À Charles Spon, le 6 janvier 1654
Note [33]

Étienne Bachot (52e sur la liste des signeurs de l’antimoine) : Ad christianissimum Francorum et Navarræ regem Ludovicum xiv a Deo datum, felicem, invictum, clementem, post civicos tumultus Lutetiam feliciter reversus, Panegyricus gratulatorius [Panégyrique de félicitation à Louis xiv, roi très-chrétien de France et de Navarre, Dieudonné, heureux, invaincu, clément, très heureusement de retour à Paris après la guerre civile] (Paris, Rémi Sourbet, 1652, 48 pages in‑fo), dédié à la reine Christine de Suède (privilège daté du 18 mai 1652). Ce livre s’ouvre sur un portrait de la reine Christine avec ces quatre vers :

« Cette princesse est le modèle
Des vertus en leur plus haut point.
Il n’en sera jamais comme elle,
Comme autrefois il n’en fut point. »

La longue épître dédicatoire est intitulée Serenissimæ Chrsitinæ Suecorum reginæ incomparabili Αφθαρσιαν [Immortalité à la sérénissime Christine, incomparable reine des Suèdois]. Le latin en est médiocre, mais le regard d’un lecteur de Guy Patin s’y pose sur ce passage :

Narrant sacri codices Salomonis sapientiam Reginam Sabæ ex dissitissimis terræ partibus excivisse, tanti hominis invisendi studio. Ah ! Quot Salomones stupendæ tuæ virtutis amore ducti certatim ad te confluerent, si quantum votis velocibus, tantum liceret et corporis tarditati. Sed te vel nostris negatam oculis colere non destitimus, et quam hic non datur in cute, nos in ære veneramur exculptam. Testari possunt viri clarissimi MM. Guido Patinus et Iacobus Mentelius, nostræ Scholæ non inceleberes Medici, me sacram tuam imaginem, quam uterque veluti singulare μνημοσυωον servat, non tantum oculis sed etiam osculis pluries excepisse.

[Les écritures sacrées racontent que la sagesse de Salomon fit venir la reine de Saba depuis les parties les plus éloignées de la Terre, par ardeur de voir un si grand homme. Ah ! combien de Salomons sont venus vers vous en foule, mus à l’envi par la passion de votre stupéfiante vertu, autant que le leur permettaient et la rapidité de leurs désirs, et la lenteur de leurs pas. Mais nous ne laissons pas de vous honorer, vous qui échappez à nos yeux et qui ne venez pas ici en personne, mais dont nous révérons le portrait gravé. MM. Guy Patin et Jacques Mentel, hommes très distingués, célèbres médecins de notre École, peuvent témoigner que j’ai couvé non seulement de mes yeux, mais aussi de mes baisers, votre image sacrée, que tous deux conservent aussi dans l’intimité de leurs cabinets].

Originaire de Sens, Bachot avait été reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en 1649. Guy Patin le faisait ici naître en 1607 ou 1608 ; les dates de ses nombreux écrits indiquent qu’il mourut vers 1688 ; et certains de leurs titres, qu’il était, comme Patin, un chaud partisan de la saignée. Ami de Gomberville, de Ménage et de Bensérade, Bachot écrivit un grand nombre de pièces latines joliment tournées (M. in Panckoucke et Jestaz).

V. notule {b}, note [9] de la lettre de Julien Bineteau, le 8 octobre 1651, pour l’Apologie de la saignée (Paris, 1646), que Bachot a publiée tandis qu’il n’était encore que bachelier de la Faculté de médecine de Paris (mais déjà âgé d’environ 38 ans).

En novembre 1651, le doyen Patin avait imposé le silence à Bachot qui défendait l’antimoine en disputant dans une thèse sur la purgation (v. note [9] des Actes de 1651‑1652 dans les Commentaires de la Faculté de médecine).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 6 janvier 1654. Note 33

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0336&cln=33

(Consulté le 25.11.2020)

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