À André Falconet, le 30 août 1655
Note [7]

Caerle Utenhove (ou Uyttenhove, Gand vers 1536-1600) est un poète hollandais, dont on trouve les Xenia [Dons] dans le Georg. Buchanani Franciscanus et fratres, cum aliis poematibus [Le Cordelier de George Buchanan (v. note [11], lettre 65), avec d’autres poèmes] (Bâle, Th. Guarinus, 1568, in‑8o), en même temps que les Variorum poematum silva d’Adrien Turnèbe et de Michel de L’Hospital, et les Varia carmina de Jean Dorat (v. note [8], lettre 266).

Le véritable titre latin du Franciscanus [Cordelier] de George Buchanan est Franciscanus et fratres [Le Cordelier et ses frères] ; Fratres fraterrimi in Antonium Tomarium Abbatem [Les Frères très fraternels de l’abbaye de Tomar (ville du Portugal située entre Lisbonne et Coimbra)] est le titre d’une autre de ses satires antimonastiques qu’on trouve dans les Georgii Buchanani Scoti Poemata quæ extant [Poèmes complets de George Buchanan l’Écossais] (pages 281‑298 de l’édition d’Amsterdam, Henricus Wetstenius, 1687, in‑8o). Gilles Ménage a remarqué que « Buchanan a fait Fratres fraterrimi à l’imitation de Plaute qui avait dit Patruus patruissimus. Et moi, à l’imitation de Martial qui avait dit domicœnium,j’ai dit domiprandium. Il est vrai que ces mots nouveaux sont plutôt permis dans les matières burlesques que dans les sérieuses ; mais on ne laisse pas de dire aussi des mots nouveaux en ces dernières matières » (lettre à Pierre-Daniel Huet, du 28 juillet 1663).

On lit quelques extraits du Fratres fraterrimi dans la suite des lettres. La dédicace du Franciscanus se lit pages 273‑274 des Poemata (1641) : Georgius Buchananus Carolo Utenhovio F.S. Elle commence par ces vers :

Censor meorum carminum Utenhovi, meos
Commendo fratres hos tibi,
Fratres quidem fraterrimos : hoc est, malos,
Crassos, ineptos, garrulos.
Tu necte, plecte, cæde, fac gemant suis
Variata terga funibus, etc
.

[Censeur de mes poèmes, je te recommande, cher Utenhove, mes frères, des frères certes très fraternels, c’est-à-dire méchants, grossiers, idiots, braillards. Attache-les, punis-les, frappe-les, fais que leurs divers derrières gémissent sous les coups de leurs propres cordes, etc.].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 30 août 1655. Note 7

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(Consulté le 11.12.2019)

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