L. 398.  >
À Charles Spon,
le 9 avril 1655

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Monsieur, [a][1]

Je vous envoyai le jour du vendredi saint, 26e de mars, une grande lettre de quatre pages avec du latin contre l’antimoine ; [2] par ci-après, il en viendra d’autre. Ce dernier vient d’un médecin de Bayeux qui a autrefois été l’écolier de M. Merlet. [1][3]

Ce jour de Pâques. J’ai vu ce matin le roi, [4] la reine [5] et M. le duc d’Anjou [6] à Saint-Germain< -l’Auxerroi  >, [7] notre paroisse. Il y avait grande piaffe d’officiers du Louvre, c’est le roi qui y a rendu le pain bénit. [2][8] Son Éminence [9] y a en même temps entendu la messe dans la chapelle de Rostain, [3][10] et l’ai vu sortir en bonne conche. [4] Dieu sait combien il y a de mérite d’avoir vu toutes ces grandeurs de la terre, aussi en suis-je tout glorieux.

Ce 30e de mars. Je viens d’apprendre que Guénault [11] brigue la place de premier médecin chez le duc [12] et la duchesse [13] d’Orléans. Le bonhomme Brunier [14] vit encore, mais il n’en peut plus. Je pense que Guénault s’est résolu à cela, voyant que sa drogue était ici merveilleusement décriée, et qu’il était fort déchu dans le public et chez ses compagnons. Votre apostat des Fougerais [15] l’avait briguée ; [5] mais l’autre l’aura plutôt, il est de meilleure mise, il n’est pas boiteux des deux côtés comme des Fougerais. Guénault ne quitterait point Paris s’il y trouvait son compte, mais c’est qu’il enrage ici de n’y guère gagner car cet homme n’a tout son cœur qu’à de l’argent ; et puis il n’a presque plus personne ici de sa famille, il en a tué la plupart avec son antimoine, [16] neveu, femme, fille et deux gendres ; le reste gît en deux veuves et force petits-enfants. [6] Il a du crédit chez le duc d’Orléans à cause de la duchesse qui l’aime, et Paris ne fera point grande perte quand ce dangereux homme s’en ira à Blois [17] y épandre son antimoine. [7]

Ce 1erd’avril. Voilà M. Duhan [18] le libraire qui vient de sortir de céans. Nous avons parlé ensemble de vous et de plusieurs petits livres à imprimer. Il est bon enfant et je crois qu’il a meilleure conscience que la plupart de nos libraires de deçà qui ne sont que nebulones perditissimi et lucriones putidissimi[8]

Enfin, est-ce tout de bon que M. Borde [19] de Lyon fait imprimer à Genève le grand Hippocrate de Foesius ? [20][21] Cette pharmacopée de Schroderus, [22] est-elle de beaucoup augmentée ? Si cette augmentation ne rend le livre de beaucoup meilleur qu’il n’était aux autres éditions, ce ne sera pas grand’chose, nec erat tanti ut iterum prelo subiiceretur[9] Il n’est que trop de livres de cette nature et rarement servent-ils à autre chose qu’à faire des empiriques, [23] des charlatans ou souffleurs ignorants. Bon Dieu, que l’on emploie au monde mal à propos du papier !

On dit ici que le prince de Conti [24] s’en va commander l’armée du roi en Catalogne [25] et que M. de Candale [26] sera son lieutenant général, et que l’on envoie au duc de Modène [27] 8 000 hommes afin qu’il puisse résister aux Espagnols qui lui veulent du mal pour avoir pris notre parti. [10]

On commence ici à vendre et à faire trafic des charges de la Maison de la reine future. Notre maître Béda dit des Fougerais a offert 10 000 écus de la charge de son premier médecin. Il s’est vanté à quelqu’un qu’il a parole de l’être et qu’il est assuré de la bonne volonté de Son Éminence en son endroit. [11]

Je vis hier ici un honnête homme de Tours [28] nommé M. Colin, [29] banquier de Lyon qui est logé en ce voisinage. C’était < pour > sa sœur qu’il a amenée de Tours, laquelle n’était point fort malade. Je lui parlai de vous et de votre mérite, il me dit qu’il vous connaissait bien et que, puisque vous étiez si fort mon ami, qu’il vous rendrait visite à Lyon. J’ai achevé de traiter un autre Lyonnais nommé M. Feste, [30] qui est marchand, aux bonnes grâces duquel je suis bien avant ; c’est un homme délicat et fort mélancolique [31] qui m’a promis de vous voir aussi quand il sera retourné à Lyon.

