, le 2 octobre 1657
Note [8]

Guy Patin renvoyait au chapitre lxxxiv (De Pharmaco [Du Remède]) du livre « sur le mensonge des sciences » d’Henri-Corneille Agrippa (v. note [13], lettre 126), dont voici une traduction des premières phrases (pages 248‑251 de l’édition de Leyde, Severinus Matthæus, in‑12o) :

« Même leurs cuisiniers les appellent maintenant apothicaires et pharmaciens, quorum tituli remedia habent, pixdes venena {a} (comme on dit en proverbe), ou (comme chante Homère) des drogues mêlées, quantité de salutaires, et quantité de nuisibles. Ils prétendent qu’elles sont sans grand danger, mais avec elles, ils nous poussent à acheter très cher notre propre mort. En offrant l’une pour l’autre, ou en mélangeant le médicament gâté ou périmé et l’éventé, en donnant une potion mortifère pour une salvatrice, ils marchandent, pour le seul profit des officines, emplâtres, collyres, onguents, pastilles et autres drogues qu’ils ont confectionnées depuis trop longtemps, et tirées du rebut et de la putréfaction des ingrédients ; et sans savoir s’y reconnaître dans ce fatras, ils se fient à des trafiquants étrangers qui corrompent toutes choses par les fraudes et l’adultération. Je pourrais aussi exhiber ici leurs funestes discordes sur la conception des remèdes simples qu’ils utilisent, et leurs erreurs sur les noms des substances médicinales qu’ils ont mal compris et dont ils se servent de la pire manière, mais Niccolo Leoniceno {b} en a rempli tout un gros volume. »


  1. « dont l’enseigne annonce des remèdes, et dont les tiroirs sont pleins de poisons » (fragment de Sénèque transmis par Lactance).

  2. V. note [28], lettre latine 75.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 2 octobre 1657. Note 8

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(Consulté le 08.08.2020)

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