Annexe : Déboires de Carolus, note 174.
Note [174]

Cette description correpond indubitablement à une insuffisance cardiaque terminale avec œdème pulmonaire {a} et hydropisie, {b} et hélas ! les dérisoires traitements qu’on lui opposait alors : oxymél, {c} casse, {d} huile d’amandes douces. {e}


  1. V. notule {g}, note [8], lettre 725, pour le cas d’infarctus du myocarde rapporté par William Harvey en 1649.

  2. V. note [8], lettre 8.

  3. V. note [24] du Traité de la Conservation de santé, chapitre iii.

  4. V. note [13], lettre 15.

  5. V. note [25], lettre 242.

L’autopsie n’a constaté aucune lésion dans les poumons, mais du « sang condensé » (condensatum cruorem) s’en écoulait à la pression. {a} La paroi aortique, outre sa dilatation, était très indurée, quasi cartilaginea, « quasi cartilagineuse ». Le cœur était ainsi décrit à la fin du § lvi (page 25) :

Hinc apertis cordis sinibus dexter inanis erat, sinister, grumis sanguinis infarciebatur, polyposis rudimentis intra columnas tendinosis radicibus insertis, a quibus haud sine laceratione divellebantur. Sinistra auricula ita coagulato sanguine replebatur, ut serositas ipsa immixta secederet. Pericardium nec flatu, nec aqua distentum erat, imo exhaustum conspeximus.

[À l’ouverture des cavités cadiaques, {b} les droites étaient vides ; les gauches étaient bourrées de grumeaux sanguins, reliquats thrombotiques qui étaient insérés entre les piliers par des racines tendineuses, dont on ne les détachait pas sans provoquer de déchirure. {c} L’oreillette gauche était si pleine de sang coagulé, que la sérosité qui y était mêlée s’en séparait. {d} Le péricarde n'était enflé ni d’air ni de liquide, nous n’y avons observé que du vide]. {e}


  1. Témoin possible d’œdème pulmonaire (alvéolaire).

  2. Oreillettes et ventricules droits et gauches.

  3. Fort bien dessinés dans la figure 1, les thrombus du ventricule gauche, solidement accrochés à sa paroi (qui est tapissée d’éminences charnues, appelées piliers) sont un témoin très sûr de nécrose (infarctus) myocardique sous-jacent.

  4. Je n’ai pas compris le sens de la dernière proposition, mais la présence d’un thrombus dans l’oreillette gauche est le témoin d’une fibrillation atriale, responsable de palpitations (v. notes [5] du Observation viii contre les us et abus des apothicaires et note [12], notule {g}, lettre 725).

  5. État normal du péricarde.

Il est raisonnable aujourd’hui de conclure que Charles Patin n’est pas mort de son anévrisme aortique, mais d’une insuffisance cardiaque grave due à une fibrillation auriculaire et surtout à un large infarctus du myocarde. L’autopsie n’a pas décrit les artères coronaires, mais elles devaient être atteintes soit d’une athérosclérose (v. note [7], lettre 610), soit d’une coronarite (inflammation coronaire) syphilitique ; mais l’absence de douleurs thoraciques (angine de poitrine) est surprenante. Ce diagnostic n’est en rien incompatible avec celui d’une hypothyroïdie préexistante (v. supra note [166]).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Déboires de Carolus, note 174.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8010&cln=174

(Consulté le 15/04/2024)

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