Annexe : L’ultime procès de Théophraste Renaudot contre la Faculté de médecine de Paris, perdu le 1er mars 1644
Note [38]

V. supra note [23], pour le tronc que Théophraste Renaudot avait installé pour recevoir les aumônes destinées aux pauvres qu’il soignait en son Bureau d’adresse. En réplique aux siennes, la Compagnie des docteurs régents de Paris avait institué, en 1639, des consultations charitables de la Faculté. L’article i des Statuta F.M.P. (1660, pages 8‑10) énonce que Res Sacra, loco, more, diebus, horisque solitis peragatur [La messe soit célébrée au lieu, en la manière, au jour et à l’heure accoutumés], avec ce commentaire :

Singulis diebus Sabbathi (excepto Vacationum præstituto tempore ex Statutorum art. 17o quod excurrit a 4o Kal. Iulias, ad Idus Septembres) solenne fuerat hora septima Sacra fieri. Verum Decreto Facultatis lato die Sabbathi 26a Martii 1639. Decano M. Simone Bazin serius illa celebrari cœpta ; quod tum primum Quatuor Doctores sub Nonam accedentibus Pauperibus Ægris Medica consilia scripto daturi, dictis diebus in Scholas superiores convenire juberentur. Verum Ampliatis ejusmodi Pietatis Officiis, cum sex Doctores, tres scilicet Majoris et totidem Minoris Ordinis huic hebdomadario muneri præfecti fuissent, et ex Decreto sancito die Lunæ 7a Martii 1644. Decano M. Michaele de la Vigne hora decima ad Meridianam constituta, quod id commodius fieret, Sacris peragendis Hora Nona omnium sententiis destinata.

[La messe devait être célébrée tous les samedis à sept heures (hors la période fixée pour les vacances par l’art. xvii des statuts, qui va du 28 juin au 13 septembre) ; {a} mais on s’est mis à la célébrer plus tard à la suite du décret de la Faculté prononcé le samedi 26 mars 1639 par M. le doyen Simon Bazin : auxdits jours en effet, quatre docteurs recevraient dès lors l’ordre de venir dans les hautes salles des Écoles pour donner des consultations médicales écrites aux indigents malades qui se présenteraient avant neuf heures ; néanmoins, ces offices de charité ayant pris de l’importance, ce furent six docteurs, trois anciens du grand banc et autant de jeunes du petit banc, {b} qui durent être préposés à ce service hebdomadaire ; et conformément au décret prononcé le lundi 7 mars 1644 par M. le doyen Michel de La Vigne, {c} avec l’assentiment de tous, l’heure de la messe, qui était fixée à neuf heures, a été reportée à dix heures jusqu’à midi].


  1. V. note [2], lettre 39.

  2. V. note [20], lettre 17.

  3. À la suite de l’arrêt du Parlement daté du premier du même mois (v. note [56], lettre 101).

Des affiches de la Faculté de médecine de Paris ont fait connaître ces consultations au public.

  • « Extrait des registres de la Faculté de médecine de Paris, le 27 mars 1639. Les doyen et docteurs de la Faculté de médecine font savoir à tous les malades et affligés de quelque maladie que ce soit qu’ils se pourront trouver à leur Collège, rue de la Bûcherie, {a} tous les samedis de chacune semaine pour être visités charitablement par les médecins députés à ce faire, lesquels se trouveront audit Collège, et ce depuis les dix heures du matin jusqu’à midi, pour leur donner avis et conseil sur leurs maladies, et ordonner remèdes convenables pour leur soulagement. Signé Bazin, doyen. »


    1. V. note [14] des Décrets et assemblées de 1650‑1651 dans les Commentaires de la Faculté de médecine de Paris.

  • La Faculté avait placardé une autre affiche le jour de Pâques 1641, « ensuite des injures publiées contre ma charité le vendredi saint précédent » (Théophraste Renaudot, Réponse… 1641, pages 21‑22) :

    « Jesus Maria : La charité catholique des docteurs en médecine de la Faculté de Paris pour les pauvres malades. Après la messe dévotement célébrée et récitation des litanies de la très sacrée Vierge Marie Mère de Dieu, et l’invocation des saints et saintes qui de profession et de charité ont de leur vivant exercé et pratiqué la médecine, laquelle sainte messe est chantée tous les samedis, et lesdites litanies et prières le seront désormais en la chapelle de ladite Faculté à dix heures du matin. Tous les pauvres malades sont avertis et conviés de la part du doyen et docteurs de ladite Faculté de se trouver depuis dix heures du matin jusqu’à midi, chaque samedi, en la salle haute du Collège de médecine, rue de la Bûcherie près la place Maubert, pour être visités et considérés par les docteurs députés à cet effet qui, selon la charité accoutumée et ordonnée par décret de ladite Faculté, consulteront pour tous les pauvres malades quels qu’ils soient et de quelconque ville, lieu, pays qu’ils viennent, de toute espèce de maladie qu’ils aient ; et donneront auxdits pauvres leur consultation et ordonnance de régime, et remèdes propres et convenables par écrit ; et même leur fourniront et distribueront, selon leur pouvoir et petit moyen de la Faculté, des médicaments, drogues et compositions nécessaires, bien et fidèlement préparées ; le tout saintement et consciencieusement, pour la plus grande gloire de Dieu, et le secours et soulagement du public, et de tous pauvres affligés de maladies. Ainsi conclu et arrêté par décret des doyen et docteurs de ladite Faculté. Signé Guillaume Du Val, doyen, 1641. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : L’ultime procès de Théophraste Renaudot contre la Faculté de médecine de Paris, perdu le 1er mars 1644. Note 38

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(Consulté le 25.09.2021)

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