Le P. Adam [32] jésuite prêcha ici le jour de Pâques dernier si malheureusement, en présence du roi et de la reine, qu’il en a été bafoué et blâmé par toute la ville pour ses infâmes flatteries et ineptes comparaisons ; même les jésuites l’ont désavoué. [12]

Les cardinaux ne se peuvent accorder à faire un pape, je voudrais qu’ils n’en pussent faire de 30 ans. [33] En attendant, voilà deux cardinaux qui sont morts, savoir le cardinal Carafe et Ceva, [13][34][35] mais ces morts n’avancent rien.

MM. Huguetan [36] et Ravaud [37] m’écrivaient il y a quelque temps que leur Sennertus [38] s’en allait achever et que je leur mandasse si je voulais y changer quelque chose de l’épître. L’épître me plaît fort, venant de vous, et la trouve belle et bonne, sauf d’y changer ce qu’il vous plaira si vous en avez envie ; mais pour le titre, je vous prie de ne pas oublier d’y mettre, comme je vous ai supplié par ci-devant, et saluberrimæ Facultatis Decano, atque rei Anatomicæ, Botanicæ et Pharmaceuticæ Professori regio[14] Cette dernière qualité mérite d’y être ajoutée puisque Dieu l’a voulu ainsi, et le bonhomme M. Riolan. [39]

Notre bonhomme Riolan vivote, [40] mais il est souvent attaqué de fluxions, de douleurs, de fièvres ou de gouttes. Je sais bien que l’été lui est une saison favorable, aussi bien qu’à tous les vieillards asthmatiques comme lui, [41] mais l’automne et l’hiver suivant, en récompense, me font peur et crois avoir juste raison d’appréhender pour lui, d’autant que je le vois dans un grand penchant de ses forces ; joint que son second fils, [42][43] qu’il tient prisonnier et qui ne prend pas le chemin de s’amender, lui fait merveilleusement de la peine ; et je ne doute point que cette affliction ne lui cause enfin la mort, laquelle ne viendra jamais qu’elle ne nous prive de plusieurs bonnes choses dont il a le dessein dans l’esprit.

Et à propos, quelles nouvelles avez-vous de M. Courtaud, [44] doyen de Montpellier : [45] écrit-il contre M. Guillemeau, [46] nous donnera-t-il la vie de son oncle, feu M. Héroard, [47] comme il a fait espérer ? J’ai bien envie de voir cela. M. Guillemeau dit qu’il a de belles réponses à leur faire là-dessus et que, s’il ne sait bien la vie de son oncle, qu’il la lui apprendra.

M. Huguetan [48] l’avocat est-il à Genève, est-il marié, d’où vient cela, demeurera-t-il là ou bien viendra-t-il demeurer à Lyon ? [15][49]

Ce 6e d’avril. Je viens de délivrer pour vous être rendue une petite lettre de recommandation à un jeune homme fort sage nommé M. Foreau [50] natif du Vendômois, écolier en médecine, qui s’en va un peu s’égayer et voyager en Languedoc et en Provence. C’est un jeune homme fort sage et fort honnête, il dit qu’il prendra ses degrés à Aix [51] ou à Avignon [52] afin d’épargner quelque chose pour son voyage et ne pas demeurer longtemps à Montpellier.

