À Claude II Belin, le 20 mars 1633, note 9.
Note [9]

Guy Patin évoquait le conflit entre les jésuites et les jansénistes, qui s’allumait alors. L’auteur qui se cachait derrière Petrus Aurelius était Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran (v. note [2], lettre 94), défenseur du gallicanisme (sans encore parler de jansénisme, dont l’attachement à l’autonomie de l’Église de France à l’égard de Rome n’était qu’une facette) contre les jésuites ultramontains (c’est-à-dire défenseurs de la primauté romaine). Avait paru et paraissaient alors non pas deux, mais trois livres qui allaient faire partie des volumineuses Petri Aurelii Opera [Œuvres de Petrus Aurelius] (Paris, 1642, v. note [9], lettre 108) :

  1. Vindiciæ Censuræ Facultatis Theologiæ Parisiensis seu, Responsio dispunctoria ad libellum cui titulus Hermanni Loemelii Antverp. etc. Spongia. Cuius mendacia, contumeliæ, ignorantiæ, et hæreses novissimæ in censuram Sacræ Facultatis Theologiæ Parisiensis, adversus librum pseudonymum Danielis a Iesu de regimine Ecclesiæ Anglicanæ, cruuntur et refelluntur ad verbum, inserto ipso textu autoris. Autore Petro Aurelio Theologo,

    [Attaque de la censure de la Faculté de théologie de Paris, ou Réponse argumentée au libelle intitulé Spongia d’Hermannus Loemellius, natif d’Anvers, etc. : le texte intégral de l’auteur y est inséré, et en sont mis à nu et réfutés mot à mot les mensonges, les outrages, l’ignorance et des toutes nouvelles hérésies contenus dans la censure que la sainte Faculté de théologie de Paris a prononcée sur le livre pseudonyme de Daniel a Jesu concernant le gouvernement de l’Église d’Angleterre. {a} Par Petrus Aurelius, théologien] ; {b}

  2. Confutatio collectionis locorum, quos Iesuitæ compilarunt tanquam sibi contumeliosos et iniurios, ex defensione epistolæ Illustrissimorum et Reverendissimorum Galliæ episcoporum et censuræ sacræ theologiæ Facultatis Parisiensis, a Petro Aurelio edita,

    [Réfutation, publiée par Petrus Aurelius, de la collection de citations que les jésuites ont détournées comme étant outrageantes et injurieuses à leur encontre, tirés de la défense de la lettre des illustrissimes et révérendissimes évêques de France et de la censure de la Faculté de théologie de Paris] ; {c}

  3. Petri Aurelii Theologi Anæreticus, adversus errores et hæreses, quibus Canonicem Arausicanum, et Sacramentum Confirmationis aspercit Iacobi Sirmondi Societatis Iesu Presbyteri Antirrheticus. Ubi omnes Antirrhetici partes ad verbum refelluntur, præfixo duplici Indice, quorum in altero præcipui errores et absurditates in suas classes rediguntur ; in altero larvarum a variis scriptoribus Iesuitis indutarum varietas recensetur.

    [Anæreticus {d} du théologien Petrus Aurelius contre les erreurs et hérésies dont l’Antirrhétique de Jacques Sirmond, prêtre de la Compagnie de Jésus a éclaboussé le Canon d’Orange et le sacrement de confirmation. Où sont réfutés mot pour mot toutes les parties de l’Antirrhétique ; précédé de deux index, dont l’un ramènent à leur rang les principales erreurs et absurdités, et l’autre recense la diversité des masques dont divers écrivains jésuites se sont couverts]. {e}


    1. L’incendie avait été déclenché par deux ouvrages du jésuite anglais John Floyd (1572-1649), signés Hermannus Loemelius et Daniel a Jesu, réunis (Saint-Omer, veuve de Carolus Boscardus, 1631, in‑8o) sous le titre de :

      Hermanni Loemelii Antverpiensis Sacræ Theologiæ Licentiati, et Canonici Lectoralis Ecclesiæ Cathedr. Audomarensis Spongia, qua diluuntur Caluminæ nomine Facultatis Parisiensis impositæ libro qui inscribitur, Apologia Sanctæ Sedis Apostolicæ, circa Regimen Catholicorum Angliæ, etc. Nec non Ecclesiæ Anglicanæ Querimonia Apologetica de Censura aliquot Episcoporum Galliæ in duos libros Anglicanos etc. eiusdem Authoris.

      [L’Éponge de Hermannus Loemelius, natif d’Anvers, licencié en théologie sacrée et chanoine-lecteur de l’église cathédrale de Saint-Omer, qui lave les calomnies prononcées, au nom de la Faculté de Paris, contre le livre intitulé l’Apologie du Saint-Siège apostolique concernant le gouvernement des catholiques d’Angleterre, etc. Avec, du même auteur, une Plainte apologétique de l’Église d’Angleterre sur la Censure de quelques évêques de France contre deux livres anglais, etc.].

    2. Paris, Carolus Morellus, 1632, in‑4o.

    3. Sans lieu ni nom, 1633 , in‑8o.

    4. Hellénisme tiré d’anaïrétikôs, destructeur.

    5. Paris, sans nom, 1633, in‑8o ; la suite de la présente note explique ce titre.

Dans ses deux « Antirrhétiques » (Réfutations), le R.P. jésuite Jacques Sirmond, (v. note [7], lettre 37) fut la principale plume des jésuites qui attaquaient les thèses de Petrus Aurelius :

  1. Antirrheticus. De Canone Arausicano. Adversus Petri Aurelii Theologi Responsionem, qua eius Epistolam infirmare conatus est.

    [Antirrhétique : du Canon d’Orange ; {a} contre la Réponse du théologien Petrus Aurelius, où il a entrepris d’infirmer sa lettre] ; {b}

  2. Antirrheticus ii. De Canone Arausicano. Adversus Petris Aurelii Theologi Anærecticum, quo priorem eius Antirrheticuum oppugnare conatus est.

    [Seconde Antirrhétique : du Canon d’Orange ; contre l’Anæreticus du théologien Petrus Aurelius, lequel a entrepris d’attaquer sa première Antirrhétique]. {c}


  1. À la querelle politique du gallicanisme contre l’ultramontanisme, s’ajoutait la question cruciale de la grâce divine qui allait opposer le jansénisme à la doctrine romaine : le « Canon d’Orange » est la conclusion du concile d’Orange qui, en 529, sans approuver formellement le pélagianisme (v. notes [7], lettre 96, notule {b}, et [57] du Patiniana I‑4), avait privilégié le libre arbitre sur la prédestination.

  2. Paris, Sébastien Cramoisy, 1633, in‑8o.

  3. Ibid. et id. 1634, in‑8o.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 20 mars 1633, note 9.

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(Consulté le 30/09/2023)

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