À André Falconet, le 25 septembre 1665
Note [1]

Simonis Paulli, D. Medici Regij, ac Prælati Aarhusiensis, Commentarius de Abusu tabaci Americanorum veteri, et herbæ thee Asiaticorum in Europa novo, quæ ipsissima est Chamæleagnos Dodonæi, alias Myrtus Brabantica, Danice Porss, German. Post, Gallicè Piment Royal, Belgice Gagel dicta ; cum Figuris æneis, utensilia quædam Chinensium eaque pretiosissima repræsentatibus [Commentaires de Simon i Paulli, docteur en médecine du roi, et prélat d’Aarhus, sur l’Abus ancien du tabac [v. note [3], lettre 220] des Américains et, nouveau en Europe, du thé des Asiatiques, qui est exactement la même herbe que le Chamelæagnos de Dodonæus [Rembert Dodoens, v. note [25], lettre 1019], autrement dite Myrtus Brabantica, Porss en danois, Post en allemand, Piment Royal en français, Gagel en flamand ; avec des eaux fortes représentant certains ustensiles très précieux des Chinois] (Strasbourg, Simon Paulli fils de l’auteur, 1665, in‑4o).

L’épître dédicatoire, datée du 11 juillet 1665, est adressée aux Illustribus ac excellentissimis viris Dn. Guidoni Patino, Bellovaco, Doct. Medic. Ordinis Parisiensis, antiquioris Scholæ Medicæ decano, Anatomes ac Pharmacop. Professori Regio, nec non Dn. Joanni Baptistæ Moreau, Doc. Medic. Parisiensi, et Professori Regio, ac Xenodochii Parisiens. Primario Medico, etc. Dnis. ac amicis suis honoratissimis [très illustres et excellents hommes, M. Guy Patin, natif de Beauvaisis, docteur en médecine de la Compagnie de Paris, doyen d’âge de la Faculté de médecine (ce que Patin ne fut jamais), professeur royal d’anatomie et pharmacie, ainsi que M. Jean-Baptiste Moreau, docteur en médecine de Paris, professeur royal et premier médecin de l’Hôpital (général) de Paris, etc., ses affectionnés et très honorés maîtres] ; à l’adresse de Patin, Paulli y écrit notamment :

Hæc vestra utriusque incluta virtus, intaminatis, et ad invidiam usque fulgens honoribus, Tuus Dne. Patine mei singularis nec unquam speratus amor, quo me extraneum tanta intercapedine loci a Te sejunctum, prosequeris ; et quasi impari erga me Filiumque Cariss. Iacobum Henricum Paulli, admodum nuper Parisios advenam, benevolentia es ; insuper literæ, ipsæ Charites, quas Tibi ad calamum dictitarunt 24. Junii Styl. Nov. hujus anni ad me datæ, quibus amicitiam ambis meam, faciunt, ut, cum tantopere in iis collaudes amorem, quo antecessor Tuus jam p.m. Iohannes Riolanus, antiquior Scholæ Medicæ Parisiensis Magister, abhinc triginta et sex annis me fovit, ego totus jam Tuus, in amplexus Tuos ruam, ea fiducia, ut cum ingenti et maxima sui laude, ille me non omissus dilexerit, quam Filium Pater, quem contra ego ad urnam usque octogenarium, chari Parentis loco observavi, colui, veneratus sum : Tu ceu illius Successor, etiam in præsens ob recensitum consuetum amorem, me quem cominus complecti non possis, pie defuncti Riolani loco eminus redames. […]
Tu vero, Celeberrime Dn. Patine, cum Tua ipsius manu Lutetia ad me perscribas :
Si quid requires ex hac urbe nostra, imo vel ex tota Gallia, in eo me Tibi totum devoveo, atque omne genus officiorum polliceor, modo per Te intelligam, quid cupias ; et grato animo dicam, quod ille Romanus olim apud Tacitum ; Dii tibi Principatum, dedere, nobis obsequii gloria relicta est, etc. ut ego de Te mereri possim, non video.

[Vous m’accompagnez, M. Patin, de votre amour, qui m’est particulier et que je n’ai jamais espéré, n’étant qu’un étranger séparé de vous par une bien grande distance ; et vous êtes d’une bienveillance presque sans égale envers moi et mon très cher fils, Jakob Henrik Paulli, {a} qui fut tout récemment de passage à Paris. En outre, la lettre, que les Grâces elles-mêmes ont dictée à votre plume, que vous m’avez écrite le 24e de juin, nouveau style, de cette année, {b} où vous recherchez mon amitié, fait que moi, qui vous suis déjà entièrement acquis, je me rue dans vos bras, car vous y comblez si fort de louanges l’affection dont votre prédécesseur feu Jean Riolan, ancien maître de la Faculté de médecine de Paris, m’a gratifié voici 36 ans. Avec confiance et pour son insigne et immense mérite, il n’a pas dédaigné de m’aimer, comme un père son fils ; et moi, je l’ai vénéré, honoré, respecté en retour comme s’il était mon père, jusqu’à sa mort, à près de quatre-vingts ans, et le ferai jusqu’à la mienne ; {c} tout comme je fais maintenant aussi pour vous, son successeur, en mémoire de cet amour coutumier. Bien que la distance vous empêche de me serrer dans vos bras, vous m’aimerez tendrement de loin en retour, à la place de feu M. Riolan. (…)
C’est bien vous, très célèbre M. Patin, qui m’écriviez de Paris, ces mots de votre propre main : Si quid requires ex hac urbe nostra, imo vel ex tota Gallia, in eo me Tibi totum devoveo, atque omne genus officiorum polliceor, modo per Te intelligam, quid cupias ; et grato animo dicam, quod ille Romanus olim apud Tacitum ; Dii tibi Principatum, dedere, nobis obsequii gloria relicta est, etc. {d} Je ne vois pas ce que moi je pourrais mériter de vous].


  1. V. note [7], lettre de Thomas Bartholin, le 30 septembre 1663.

  2. Lettre latine 359, mais Paulli s’est perdu entre l’ancien (julien) et le nouveau (grégorien) styles, car Patin l’a datée du 2 juillet 1665 (grégorien, 24 juin julien). Paulli a été si honoré par cette lettre qu’il l’a aussi imprimée entièrement au début de son Quadripartitum de simplicium medicamentorum Facultatibus [Traité en quatre parties sur les Facultés des médicaments simples] (Strasbourg, 1667, v. note [1], lettre latine 468 ; pages 23‑24).

  3. Paulli, alors âgé de 62 ans, mourut en 1680.

  4. « Si vous avez besoin de quelque chose venant de cette ville et même de n’importe où en France, je m’y dévouerai tout entier pour vous, et vous promets toute sorte de services, pourvu que vous me fassiez connaître ce que vous désirez. Je pourrai alors dire avec reconnaissance comme fit jadis ce < Romain > dans Tacite : Dii tibi principatum dedere, nobis obsequii gloria relicta est [À toi, les dieux ont donné le souverain pouvoir ; à nous, il est resté la gloire d’obéir (v. note [5], lettre latine 359)]. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 25 septembre 1665. Note 1

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(Consulté le 28.09.2020)

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