L. latine 426.  >
À Vopiscus Fortunatus Plempius, le 28 mars 1667

[Ms BIU Santé no 2007, fo 215 ro | LAT | IMG]

Au très distingué Vopiscus Fortunatus Plempius, docteur en médecine, à Louvain.

Très distingué Monsieur, [a][1]

Celui qui vous remettra celle-ci est mon fils puîné, Carolus, [2] dont je ne voulais pas qu’il passât par votre ville sans vous saluer. [1] Embrassez-le donc, je vous prie, pour qu’il puisse se souvenir toute sa vie d’avoir vu un homme réellement éminent et profondément savant, cui doctior orbis submissis defert fascibus imperium[2][3][4] Vive et vale, très distingué Monsieur, et aimez-moi.

Vôtre de tout cœur, Guy Patin.

De Paris, le 28e de mars 1667.


1.

Charles Patin voyageait alors aux Pays-Bas pour récupérer et détruire les exemplaires des Amours de Madame (ou Histoire galante des amours de Monsieur le comte de Guiche et Madame), qui médisaient sur la duchesse d’Orléans (Henriette-Anne d’Angleterre), mission politique qui lui valut une lourde condamnation, avec son exil définitif de France en novembre 1667 (v. note [28] des Déboires de Carolus).

2.

« devant l’autorité de qui le monde savant s’incline. »

Reprise par d’autres auteurs, cette citation latine vient d’une ode congratulatoire imprimée dans les pièces liminaires de la Catulli, Tibulli, Propertii, nova editio. Josephus Scaliger Iul. Cæsaris F. recensuit. Eiusdem in eosdem Castigationum Liber. Ad Cl. Puteanum Consiliarium Regium in suprema Curia Parisiensi [Nouvelle édition de Catulle, Tibulle, Properce par Joseph Scaliger, fils de Jules-César. Livre de ses Castigations (corrections) sur les mêmes auteurs. À Claude Dupuy, conseiller royal au Parlement de Paris (v. note [5], lettre 181)] (Anvers, Ægidius Radæus, 1582, in‑8o ; première édition en 1577, v. notule {b}, note [35], lettre 97) :

Patris in exemplum it Josephus Scaliger, altis
Clarus avis, magno clarior ingenio,
Cui chorus assurgit Phœbi, cui doctior orbis
Submissis defert fascibus imperium
.

[Brillant oiseau de haut vol, Joseph Scaliger suit l’exemple de son père ; son vaste génie le rend plus brillant encore, le chœur de Phébus {a} lui rend hommage, le monde savant s’incline devant son autorité].


  1. Autre nom d’Apollon (v. note [8], lettre 997).

Ces vers sont signés Q. Sept. Florens Christianus (Florent Chrestien, v. note [24], lettre 75), ami de Scaliger, dont la Correspondence (2012) contient sept lettres qu’ils ont échangées. On y remarque celle de Chrestien datée de Paris, le 20 novembre 1575 (volume 1, page 149), qui commence par ces mots concernant sa dédicace latine des « Castigations » :

« Vous excuserez, s’il vous plaît, ces malheureux et méchants vers qui ressentent {a} la bonté du temps et du lieu. L’espérance que j’ai que les prendrez en bonne part ne m’en fera rien dire davantage. »


  1. Font reconnaître.

a.

Brouillon autographe d’une lettre que Guy Patin a écrite à Vopiscus Fortunatus Plempius, ms BIU Santé no 2007, fo 215 ro.

s.

Ms BIU Santé no 2007, fo 215 ro.

Viro clariss. Vopisco Fort. Plempio, Med. Doctori, Lovanium.

Qui hæc hanc Tibi reddet, Vir Cl. filius est meus natu secundus, Carolus, quem
nolui Urbem vestram prætervehi Te insalutato : admitte illum quæso in ample-
xum tuum, ut tota vita meminisse possit se vidisse Virum verè magnum ac
potenter eruditum, cui doctior orbis submissis defert fascibus imperium. Vive,
vale, et me ama, Vir Cl. Tuus ex animo, Guido Patin. Paris. 28. Mart. 1667.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Vopiscus Fortunatus Plempius à Guy Patin, le 28 mars 1667.
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(Consulté le 27.09.2021)

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