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Commentaires de la Faculté rédigés par le doyen Guy Patin (1650-1652) : 2b. Novembre 1650-novembre 1651, Décrets et assemblées de la Faculté de médecine  >

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[BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 446 ro | LAT | IMG]

Le samedi 12e de novembre 1650[1] après la messe, Maître Robert Patin, licencié de médecine, [2] fils du doyen, a humblement prié la Faculté de l’autoriser à disputer les actes de vespérie et de doctorat. [3][4] Maître Jacques Gamare [5] l’a aussi priée de pouvoir enseigner la chirurgie en son domicile du faubourg Saint-Honoré. [1][6][7] La Faculté a donné une suite favorable à ces deux requêtes.

Le lundi 19e de décembre 1650, Maître Jean de Bourges, [8] licencié de médecine, a humblement prié la Faculté de l’autoriser à disputer les actes de vespérie et de doctorat et la Faculté a acquiescé à sa demande.

Le lundi 30e de janvier 1651, dans les salles hautes de l’École, Maître Jean Piètre, [9] précédent doyen, a présenté les comptes de sa seconde année de décanat et la Faculté les a approuvés en tous points. Elle lui doit la somme de 440 livres tournois, 9 sols et 11 deniers, que je lui ai remise et dont je conserve le reçu par devers moi. En honoraire, la Faculté lui a accordé 150 livres tournois, et 4 livres à chacun des docteurs. [2]

Le même jour, avant que Maître Jean Piètre, précédent doyen, [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 446 vo | LAT | IMG] eût présenté ses comptes à la Faculté,

  • Maître François Boujonnier [10] a humblement demandé à la Faculté la permission de se décharger du professorat de physiologie sur Maître Claude Perrault [11] l’hiver prochain. [3][12]

  • J’ai aussi présenté et lu à la Faculté la requête que la veuve de Maître François < sic > Robillart, [13] notre défunt collègue, m’a remise : elle y demandait à la Compagnie des médecins de Paris de bien vouloir considérer son dénûment, et de lui concéder la somme de 600 livres tournois, tirée du trésor de notre Faculté, qui pourrait la délivrer du procès dont son apparenté, Maître Jean Bourgeois, [14] docteur en médecine de Paris, la tourmentait et la persécutait. [4]

  • Je me suis aussi occupé des cierges à offrir aux grands du royaume pour la fête de la Purification de la Vierge Marie ; la Faculté entend qu’ils soient tous deux distribués selon la coutume ordinaire. [5][15]

Sur ces trois articles, la très salubre Faculté a :

  1. agréé la requête de Maître François Boujonnier et approuvé le choix de Maître Claude Perrault, très sage et savant docteur en médecine, entre les mains de qui elle a transféré la charge d’enseigner la physiologie l’hiver prochain ;

  2. remis à l’avis d’une prochaine assemblée générale la requête émise par la veuve de Maître Fr. < sic > Robillart, en raison de la maigreur et pauvreté de notre trésor ;

  3. décidé que les cierges seront distribués suivant la coutume ordinaire, [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 447 ro | LAT | IMG] pour être remis aux grands seigneurs de la cour, et aux premiers et éminents personnages du Parlement et de la Ville de Paris, par cinq de nos bacheliers ; revêtus de leur toge et coiffés de leur bonnet, ils se rendront au domicile de chacun d’entre eux, au nom de la très salubre Faculté.

En cette présente année 1651, il est néanmoins à remarquer que ne s’est pas tenue l’assemblée coutumière de la Faculté spécialement dévolue à la distribution des cierges pour la Purification de la sainte mère de Dieu : elle a été reportée à ce dit jour où le très éminent Maître Jean Piètre allait rendre les comptes de sa seconde année de décanat ; et il n’a pas été possible de faire autrement en raison de la crue de la Seine qui inonde la ville de Paris, si inouïe que nul n’en a jamais vu de telle ni même entendu parler. [16] Elle a entièrement envahi les basses salles de nos Écoles d’une énorme quantité d’eau et de boue, en en interdisait l’accès à quiconque et empêchant même de venir dans notre quartier, dit de la Bûcherie[6] hormis en barque ou en bateau ; tant et si bien que les habitants, stupéfaits d’un si grand et si surprenant cataclysme, restaient chez eux, prêts à s’enfuir pour ne pas périr misérablement sous les eaux, bloqués dans leurs propres maisons, si un tel déluge venait à s’enfler dans les prochains jours. La même chose s’est produite dans toute la France et même en toute l’Europe, comme il arriva jadis au temps fort malheureux de Deucalion et Pyrrha. [7][17]

[BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 447 vo | LAT | IMG]

Le mercredi 1er de février 1651, suivant la louable coutume de notre École, nos bacheliers sont allés porter des cierges chez les très illustres seigneurs du Parlement et de la Ville.

Le même jour et le lendemain, jour de la Purification de la Vierge Marie, avec deux de mes collègues, Maître Paul Courtois, [18] censeur, et Maître Robert Patin, [19] j’ai accompagné Maître Jean Courtin, très éminent recteur de l’Université de Paris, natif d’Auvergne, licencié en théologie sacrée, [8][20][21] chez les princes et grands seigneurs, à savoir : le sérénissime duc Gaston d’Orléans, [22] fils d’Henri le Grand [23] et oncle du roi très-chrétien ; la reine d’Angleterre, [24] qui demeure dans le palais du Louvre ; [25] le très illustre M. de Châteauneuf, garde du sceau royal. [26]

Le lendemain, 2e de février, nous sommes allés voir le roi très-chrétien en personne, Louis xiv[27] son frère unique, Monsieur le duc d’Anjou, [28] la sérénissime reine régente Anne d’Autriche, [29] leur mère, et enfin Son Éminence le cardinal Jules {Cés} Mazarin, [30] principal ministre du royaume de France qui jouit de la faveur du moment et d’un grand ascendant sur la reine. [9]

[BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 448 ro | LAT | IMG]

Le dimanche 26e de mars 1651, la veuve de M. Robillart m’est venue voir ; elle m’a réclamé son billet de requête, dont il a été question plus haut, [4] et demandé de ne plus la soumettre aux assemblées de la Compagnie, suspectant de ne plus rien avoir à attendre de nous, en ces temps très rudes et difficiles, en raison de notre pénurie d’argent.

