À Charles Spon, le 6 septembre 1652, note 17.
Note [17]

Biblia Hebraica, Samaritana, Chaldaica, Græca, Syriaca, Latina, Arabica, quibus textus originales totius Scripturæ Sacræ, quorum pars in editione Complutensi, deinde in Antverpiensi regiis sumptibus extat, nunc integri, ex manuscriptis toto fere orbe quæsitis exemplaribus, exhibentur.

[Bible en hébreu, samaritain, chaldéen, grec, syriaque, latin, arabe, où sont présentés les textes originaux de toute l’Écriture sacrée, dont une partie existe dans l’édition d’Alacala, {a} puis dans celle d’Anvers sur les deniers royaux, {b} maintenant entière, établie à partir des exemplaires manuscrits qu’on a cherchés par presque tout le monde]. {c}


  1. V. note [23] du Faux Patiniana II‑2 pour Ferdinand Nunnez qui a été l’un des éditeurs de la Biblia poliglota Complutense [Bible polyglotte d’Alcala] (hébreu, grec, latin), parue pour la première fois en 1520.

  2. Biblia Sacra, dite Bible de Philippe ii, ou Polyglotte (cinq langues) de Christophe Plantin, parue en 1572.

  3. Paris, Antoine Vitré, 1645, 9 tomes en 10 volumes in‑fo, dont le Pentateuchus Syriacus, Arabicus, et Samaritanus [Pentateuque syriaque, arabe et samaritain] (volume de 907 pages) donne une idée.

Antoine Vitré (vers 1600-1674) avait succédé dans la libraire à son père, Pierre. Il avait acquis en 1630 le titre d’imprimeur royal des langues orientales après avoir imprimé le vocabulaire latin-arabe de J. Duval. Syndic en 1639, il devint consul en 1660.

Michaud arésumé l’histoire de ce projet monumental :

« Le projet d’une Bible polyglotte qui devait surpasser celles d’Alcala et d’Anvers avait été conçu en France par le cardinal Duperron, Jacques de Thou et Savary de Brèves. {a} Ce dernier rapportait de Constantinople 97 manuscrits précieux et de Rome, des caractères orientaux gravés par les plus habiles artistes. Brèves étant mort en 1627 {b} et divers étrangers s’étant présentés pour acheter ces caractères, Richelieu chargea Vitré de les acquérir sans déclarer que c’était pour le roi. Vitré les obtint moyennant 4 300 livres, tandis qu’auparavant on en avait refusé 7 000 offertes au nom du roi. Le marché conclu par Vitré était d’autant plus avantageux qu’on y avait compris les 97 manuscrits. Le gouvernement promit d’ajouter aux 4 300 livres une somme de 1 700 francs qui servirait à graver des poinçons et frapper des matrices de caractères éthiopiens et arméniens que ne laissait pas Brèves. Vitré eut recours au graveur Sanlecque qui fit ce travail, mais pour l’arménien seulement. Malgré ces secours, l’impression d’une Bible polyglotte devait exiger des dépenses considérables. L’avocat Guy-Michel Le Jay {c} osa s’en charger et s’y ruina. Vitré commença cette Polyglotte en 1628. »


  1. V. notes [20], lettre 146, pour Jacques Davy Duperron (mort en 1618), [4], lettre 13, pour Jacques-Auguste i de Thou (mort en 1617), et  [19] des triades du Borboniana manuscrit, pour François Savary, marquis de Brèves.

  2. Sic pour 1628.

  3. V. note [34], lettre 525.

Après bien des déboires avec les héritiers de Brèves qui réclamaient leur dû, avec les érudits qui préparaient les textes et avec Richelieu dont la protection vacillait, l’ouvrage en neuf tomes et dix volumes avait enfin été publié en 1645 ; mais comme l’a écrit Guy Patin dans sa lettre à Charles Spon, datée du 7 mai 1658, il fourmillait de fautes et ne connut pas le succès qu’auraient dû lui valoir tous les efforts qu’on avait mis à le produire.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 6 septembre 1652, note 17.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0293&cln=17

(Consulté le 17/04/2024)

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