Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 5 manuscrit, note 48.
Note [48]

« Sur Johann Sleidan, voyez de Thou, tome i, page 542, {a} et la Chronologia de Génébrard, page 737 : {b} cet historien mourut en 1556. »


  1. Histoire universelle de Jacques-Auguste i de Thou, livre xvii, règne de Henri ii, année 1556 (Thou fr, volume 3, page 75) :

    « Jean Sleidan, qui a écrit avec beaucoup d’exactitude et de fidélité l’histoire de son temps, mourut d’une maladie épidémique sur la fin d’octobre, âgé de cinquante et un ans. Il était né à Sleidan, dont il portait le nom, ville de la dépendance de Cologne, peu éloignée de Duren. {i} Il s’était rendu illustre dans ce siècle, non seulement par son érudition, mais par le talent qu’il avait pour les affaires. Il passa presque toute sa jeunesse en France, attaché à la Maison Du Bellay, et fit de grands progrès sous les yeux du cardinal de ce nom ; {ii} mais ensuite, comme l’on commençait à punir en France ceux qui étaient suspects de luthéranisme, il se retira en Allemagne et s’attacha à la République de Strasbourg. C’est là qu’il commença à écrire les choses dont il avait été lui-même témoin, et celles que des gens dignes de foi lui avaient apprises. »

    1. Sleidan, alors dans le duché de Luxembourg, porte aujourd’hui le nom de Scleiden (Rhénanie-du-Nord). Sa voisine, Düren, est située à 37 kilomètres au sud-ouest de Cologne.

    2. Le cardinal Jean Du Bellay (v. notule {b‑3}, note [15] du Faux Patiniana II‑3).
  2. Gilb. Genebrardi Theologi Parisiensis Divinarum Hebraicarumque Literarum Professoris Regii Chronographiæ Libri quatuor. Priores duo sunt de rebus veteris populi, et præcipuis quatuor millium annorum gestis. Posteriores, e D. Arnaldi Pontaci Vasatensis Episcopi Chronographia aucti, recentes historias reliquorum annorum complectentur.
    Hac postrema editione accuratius emendati, et ad annum 1599 perducti.
    Universæ historiæ speculum, in Ecclesiæ præsertim sæculo, a mendaciis, malis, imposturis Centuriatorum, aliorumque hæreticorum detersum. In reliquis contra Iudæos, Paganos, Saracenos, Christianæ religionis antiquam veritatem perennitatemque, repræsantans. Subjuncti sunt libri Hebræorum Chronologici, eodem interprete
    .

    [Quatre livres de Chronographie de Gilbert Génébrard, {i} professeur royal d’Écriture Sainte et d’hébreu. Les deux premiers traitent des affaires de l’ancien peuple et de ce qui s’est principalement passé pendant les quatre premiers millénaires. Les deux derniers, qui sont une augmentation de la Chronographie de M. Arnauld de Pontac, évêque de Bazas, {ii} embrassent l’histoire des années plus récentes.
    En cette dernière édition, ils sont plus soigneusement corrigés et prolongés jusqu’à l’an 1599.
    Miroir de l’histoire universelle, principalement au temps de l’Église, débarrassé des mensonges méchancetés, impostures des centuriateurs {iii} et autres hérétiques. Pour le reste, il représente l’antique et éternelle vérité de la religion chrétienne contre les juifs, les païens, les mahométans. Y sont adjoins les livres chronologiques des hébreux, par le même traducteur]. {iv}

    Livre quatrième, page 713, sur l’origine du luthéranisme :

    Anno 1517. PP. promulgavit per universam Christianorum ditionem, remissionem peccatorum iis, qui sua bona expeditionem Turcicam erogarent, quæ Cruciada vocabatur. Eius rei cura in Germania Alberto Moguntinensi Episcopo a PP. demandatur, qui elegit Ioannem Tetzellium Dominicanum : quod ita ostendit Augustinianos, maxime Staupitium ordinis generalem per Germaniam, genere clarum ac disertum : Martinum etiam Lutherum, ut ipse contra tales Indulgentias eodem anno tonare cœperit, fretus Frederico Saxoniæ Duce quem suarum partium reddiderat : 95. propositiones edidit quibus oppugnabat Indulgentias. Ex hac lite ortum est illud Luteranæ hæreseos incendium, quo tota pene Europa conflagravit.

    [L’an 1517. En toute la chrétienté, le pape {v} a publié la rémission de leurs péchés à ceux dont la générosité a financé l’expédition contre les Turcs, appelée la Croisade. En Allemagne, le pape en a confié le soin à Albert, évêque de Mayence, qui a désigné le dominicain Johann Tetzel, {vi} parce qu’il s’était opposé sur ce sujet aux augustiniens, et surtout à Staupitz, le noble et éloquent supérieur général de leur Ordre en Allemagne, {vii} et aussi à Martin Luther, qui avait entrepris, la même année, de tonner contre de telles absolutions. Sous la protection de Frédéric, duc de Saxe, qu’il avait acquis à ses opinions, il publia les 95 thèses attaquant les indulgences. {viii} De ce différend naquit l’incendie de l’hérésie luthérienne qui a enflammé presque toute l’Europe].

    1. V. note [7], lettre 308.

    2. De 1572 à 1605, v. note [7], lettre 836.

    3. Auteurs des Centuries de Magdebourg, v. note [48] du Naudæana 1.

    4. Lyon, Ioannes Pillehotte, 1599, in‑fo en deux parties de 852 et 83 pages.

    5. Léon x, v. note [7], lettre 205.

    6. Le cardinal Albert de Brandebourg (1490-1545) confia à Johann Tetzel (1465-1519) le marché des indulgences destinées à financer la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome (v. note [64] du Naudæana 1).

    7. En 1506, comme supérieur de son Ordre, Johann von Staupitz (1460-1524) avait longuement confessé et vainement tenté de ramener dans le droit chemin le jeune moine augustinien Martin Luther (v. note [15], lettre 97).

    8. Frédéric iii dit le Sage (1463-1525), duc-électeur de Saxe, soutint les 95 thèses fondatrices de la Réforme que Luther placarda sur la porte de l’église de la Toussaint à Wittemberg le 31 octobre 1517.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 5 manuscrit, note 48.

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(Consulté le 20/04/2024)

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