En ce premier hiver de mon décanat, c’est-à-dire depuis la Saint-Martin jusqu’aux Pâques de 1651, [10] trois anatomies [31] publiques ont été exécutées et présentées dans l’amphithéâtre de nos Écoles : [32] la première, sous la direction de Maître Gilbert Puilon, [33] professeur de physiologie ; la deuxième, sous celle de Maître Germain Préaux, [34] docteur de chirurgie ; [11][35] la troisième, qui fut celle d’un cadavre féminin, sous celle de Maître Jean de Bourges, [36] lecteur de pathologie. [37] Durant la même période, plusieurs dissections privées ont aussi été pratiquées, au domicile de docteurs de médecine qui expliquaient la chirurgie aux apprentis du métier. [1] On y a remarqué celle d’un assassin appartenant à la bande des pendards qui avaient attaqué de nuit le carrosse du prince sérénissime, le duc de Beaufort, [38] fils cadet du seigneur duc de Vendôme, [39] et tué d’un coup d’escopette un gentilhomme qui s’y tenait assis. Le cadavre de cet assassin, dont les membres avaient été brisés sur la roue [12][40] en expiation de son grand crime, fut délivré par le lieutenant aux exécutions capitales, avec, comme c’est la règle, l’agrément de Maître Guy Patin, doyen de la Faculté de médecine, à Maître Pierre Régnier, [41] docteur en médecine et professeur privé de chirurgie, pour l’employer à accomplir et démontrer les opérations chirurgicales à l’intention de ses auditeurs. [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 448 vo | LAT | IMG] Il s’y est rencontré une chose fort admirable, dont la nouveauté a provoqué l’étonnement de la ville la plus peuplée du royaume : de fait, le foie et la rate y étaient l’un à la place de l’autre ; [42] le premier se tenait dans l’hypocondre gauche et la seconde, dans le droit ; [43] tout comme chacun des vaisseaux accompagnant la substance desdits viscères ; et ce aussi bien dans l’abdomen que dans le thorax, où la pointe du cœur était dirigée vers la droite, au contraire de ce qui existe chez les autres. D’innombrables citoyens, frappés et stupéfaits par cette curieuse découverte, ont examiné de leurs propres yeux cette inversion, que j’ai moi-même, en tant que doyen, inspectée attentivement, et sur laquelle un témoin oculaire, Me Jean Riolan, docteur en médecine de Paris, professeur royal d’anatomie et ancien des Écoles, [44] homme éminent, a écrit un traité érudit. Voyez les Opuscula Anatomica varia et nova [45] édités à Paris chez Gaspard Meturas [46] en 1652, 2e partie, page 117, sous ce titre : Disquisitio de transpositione partium naturalium et vitalium in corpore humano[13] Que quiconque désireux de connaître la véritable et fidèle histoire d’une observation aussi singulière consulte son livre.

Le mercredi 26e d’avril 1651, la très salubre Faculté, réunie sur convocation écrite individuelle portée par le bedeau, [47] a écouté le doyen à propos de la reconstruction de nos bâtiments au moyen de l’argent jadis procuré par notre très illustre protecteur, Michel Le Masle, seigneur des Roches, chanoine de Paris. [14][48][49] L’assemblée a donné son accord pour que ce projet, [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 449 ro | LAT | IMG] que certains doyens avaient précédemment abandonné et comme délaissé en raison de la difficulté des temps, soit repris et rétabli. Le doyen convoquera donc des architectes et divers autres entrepreneurs de construction pour débattre de cette délicate affaire, avec quelques docteurs choisis dans notre Compagnie. Ensuite, le doyen en référera à la Faculté lors d’autres de ses assemblées.

Le même jour, il a été une première fois décrété de rappeler à l’attention des docteurs, mais sans bien sûr leur faire encourir de punition, l’office de piété chrétienne qui a lieu chaque samedi car, par excessive négligence, ils manquent à cette pieuse obligation, s’acquittant fort mal du service qu’au nom de la religion ils doivent rendre aux pauvres. [15][50][51] Enfin, il convient de donner tant soit peu satisfaction au cabaretier qui occupe les salles basses de l’École : il demande que sa cave à vin soit mise à l’abri de la pluie et qu’on prenne en compte la propreté de ce genre de lieux dont il entend que le soin soit de la compétence du doyen. [52] Le doyen et tous les docteurs ont donné leur approbation sur tous ces sujets.

Le mardi 2e de mai 1651, en assemblée ordinaire, la Faculté, ayant écouté pour la seconde fois le rapport du doyen, a décidé qu’il convenait d’agir pour la restauration des bâtiments, en confirmant l’avis prononcé sur ce sujet la semaine passée et enjoignant au doyen d’inviter, lors de la prochaine assemblée [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 449 vo | LAT | IMG] (qui sera la troisième sur ce sujet), quelques architectes, Villedo, Messier, ou d’autres, [16][53][54] avec qui le doyen et certains docteurs choisis pourront discuter ce projet. On a aussi parlé des docteurs qui consultent en compagnie des médecins étrangers. [17][55] Là-dessus, ayant entendu la plainte de Maître Antoine Charpentier [56] et le rapport de Maître Paul Courtois, censeur, la Faculté a enjoint au doyen d’ordonner au premier appariteur [57] de faire venir Maître Pierre Le Mercier, docteur en médecine, [58] à la prochaine assemblée, afin qu’il soit entendu sur le litige qui l’oppose audit Maître Paul Courtois, censeur, sous condition que ce dernier y assiste aussi : il apportera et nous montrera les papiers pouvant appuyer l’accusation qu’il porte contre la personne de P. Le Mercier, que le doyen pourra réprimander en présence de la Faculté. Ainsi, Guy Patin, doyen, en a-t-il conclu sur tous ces sujets.

Le lundi 8e de mai 1651, réunie sur convocation particulière, la Faculté a statué que :

  1. nos bâtiments doivent être reconstruits et que, dès la prochaine assemblée, soient choisis et désignés ceux de nos docteurs qui accompagneront le doyen pour en discuter avec les architectes et qui en référeront ensuite à la Faculté ; [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 450 ro | LAT | IMG]

  2. les barbiers chirurgiens [59] qui sollicitent l’attention et l’intervention de la très salubre Faculté, par la bouche de son doyen, contre le grand prévôt de l’Hôtel[18][60] assisteront en personne à la prochaine assemblée pour présenter leur requête à la Faculté, ainsi que leurs preuves écrites ; d’où la Faculté pourra voir s’ils étaient bien convenus avec ledit grand prévôt de l’Hôtel que les chirurgiens ne devaient dorénavant plus porter ce titre sans que la corporation des chirurgiens barbiers jurés ait pu les interroger préalablement ;

  3. Maître Pierre Le Mercier sera entendu à la fin de la réunion et le doyen devra l’exhorter publiquement à être désormais plus raisonnable et à se comporter plus honorablement, comme il convient à un docteur en médecine de Paris, à se mêler moins souvent à des querelles de cabaret, etc. ;

  4. ayant entendu la plainte du très éminent Maître Jacques Perreau, [61] dès sa prochaine assemblée générale, régulièrement convoquée, [19] la Faculté s’engagera à admonester et blâmer sévèrement ceux qui consultent en compagnie de médecins étrangers ou d’individus pratiquant illégalement la médecine.

