À André Falconet, le 31 juillet 1669
Note [2]

« Antoine Richelieu, vulgairement appelé le moine, etc. »

Voici, au sujet du siège et de la prise d’Amboise, le passage de l’Histoire de mon temps (v. note [4], lettre 13) sur Antoine du Plessis (Thou a, tome ii, livre xxiv, pages 103, année 1560, règne de François ii), qui aurait valu à son auteur, Jacques-Auguste i de Thou, la haine de Richelieu allant jusqu’à faire exécuter son fils aîné, François-Auguste de Thou (v. note [13], lettre 72) :

« Le prince de Condé {a} qui était dans le château {b} fut arrêté par le commandement du roi, {c} et l’on lui défendit de sortir de la cour sans sa permission, ce qu’il dissimula {d} avec beaucoup de prudence. L’on établit alors une nouvelle garde de mousquetaires à cheval, dont on donna le commandement à Antoine du Plessis de Richelieu, vulgairement appelé le moine, parce qu’il en avait fait autrefois la profession, mais depuis ayant renoncé à son vœu, il s’était abandonné à la licence et à la débauche. Cet établissement fut fait par les princes de Guise, comme sujets passionnés pour la conservation du prince, mais plusieurs estimèrent que c’était pour leur sûreté. Puis l’on commença à informer contre ceux qui étaient en prison, mais l’on précipita le jugement et le supplice de plusieurs, les uns ayant été pendus de nuit aux créneaux du château, et les autres ayant été noyés, parce que leur vue pouvait faire impression sur les esprits. L’on en fit aussi mourir beaucoup de jour à la manière accoutumée, mais sans écriteau ni sans que le bourreau fît aucun cri ; et enfin, sans dire les noms des condamnés. De sorte que la rivière était toute couverte de corps morts, les rues de la ville pleines de sang et les places remplies de gibets. Les chefs furent réservés les derniers, afin de tirer d’eux par la force des tourments le nom de leurs complices »


  1. Louis ier de Condé.

  2. D’Amboise.

  3. François ii.

  4. Iignora.

V. note [13], lettre 113, pour Godefroi de Barry, seigneur de La Renaudie, et la conspiration d’Amboise.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 31 juillet 1669. Note 2

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(Consulté le 22.11.2019)

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