À la fin de la réunion, quand Maître Le Mercier a été appelé pour être publiquement réprimandé par le doyen, devant toute la Compagnie, on s’est rendu compte qu’il était déjà parti. La Faculté a pris cela en fort mauvaise part et profondément désapprouvé sa conduite : ne devant plus s’attendre à de la complaisance, il méritait une très lourde peine. En conséquence, elle a réitéré sa décision de le punir, mais plus durement : il doit être dépouillé de tous les privilèges, droits et émoluments de l’École (et ce à compter de ce jour même, lundi 8e de mai) ; [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 450 vo | LAT | IMG] la présente sanction doit lui être et lui a depuis été signifiée par le bedeau. Ainsi le doyen en a-t-il conclu sur tous ces sujets.

Le vendredi 12e de mai 1651, la Faculté régulièrement convoquée a décidé :

  1. que le doyen applique le décret contre ceux qui entreprendront des consultations en compagnie de médecins étrangers et d’individus pratiquant illégalement la médecine, tels ceux dont les noms suivent : Vallot, [62] Moussin, [63] Vézou, [64] Bloire, [65] Madelain, [66] et autres personnages de même farine. [20] Ledit décret doit être imprimé et envoyé en deux exemplaires à chaque docteur, afin que, dès lors, tous et chacun d’entre eux comprennent que s’ils font autrement, ils seront punis, et perdront les honneurs, privilèges et émoluments de l’École.

  2. La très salubre Faculté a pris en considération la supplication de Maître Pierre Le Petit pour la condamnation qu’elle lui a infligée lors de la précédente séance ; elle lui a pardonné la faute qu’il a commise, sous condition qu’il soit désormais plus sage, et l’a intégralement rétabli dans sa précédente dignité.

  3. Elle a accepté de donner son appui à la réclamation des barbiers chirurgiens devant le Grand Conseil contre un candidat à la maîtrise de chirurgie, dénommé Gorgeret, [67] afin que, suivant la règle, il soit strictement examiné par quatre chirurgiens jurés, dans leur salle de réunion, en présence du doyen de la Faculté et de deux docteurs qu’il aura choisis. [21][68] [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 451 ro | LAT | IMG] (Il est à remarquer que ces quatre chirurgiens barbiers jurés, pour obtenir de notre Faculté la faveur de son intervention, sont venus dans les salles hautes de nos Écoles, qu’ils nous ont fait leur supplication tête nue et ont obtenu de nous le décret faisant voir que nous approuvons la légitimité de leur requête). [69]

  4. Il a fallu choisir quelques-uns de nos collègues pour s’occuper, avec le doyen et le censeur, de la reconstruction de nos bâtiments et pour procéder aux auditions des architectes ; à cette fin ont été désignés MM. Barralis, [70] Charpentier, Cornuti, [71] Thévart, [72] Blondel, [73] Joncquet [74] et de Saint-Yon. [22][75]

Ainsi le doyen en a-t-il conclu sur tous ces sujets.

Suit le texte du décret qui a été porté le 12e de mai 1651, puis imprimé et distribué à tous les docteurs, suivant la décision de la Compagnie.

« Décret de la très salubre Faculté de médecine de Paris, interdisant à ses docteurs de consulter en compagnie des étrangers et de ceux qui pratiquent illégalement la médecine. [76]

L’an mille six cent cinquante et unième suivant la naissance du Seigneur, le vendredi 12e de mai, sur convocation régulière de tous les docteurs du Collège des médecins de Paris, l’assemblée a examiné la plainte de Maître Jacques Perreau, naguère son doyen, contre certains médecins de l’École, sans nul respect des règlements, décrets et statuts les prévenant de ne jamais consulter en compagnie d’empiriques [77] ou de médecins que le Collège des médecins de Paris n’a pas approuvés, ainsi [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 451 vo | LAT | IMG] qu’ils s’y sont ouvertement et publiquement engagés par serment quand chacun d’eux a reçu le diplôme doctoral de Paris. [23] Cependant, à la manière de ceux qui n’ont juré qu’avec leur langue, ils se comportent comme s’ils n’y avaient pas engagé leur conscience : ils n’hésitent pas à violer cette sacro-sainte loi de leur Ordre en acceptant, sans aucun scrupule, de consulter à toute occasion avec médecins de rencontre, itinérants et étrangers. N’étant pas moins au service du salut public de tous ses concitoyens qu’à celui de ses quelques élèves, mue par le souci de maintenir unis ceux qui en sont issus, la Faculté entend intégralement restaurer l’ancien état de ses règlements, lois et statuts, tels qu’ils ont été ratifiés par le très auguste Parlement de France. Par consentement unanime, elle défend et interdit dorénavant à tout docteur en médecine de Paris d’exercer sa pratique et de consulter, que ce soit chez les malades ou n’importe où ailleurs, en compagnie de médecins autres que ceux qui ont obtenu leur grade de doctorat ou de licence dans cette École de médecine, ou ceux qui ont été régulièrement agrégés à leur Collège, ou ceux qui ont été inscrits comme médecins du roi dans le catalogue des membres de la Maison royale et qui sont au service effectif du roi très-chrétien. Ce décret condamne quiconque l’aura enfreint à la radiation sans appel de tous les honneurs, privilèges et grades conférés par la Faculté, aussitôt qu’auront été recueillis les témoignages de deux hommes de bien, dont l’honnêteté et la bonne foi n’auront pu être mises en doute, et une fois les faits clairement établis. S’il en est capable, le contrevenant remboursera les émoluments et toute autre somme d’argent [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 452 ro | LAT | IMG] que la Faculté verse à chacun de ses docteurs ; sinon, le décret veut que le doyen lui reprenne tout ce qui lui revient, sans pouvoir l’absoudre de sa dette. [24] Jadis déjà prononcé plus d’une fois, ce décret est à présent simplement renouvelé ; et afin que son ignorance ne puisse dorénavant servir d’excuse à personne, le doyen décide qu’il soit imprimé sans délai, et que les appariteurs le portent et distribuent individuellement à chacun des membres de la Compagnie, tant docteurs que licenciés. Arrêté dans les hautes salles des Écoles médicales de l’Université de Paris, sous le sceau de la Faculté à la date ci-dessus spécifiée.

Guy Patin, doyen. »

Le mercredi 31e de mai 1651, convoqués par le doyen à deux heures de l’après-midi, tous les docteurs susnommés, choisis à cet effet, [22] sont venus aux Écoles après avoir discuté avec le dénommé Villedo, architecte de haute réputation ; il se charge de nous apporter ici même, sous huitaine, un nouveau plan et projet de construction (qui est ce qu’on appelle en français un dessein de bâtir).

Le mercredi 7e de juin 1651, ledit Villedo, architecte, est revenu aux Écoles, avec les docteurs susnommés ; à tous, il a démontré que nos bâtiments ne doivent pas être restaurés, comme quelques-uns l’affirmaient, mais entièrement rasés. Après avoir écouté ses explications, tous se sont rangés à son avis et, avec leur accord unanime, il m’a laissé une copie de son projet pour que je le montre à notre Faculté [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 452 vo | LAT | IMG] et le lui explique. Après qu’elle aura décidé de reconstruire nos bâtiments de la manière que M. Villedo a indiquée, il en dessinera le plan précis ; nous proposerons ensuite à d’autres architectes de l’examiner afin d’être certains que nul ne veut effectuer nos travaux à moindre prix.

Le lundi 12e de juin 1651, à deux heures de l’après-midi, la Faculté, régulièrement réunie par convocation individuelle portée par le bedeau, s’est prononcée comme suit sur les quatre articles que lui a proposés le doyen.

  • <1.> L’architecte Villedo doit être prié d’établir son grand inventaire, qu’on appelle devis en français, pour la reconstruction de nos bâtiments, et de le remettre au doyen afin qu’il le montre à d’autres architectes et recueille leurs avis.

  • La plainte de Maître Paul Courtois, censeur, a été jugée parfaitement légitime sur les deux articles qui suivent.

    • <2.> Dès la prochaine assemblée générale de la Faculté, à laquelle le doyen convoquera tous les docteurs, par ordre écrit signé du sceau apposé par sa propre main, ils promettront et jureront par nouveau serment, entre les mains du doyen, d’observer scrupuleusement et exactement le décret que la Faculté [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 453 ro | LAT | IMG] a prononcé le 12e de mai dernier, et qui a été imprimé et distribué individuellement à chacun d’eux, leur interdisant toute consultation médicale avec des empiriques et autres individus exerçant illégalement la médecine ; il convient aussi de leur rappeler que s’ils font autrement, ils seront châtiés sans pouvoir récuser la punition assignée par le décret.

    • <3.> Aucun docteur particulier, pas même le doyen en personne, ne peut se permettre, sans avoir consulté la Faculté, de remettre à quelque étudiant en médecine que ce soit des lettres attestant de son savoir ou de sa capacité à exercer la médecine, car ce pouvoir appartient en propre aux docteurs de la Compagnie et non à l’un d’entre eux pris isolément. Nous lisons dans nos commentaires que le très éminent Maître Jean Fernel [78] a fermement et légitimement déploré cet abus en l’an 1554, sous le décanat de Maître Christophe Baudouyn, natif d’Amiens. [25][79][80] La Faculté a aussi interdit à tout docteur d’approuver un quelconque livre sans avoir consulté la Compagnie, et ce quel qu’en soit l’auteur. Elle en a statué et décrété pareillement pour les remèdes parce que, quotidiennement, se présentent des vagabonds et des charlatans [81] qui réclament notre approbation de leurs baumes, [82] onguents, [83] pilules, [84] fumigations, [85] sirops [86] et opiates [87] contre la peste ou autres maladies, pour en faire autant de fraudes et de duperies abusant le petit peuple, que les promesses [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 453 vo | LAT | IMG] de ces vauriens trompent avec excessive facilité. Sur ce point de n’approuver ni livres, ni remèdes, ni philiatres, le doyen doit prononcer un décret qui sera imprimé, puis que le bedeau distribuera individuellement à tous les docteurs afin qu’aucun de ceux qui l’enfreindront ne pourra prétendre l’ignorer.

  • <4.> En ouverture de cette assemblée, le doyen avait présenté la requête de Maître Jean Mulot, [88] docteur de Sorbonne et doyen de la Faculté de théologie, [26][89] dont suit la transcription.

    « À Monsieur le très digne doyen et aux très sages maîtres et docteurs de la très salubre Faculté de médecine de Paris.

    Nul, je pense, n’accusera le vieillard que je suis de ne pas venir vous voir en personne car, bien que ma volonté demeure vive et résolue, mon âge avancé me permet à peine de sortir de chez moi. Néanmoins, vous ne recevrez pas ma lettre avec moins de bienveillance que vous n’auriez accueilli le discours que j’eusse dû prononcer devant vous, étant donné que je prends part aux intérêts communs de votre Compagnie et de la nôtre : je ne compterais pas sur la sollicitude et sur l’attention que vous prêteriez à notre Faculté si je ne les suscitais que pour le seul profit des théologiens. Récemment et [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 454 ro | LAT | IMG] sans que nous nous attendions à rien de pareil, le très éminent censeur de l’Université l’a réunie pour désigner son procureur fiscal ; [27][90] mais la conspiration d’un petit nombre a fait que nous n’avons pu avoir qu’un procureur du plus humble banc de l’Université, car il est issu de la Faculté des arts. [28] Cela fut arrêté fort précipitamment, contre la règle et l’équité, et sans égard pour la dignité des compagnies supérieures. Je pense que vous l’avez déjà appris et en êtes marris. De fait, il eût fallu nous prévenir bien à l’avance, et avec tout le sérieux requis, qu’il s’agissait de statuer sur une affaire touchant de si près aux intérêts de toutes les facultés ; mais, pour nous priver du temps requis pour nous concerter, nous n’avons été convoqués que la veille de cette réunion, comme furtivement et à la dérobée. En outre, les votes et suffrages des anciens procureurs des quatre nations [91] ont participé à la désignation du nouveau procureur fiscal de l’Université, au mépris du fait que les directeurs desdites nations s’apprêtaient à en désigner de nouveaux. Que dire aussi du fait que chacun desdits procureurs des nations, qui sont aujourd’hui à la tête de la Faculté des Arts, ait voté et que leurs quatre suffrages aient désigné le procureur fiscal, quand la coutume et le droit exigeaient de ne prendre en compte que le vote d’un seul d’entre eux ? Mais s’y prendre autrement revenait pour eux à décider de tolérer l’autorité des facultés supérieures, quand il leur importait d’agir à leur guise et de désigner celui qu’ils avaient choisi. Si nous ne nous opposons pas à cette manière de nommer ceux qui occupent les charges communes de l’Université, il n’est pas douteux que la Faculté des arts s’arrogera tous les droits, [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 454 vo | LAT | IMG] qu’elle statuera de son propre arbitre et avec sa seule approbation sur tout compte et tout fonds, et que nous et nos Facultés serons exclus de l’administration des affaires académiques. Voilà pourquoi, le jour de cette réunion, je me suis opposé en personne à cette élection, pourquoi je me suis vivement plaint qu’on violentât ainsi nos facultés, et pourquoi j’ai révoqué, et tenu pour nul et non avenu tout ce qu’on a délibéré, sauf à nous donner du temps pour consulter nos compagnies, à convoquer une assemblée en nombre adéquat et à faire taire ceux qui ne peuvent voter, sauf à nous causer du tort et à nous manquer de respect. J’affirme solennellement avoir fait cela pour obtenir de la très salubre Compagnie qu’elle consente à s’unir à moi, doyen de la sainte Faculté, [29] afin qu’en conjuguant nos volontés, nous combattions une élection inique et veillions à empêcher que désormais la plus inférieure de nos facultés ne saisisse pour elle seule et ne s’accapare entièrement, comme un lion fait d’une proie, tout le patrimoine et tout le mérite qui ont été engendrés pour l’Université tout entière, tandis que nous avons si souvent protégé les privilèges de cette Faculté inférieure et qu’elle a eu maintes occasions de constater que la principale garantie pour conserver et faire croître l’Université dépend de notre autorité, à parts égales avec la vôtre.

    Je suis le très obéissant serviteur de votre Compagnie et de chacun de ses membres,
    J. Mulot, doyen de la Faculté de théologie de Paris.

    En notre Maison de Sorbonne, le 12e de juin. » [30]

    [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 455 ro | LAT | IMG]

    En cette requête, le doyen des théologiens exprime de vives plaintes sur la récente élection du procureur fiscal, lors de l’assemblée de l’Université aux Mathurins, [92] qui s’est tenue le mercredi 7e de juin (où a été élu le très éminent Maître François du Monstier, [93] précédemment recteur de l’Université de Paris, au suprême avantage et bénéfice de cette institution) : [31][94] il demande notre appui contre ce vote qui a été fait à son insu ; et ce principalement parce que chacun des procureurs des quatre nations lui a donné son suffrage quand, à eux tous, ils n’avaient droit qu’à une seule voix. Il y a là-dessus une vieille et antique controverse qui, je crois, ne peut être tranchée que par un procès et l’arbitrage des juges du Parlement de Paris. Sur cette affaire, les docteurs présents, mais ils n’étaient qu’en petit nombre, ont statué qu’il fallait accorder notre soutien au doyen de théologie contre ce scrutin dont il veut obtenir l’annulation.

Et sur ce, le doyen a clos la séance. Suit la copie de la première lettre adressée à Maître Jean Mulot, doyen de théologie, suivant la décision de la très salubre Faculté :

« Nous avons lu au Collège des médecins, assemblés en grand nombre, la lettre que vous nous avez écrite hier, où [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 455 vo | LAT | IMG] où vous nous faites abondamment part de la bienveillance de votre Faculté à l’égard de la nôtre et de votre vif désir que nous nous intéressions aux affaires de l’Université, au nom des liens d’amitié qui nous unissent. Toujours nous répondrons à votre empressement qu’en aucune manière nous ne voudrions être détachés de vous. Puisque vous pensez que notre commun intérêt est que nous intentions un procès contre la Faculté des arts si elle ne se décide pas d’elle-même à écarter celui qu’elle a récemment choisi pour occuper la charge de procureur fiscal de l’Université, nous décidons, ce jour même, de nous ranger à vos arguments, de sorte que nous nous associons à votre cause, et promettons d’y souscrire, même s’il vous semble bon d’entreprendre une action en justice. Adieu. De Paris, le 13e de juin 1651.

Je suis le très obéissant serviteur de votre Compagnie et de chacun de ses membres,
Guy Patin, doyen de la très salubre Faculté. »

Le lundi 19e de juin 1651, à deux heures de l’après-midi, réunie sur convocation conforme à la règle de tous les docteurs, qui sont venus en très grand nombre, la Faculté a décidé non seulement que doit être soigneusement observé le décret solennel qu’elle a dernièrement prononcé, [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 456 ro | LAT | IMG] le vendredi 12e de mai, interdisant à tous ses régents de prodiguer des soins en compagnie de médecins étrangers ou exerçant illégalement la médecine à Paris, ; mais aussi, pour ne laisser aucune raison légitime de l’enfreindre, que chacun des docteurs soit contraint de s’y engager par serment oral, prononcé entre les mains du doyen, et par sa signature autographe inscrite dans les Commentaires de la Faculté. La Compagnie a aussi décidé, après avoir soigneusement examiné l’affaire et en avoir promptement délibéré, de rejeter le décret prononcé lors de la dernière assemblée du 12e de juin, par lequel elle souhaitait s’engager aux côtés du doyen de théologie dans le procès qu’il méditait d’intenter contre la Faculté des arts pour la récente élection de Maître François Du Monstier dans la charge de procureur fiscal de l’Université. Sur ce, le doyen a clos la séance, en présence de plus de 90 docteurs.

Cette dernière décision a été prise pour deux raisons principales. Tout d’abord, le jour où la très salubre Faculté a prononcé ce décret pour la première fois, elle n’y avait pas été invitée par convocation individuelle, comme elle aurait dû l’être. Ensuite, seul le doyen de la sainte Faculté de théologie, Maître Jean Mulot, et non, comme il se devait, l’ensemble de sa Compagnie, a produit la lettre où les théologiens disaient demander que nous nous associions à eux, par consentement unanime, pour engager ce procès. À ces deux raisons, s’est ajoutée la réclamation d’un de nos [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 456 vo | LAT | IMG] anciens (ce fut le très savant Maître Denis Guérin), [95] se plaignant du fait que, de longue date, la Faculté de théologie a reçu celle de médecine avec moins de dignité qu’il ne convient. Afin que ledit doyen de la Faculté de théologie n’ignore pas ce qui s’est passé ce jour même, notre Compagnie a chargé son doyen de l’en prévenir sans délai par écrit, ce qu’il a accompli sur-le-champ, et lui a envoyé sa lettre dès le lendemain.

Ce qui suit est la copie de la seconde lettre adressée à Maître Jean Mulot, doyen de théologie, suivant la décision de la très salubre Faculté.

« Au très sage et digne doyen de la sainte Compagnie de théologie, Maître Jean Mulot, docteur de Sorbonne.

Très distingué Monsieur,

Par mon intermédiaire, la Compagnie des médecins de Paris vous annonce qu’en sa réunion tenue hier, en présence d’un nombre extrêmement grand de docteurs, elle a rejeté et annulé l’union que vous sollicitiez et que je vous avais promise dans ma précédente lettre ; et ce, tant pour de multiples raisons que je passe ici sous silence, que parce que la sollicitation que nous avons reçue [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 457 ro | LAT | IMG] émanait de vous seul et non de votre Compagnie tout entière. Si en vérité la sacrée Faculté de théologie, après avoir donné son avis et son accord sur les principaux points de votre lettre, décide et juge, comme vous le pensez, qu’un procès doit être intenté contre les maîtres de la Faculté des arts, nous vous faisons très sûrement espérer que, sans délai, nous convoquerons par billet écrit les docteurs de notre Collège pour débattre sur ce que vous nous aurez demandé dans le respect des règles. Après y avoir joint notre zèle et nos résolutions, nous souscrirons volontiers audit procès et nous y engagerons à vos côtés, comme s’agissant d’une cause commune. Salut.

De Paris, le mardi 20e de juin 1651.

Guy Patin, doyen de la Faculté de médecine de Paris. » [32]


Suit la transcription intégrale du décret qui a été prononcé le lundi 12e de juin 1651 et distribué à chacun des docteurs, sur décision de la Faculté.

« Décret de la très salubre Faculté de médecine de Paris interdisant à tout docteur d’approuver des livres médicaux, des remèdes ou l’aptitude de philiatres à exercer la médecine, quels qu’ils puissent être, sans avoir obtenu l’autorisation de toute la Compagnie.

L’an de grâce 1651, le lundi 12e de juin, après avoir entendu la plainte de Maître Paul Courtois, docteur en médecine et censeur des Écoles, établissant que partout en cette ville, comme dans les autres du royaume, au profond détriment des Français, sévissent des individus qui, sans briller par leur savoir ni par leur habileté en médecine, en vue de [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 457 vo | LAT | IMG] tirer quelque réputation pour eux-mêmes et pour leurs secrets, qu’ils appellent médicaments et qu’ils vendent sous le nom fallacieux d’antidotes, [96] usent, comme s’il s’agissait d’un écrit officiel de la Faculté, de lettres qu’ils ont mendiées, par prière ou par argent, auprès de certains docteurs de l’École qui se portent garants de leur science et des remèdes dont ils font commerce. De la même façon, quelques docteurs approuvent des livres de médecine qui sont indignes d’être publiés, ou auxquels il aurait certainement été plus que suffisant de refuser la recommandation qui ressortit ordinairement au témoignage de personnages sérieux et érudits. Il en résulte qu’on impute à la Compagnie tout entière ce qui a été accompli sans la moindre réflexion par la faute d’un petit nombre et contre l’ancestrale tradition ; et dans le même temps, ces attestations fictives induisent en erreur le peuple naïf et crédule. Invitée à délibérer promptement sur ce sujet, la très salubre Faculté de médecine a unanimement décidé de rétablir le décret prononcé en 1554, sur la réclamation du très distingué Maître Jean Fernel, [25] et de ne pas s’écarter d’un pouce de cette ancienne discipline à laquelle elle a toujours extrêmement tenu : aucun docteur, pas même le doyen, n’a le pouvoir d’approuver les remèdes de quelque particulier que ce soit, trochisques, [97] pilules, poudres, opiates, [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 458 ro | LAT | IMG] fumigations et autres médicaments de ce genre, sans avoir consulté l’ensemble de la Compagnie. De la même façon, elle interdit à chacun de ses maîtres, s’il n’a au préalable requis l’autorisation et obtenu l’approbation unanime de la Faculté, de signer une lettre de recommandation, rédigée par faveur, par gratitude ou dans quelque autre intention que ce soit, attestant des mérites d’un livre ou d’un factum public traitant de médecine, aussi bien que des hautes qualités d’un étudiant en médecine et de son aptitude à prodiguer des soins. Si les docteurs de la Compagnie (après avoir examiné ladite lettre et en avoir débattu) partagent son avis, ils marqueront leur approbation commune en priant le doyen d’y apposer le sceau d’argent dont il est le gardien. À tout maître qui enfreindra cette règle, la Faculté infligera la punition de son choix. Afin que le décret aujourd’hui prononcé n’échappe à aucun des docteurs, il a paru bon de le faire imprimer sans délai et d’ordonner aux appariteurs de le porter à chacun d’entre eux. Acte passé dans les Écoles supérieures des médecins de l’Université de Paris, ces jour, mois et an susdits.

Guy Patin, doyen. »

Le vendredi 11e d’août, deux heures après-midi, à la Faculté réunie en assemblée ordinaire, sur convocation écrite,

  1. le doyen a rapporté avoir reçu de Maître Jean Courtin, très éminent recteur de l’Université, et des quatre procureurs des nations, la concession annuelle d’une somme de huit cents livres tournois, prélevée sur le fonds de l’Université, pour la rémunération de nos quatre professeurs. Elle nous sera versée chaque année [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 458 vo | LAT | IMG] à la Saint-Rémy et nous la percevrons pour la première fois en 1652, le jour de cette fête. Quatre actes officiels, que les quatre procureurs des nations m’ont remis en mains propres, font foi de ce don à notre Faculté ; et bien que les termes en soient différents, tous signifient la même chose. Cette affaire est par ailleurs difficile et compliquée, amenant à se demander si nous devons accepter cette rente, si son montant n’est pas trop modeste, si des clauses n’ont pas à en être retranchées ou à y être ajoutées, etc. ; mais pour que ces discussions ne s’éternisent et n’occupent trop longtemps nos docteurs, la Faculté a arrêté que le doyen en désigne seize qui débattront de ce contrat avec lui et le censeur. Si des difficultés se font jour, elles pourront ainsi être aussitôt résolues en présence du doyen, à qui il appartenait de mieux clarifier l’affaire lors de la réunion de l’Université, à condition qu’il rende compte à la Faculté de la conclusion à laquelle les seize hommes qu’il choisira auront abouti. [33]

  2. Pour l’opuscule de Maître Claude Tardy [98] intitulé Commentarijs in libros Hippocratis de septimestri et octimestri partu, quatre [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 459 ro | LAT | IMG] docteurs lui ont déjà donné leur approbation, à titre privé, dont l’un est le doyen lui-même, Maître Guy Patin ; mais comme il requiert celle de toute la Compagnie, la Faculté a décidé de le faire examiner par le doyen, le censeur et les docteurs, aussi savants qu’expérimentés, dont les noms suivent : Maîtres Jacques Perreau, Antoine Charpentier, Gilbert Puilon, François Blondel et Jean Piètre. [34]

  3. Le doyen a fait part à la Compagnie de sa plainte contre le livre en français que Maître Jean Chartier, [99] docteur en médecine de Paris, a écrit et publié en français sur l’Antimoine, sans approbation de la Faculté ; laquelle a décrété que le doyen lui donne avis de retarder la parution de son ouvrage et même de s’en abstenir tant qu’elle ne l’y aura pas autorisé. À cette fin, elle aura préalablement entendu le rapport des sept docteurs nommés plus haut, sur cette même page 459, qu’elle a déjà chargés d’examiner le livre de Claude Tardy, docteur en médecine. [35][100][101] Si Maître Jean Chartier en fait autrement, la très salubre Faculté sera convoquée dans les règles pour prononcer un blâme à son encontre.

  4. Sur la proposition de M. le censeur, Maître Paul Courtois, quelques-uns ont aussi demandé s’il était permis de faire des consultations avec un dénommé Lémonon, [102] médecin qui se dit être au service du duc de Longueville, [103] [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 459 vo | LAT | IMG] et avec un autre, dénommé Du Four, [104] appartenant à la Maison du duc de Vendôme. La très salubre Faculté a répondu que c’était interdit hors de la résidence desdits ducs, car ils ne peuvent être considérés comme princes du sang royal. [36]

Ainsi le doyen a-t-il conclu sur tous ces sujets.

Le lundi 14e d’août 1651, en accord avec la décision de la Faculté prise dans les Écoles hautes il y a trois jours, le 11e d’août, le doyen a réuni chez Maître Jacques Perreau, sur convocation écrite, les seize docteurs qu’il avait choisis, à savoir : Maître Jacques Perreau lui-même et Maîtres Jean Merlet, [105] François Guénault, [106] René Moreau, [107] Antoine Charpentier, Philippe Hardouin de Saint-Jacques, [108] Charles Guillemeau, [109] Guy Patin, doyen, Jean Piètre, précédent doyen, Nicolas Richard, [110] Martin Akakia, [111] Claude Le Vasseur, [112] Charles Le Breton, [113] {Paul Courtois}, censeur des Écoles (empêché par une maladie, le censeur n’avait pas assisté à la réunion, mais s’il avait été présent, il se serait exprimé différemment de ce qui a été conclu), [37] Antoine Morand, [114] Étienne Bachot [115] et Jean de Montigny. [38][116]

  • Le doyen a lu les quatre attestations des quatre procureurs de la Faculté des arts nous concédant, pour la rétribution des quatre professeurs de notre École, la somme de huit cents [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 460 ro | LAT | IMG] livres tournois. Toutes leurs clauses ont été approuvées et acceptées à condition que la troisième d’entre elles soit amendée, car il est désagréable et suspect à la Faculté que Messieurs les quatre procureurs exigent que, pour recevoir leur émolument chaque année à la Saint-Rémy, à compter de celle de 1652, ses quatre professeurs aillent voir le très éminent recteur de l’Université pour qu’il leur remette un mandat écrit autorisant le questeur de l’Université à leur verser la somme convenue. Il semble devoir en être autrement auxdits députés de la Faculté, à savoir que son doyen reçoive ledit mandat de Monsieur le recteur, puis qu’il aille percevoir ladite somme du questeur, lui en donne quittance et remette lui-même deux cents livres à chacun des professeurs, qui signera un reçu à insérer dans le bilan annuel des dépenses que le doyen présente à la Faculté. [39][117][118]

  • Au cours de cette même réunion privée, lesdits députés ont engagé le doyen à organiser dès que possible une assemblée générale, où tous les docteurs seront régulièrement convoqués et où seront mandés, par ordre individuel manuscrit, Maîtres Jean Du Clédat [119] et Jacques Cornuti afin d’être entendus sur la maladie et la mort de l’épouse de M. d’Aligre, conseiller au Parlement de Paris, petit-fils du chancelier : [120][121][122] tandis qu’elle souffrait d’une affection soporeuse, [40][123] pour son plus grand malheur, un certain {charlatan} étranger, dénommé Vallot, [41] en présence et avec l’assentiment dudit Maître Jacques Cornuti, lui a prescrit de l’antimoine, mais ce tout à fait hors de propos et sans respect d’aucune méthode (comme font toujours les chimistes, [124] toutes les fois qu’ils usent de ce médicament) ; et ce pur poison, que les décrets de la Faculté ont condamné, [125] a tué en deux heures cette femme dont Dieu voulait qu’elle fût enceinte. [126] [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 460 vo | LAT | IMG] Le doyen n’a pourtant pas pu convoquer ledit Maître Jacques Cornuti à cette prochaine assemblée car il a succombé peu après à une fièvre maligne, le mercredi 23e d’août 1651. Ainsi la mort a-t-elle expié ce viol de notre décret dont il était vivement soupçonné, car le droit civil établit que la mort absout de tout crime, hormis celui de lèse-majesté. [42][127][128]

Le lundi 28e d’août 1651 à deux heures de l’après-midi, la Faculté a été rituellement assemblée, sur convocation écrite portée par l’appariteur.

  • Après que le doyen eut fait son rapport sur la réunion privée qui s’est récemment tenue chez Maître Jacques Perreau, et lu de bout en bout les quatre lettres des quatre procureurs des quatre nations de la Faculté des arts, la Compagnie est convenue d’accepter la concession de huit cents livres tournois dont nous gratifie l’Université pour la rémunération des quatre professeurs de notre École, aux conditions fixées, à l’exception de la troisième, que le doyen a amendée et supprimée comme il a été expliqué plus haut ; et ainsi en a-t-il conclu.

  • Lors de la même réunion, Maître Jean Chartier a fait signifier au doyen, par un huissier à la chaîne, [129] qu’il se pourvoirait par-devant le Parlement pour ce qui pourrait être décidé dans les Écoles concernant le livre écrit en français qu’il a récemment publié sur l’Antimoine[35] Le doyen ayant donné lecture de cette procuration, [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 461 ro | LAT | IMG] la Faculté a décidé qu’il nous fallait engager un procès contre ce Jean Chartier et nous présenter au tribunal devant lequel il nous traduit contre notre gré, au mépris de notre discipline, et en dédaignant et piétinant les lois de notre École. Pour la préservation de nos statuts, elle priera le Parlement de renvoyer ce Jean Chartier à la discipline et aux lois de notre Faculté, et de le contraindre à soumettre son opuscule sur l’antimoine à l’approbation ou désapprobation de notre Compagnie ; mais dans cette attente et jusqu’à ce qu’il reconnaisse son erreur et redevienne plus sensé, son nom sera rayé du tableau des docteurs régents, [130] et il sera privé des privilèges, droits émoluments et honneurs de l’École ; et sera tenu pour inexistant s’il ne vient à se repentir. Ainsi le doyen a-t-il conclu. [43]

  • Lors de la même réunion, la très salubre Faculté a ajouté trois noms à la liste des juges qu’elle a désignés pour examiner le livre de Maître Jean Chartier ; ce sont Maître Jean Riolan, ancien de l’École, Maître Jean Merlet et Maître René Moreau, professeur royal, hommes très brillants, expérimentés et savants, et parfaitement dignes de toute sorte de considération.

Le samedi 2e de septembre 1651, convoquée comme de coutume par billet écrit,

  • la Faculté a pris connaissance du mandement que M. d’Aubray, lieutenant civil du Châtelet, [131] a fait porter au doyen de la Compagnie par un huissier du roi, l’appelant à assister à l’Assemblée générale du royaume ; elle a enjoint au doyen d’obéir à la requête de M. le lieutenant civil en se rendant, lundi [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 461 vo | LAT | IMG] prochain, 4e de septembre, à l’Archevêché, [44][132][133] où sont aussi conviées les autres compagnies de la plus grande et populeuse cité du royaume, ainsi que le très éminent recteur de l’Université de Paris.

  • Le même jour et lors de la même réunion, la très salubre Faculté a choisi ceux de ses plus insignes membres qui établiront les requêtes en faveur de la Compagnie des médecins, puis les présenteront à ladite assemblée générale de France. Ce seront Maître Jean Riolan, ancien de l’École, Maître Jacques Perreau, Maître Jean Merlet et Maître René Moreau, professeur royal (dont les trois derniers ont précédemment rempli la charge de doyen de notre Faculté) ; ils seront accompagnés du doyen et du censeur. Ainsi le doyen a-t-il conclu sur tous ces sujets.

  • Sur ce, le doyen, Maître Guy Patin, a rencontré le très éminent recteur lors de l’assemblée ordinaire de l’Université qui, comme de coutume, a eu lieu chez lui, au Collège de Navarre. [134] Entre autres sujets, on y a examiné la question d’obéir à la requête de M. le lieutenant civil, pour conclure que l’affaire demeurait incertaine et indécise en raison du rang qui nous est assigné dans cette Assemblée générale : le très éminent recteur voulait qu’on lui permît d’en décider, tant pour lui-même que pour les trois doyens des facultés supérieures, les procureurs des nations et leurs adjoints. Cette décision semblant d’une extrême difficulté, on a laissé le soin d’en débattre [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 462 ro | LAT | IMG] et d’en décider à trois membres de l’Université, aussi réputés pour leur haute qualité que pour leur expérience : M. Pierre Padet, [135] atlante de l’Université de Paris, proviseur du Collège d’Harcourt, [136] M. Pierre Cagnié, principal du Collège de Navarre, [137] et M. François Du Monstier, procureur fiscal et ancien recteur de l’Université, professeur royal.

Le samedi 14e d’octobre 1651, après la messe, Maître Michel Langlois, [138] licencié, a humblement prié la Faculté de l’autoriser à disputer ses actes de vespérie et de doctorat. Nous avons favorablement reçu sa demande sous condition qu’après avoir acquitté les droits d’usage, dans son discours de remerciements, après avoir reçu le bonnet doctoral, il n’offensera aucun docteur et ne proférera aucune parole outrageante ou injurieuse, mais se contentera de rendre grâce à Dieu et à la Sainte Vierge, et à la Compagnie tout entière des docteurs de Paris. [45] Ainsi le doyen en a-t-il conclu.

Le mercredi 18e d’octobre 1651, consacré à saint Luc, patron des médecins de Paris, [139] on a célébré la messe coutumière, mais sans aucun concert de musique : un décret particulier de la Faculté, prononcé voici quelques années, l’a supprimé [46][140] de cette cérémonie, tant en raison des musiciens et des chanteurs qui arrivaient toujours en retard, que du coût excessif de telles symphonies pour la bourse de nos bacheliers. Une fois la messe dite, les nombreux docteurs qui y avaient assisté se sont rendus dans les salles hautes où, suivant la coutume, le grand appariteur de la Faculté, Louis de La Roche, leur a récité quelques articles de nos statuts. [141] Les bacheliers ont chacun à leur tour prêté le serment ; [47][142] après quoi, [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 462 vo | LAT | IMG] le doyen les a exhortés à remplir leurs devoirs. Ensuite, les deux appariteurs ont posé nos deux masses d’argent sur la table ; elles leur ont été rendues sur l’accord unanime de la Compagnie, à condition qu’ils demeurent dans leur office au service quotidien et dévoué de la très salubre Faculté.

Le jeudi 19e d’octobre 1651, a été célébrée la messe anniversaire pour la paix des mânes de tous et chacun de ceux qui furent jamais docteurs en la très salubre Faculté de médecine de Paris, et ce suivant la coutume ordinaire. Ensuite, tous les docteurs présents se sont réunis dans la salle haute, où sont bientôt entrés quatre chirurgiens jurés nommés Jean Binaise, [143] Julien Bénard, [144] Jean Turpin [145] et Simon Debonnaire [146] qui, au nom de leur Confrérie ou Collège, ont promis l’obéissance perpétuelle à la très salubre Faculté de médecine, comme à leur très douce mère, en proclamant tout ce qu’ils doivent à sa bienveillance ; après avoir prêté serment entre les mains du doyen, ils lui ont aussi versé la somme de cinq livres tournois qu’ils sont tenus de verser chaque année à la Faculté. [48]

Se présentèrent aussi les pharmaciens du grand prévôt de l’Hôtel du roi, qui, de même que les quatre chirurgiens jurés, ont prêté serment entre les mains du doyen. [49][147]

[BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 463 ro | LAT | IMG]

En cette première année du décanat de Maître Guy Patin, du samedi 5e de novembre 1650 au samedi 4e de novembre 1651, sont morts trois docteurs en médecine de notre Collège :

  • Maître Thomas Gamare, [148] natif de Paris, le lundi 17e d’avril 1651 ;

  • Maître Jacques Cornuti, natif de Paris, le mercredi 23e d’août 1651 ;

  • Maître Durand François Yon, [149] natif de Paris, le vendredi 25e d’août 1651.

Au nom de l’antique et louable piété chrétienne, le doyen a honoré leurs mânes, selon la coutume de la très salubre Faculté, par une messe funèbre, dans la chapelle de nos Écoles, célébrée pour le repos de leur âme :

  • pour Maître Thomas Gamare, le lundi 24e d’avril 1651 ;

  • pour Maître Jacques Cornuti, le samedi 9e de septembre 1651 ;

  • pour Maître Durand François Yon, le mercredi 13e de septembre 1651 ; il est mort dans la foi janséniste [150] chez Maître Henri Duhamel, [151] très pieux, sage et honnête docteur en théologie, compagnon de Sorbonne, et très digne pasteur ou curé de Saint-Merri. [50][152][153]

Il est aussi à remarquer qu’au début de mon décanat, le 20e de décembre 1650, grâce à un excellent homme, qui est mon ami et porte beaucoup d’affection à la Faculté de médecine de Paris, j’ai recouvré deux très vieux tomes manuscrits des Commentaires de notre École : le premier relate nos affaires et contient les actes de la très salubre Faculté de 1395 à 1434 ; [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 463 vo | LAT | IMG] le second va de 1435 à 1472. [154] Ces deux recueils étaient restés cachés depuis de nombreuses années, à l’insu de tout le monde ; mais il s’y trouve quantité d’excellentes choses, montrant et prouvant manifestement le mérite de notre École et son ancienneté, qui surpasse toutes les autres. J’exhorte donc, et même conjure et supplie instamment tous les doyens qui me succéderont dans cette charge de conserver soigneusement ces deux recueils pour le plus grand profit de notre Compagnie, et de ne plus souffrir qu’ils s’égarent entre les mains de quelque docteur privé pour y disparaître de nouveau. On y lit en effet maintes déclarations contre les empiriques et les médecins étrangers, tout particulièrement de Montpellier. [155] Ils contribuent très grandement à l’histoire de notre Faculté. [51]

> Chapitre suivant des Commentaires de la Faculté de médecine de Paris :
     2c. novembre 1650-novembre 1651, Comptes du 26 janvier 1652

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