Ce 7e d’avril. Dieu soit loué que soyez en bonne santé, comme j’apprends par la vôtre que je viens de recevoir, datée du 1er d’avril. Le jeune Sanche [53] est encore ici, c’est un grand garçon bilieux [54] et par delà, qui a l’esprit fort présent [16] et qui se promet de faire merveilles à Montpellier, quand il sera reçu professeur, pour l’honneur de la médecine. Dieu lui en fasse la grâce, mais je ne crois pas tout ce qu’il dit. [55]

Les antimoniaux n’ont pu rien découvrir touchant l’auteur du Pithœgia et en sont fort moqués, tant de leurs menaces que de leurs monitoires [56] qu’ils ont fait jeter par les paroisses. [17][57] La confusion est dans le parti tout entièrement, ils n’osent plus donner d’antimoine ni en dire du bien comme ils faisaient par ci-devant et n’ont personne pour écrire contre M. Perreau. [58] Eusèbe R< enaudot >. est fort mal sain, souvent réduit à garder le lit et malcontent de Guénault depuis qu’il a mangé sa part de la fricassée de poulets chez Guénault qui était alors son ami. [59]

L’apothicaire de Troyes [60] a été condamné d’être pendu, l’affaire en est au Parlement, il s’appelle Clément. [18][61] Il y a bien du soupçon et pareillement des oppositions aussi, c’est ce qui fait traîner l’affaire ; la moitié de la ville de Troyes s’y trouve intéressée ou engagée à cause des alliances.

La lettre de M. de Sorbière [62] vient de Gênes. [63] Cet homme veut voir Rome et le nouveau pape, c’est pour nous montrer qu’il a bien changé de poil et qu’il n’est pas bon huguenot ; [64] aussi peut-être n’est-il guère bon romaniste puisque tout ce changement ne s’est fait que pour une pension, en attendant quelque petite abbaye, laquelle n’est pas encore venue. [65]

Ce M. Le Long [66] était un médecin de Provins qui ne travaillait guère de son métier, combien qu’il eût fort bon appétit. Il mourut jeune et laissa sa petite maison fort incommodée. J’avais ici mis en condition un sien fils qui n’y put durer. [19][67]

Je vous procurerai et vous enverrai ce catalogue des œuvres de Cardan [68] qui sont ici manuscrites chez M. Billaine, [20][69] et vous dirai aussi, pour donner avis à M. Huguetan sur le dessein qu’il peut avoir eu d’imprimer les œuvres de Cardan, qu’il y a environ 25 ans qu’un libraire de Genève eut ce même dessein, à cause de quoi il fut dressé un catalogue de toutes les œuvres de cet auteur qui a été imprimé in‑fo et que feu M. Naudé [70] m’a autrefois montré, lequel aimait cet auteur d’une affection très particulière. Je n’en dis rien davantage, croyant que M. Huguetan a changé de volonté. Puisque vous n’avez plus le Vita Cardani que je vous avais envoyé, je vous en promets un autre. [21] Ces libraires sont merveilleusement adroits à tirer des livres de ceux qui en ont : voilà comment M. Ravaud me tira il y a cinq ans mon Lexicon etymologicum philologicum Martinii [71] que je ne lui donnai jamais qu’afin qu’il l’imprimât et que le public en pût recevoir quelque utilité. Faites-moi la faveur, puisque nous en sommes là-dessus, de lui présenter mes très humbles recommandations et que je le prie de se souvenir de sa promesse qu’il m’a faite de m’en donner un autre ; [72] j’entends le Lexicon etymologicum Martinii réimprimé tout de nouveau à Francfort, [73] qui est un très bon et très utile livre pour un homme d’étude. Bene sit authori tam eruditi et tam fructuosi operis[22] je voudrais que le livre fût très commun.

M. Guillemeau m’est aujourd’hui venu voir pour me parler d’un mariage pour mon fils aîné. [74] En moins d’un quart d’heure, nous avons tout fait et défait : je l’ai remercié de la peine qu’il en avait prise et lui ai fait connaître que je connaissais fort bien ces gens-là, qu’ils n’étaient nullement mon fait, etc. ; il s’est fort rendu à mes raisons, etc. Enfin, il est tout prêt et résolu de faire imprimer un troisième livre contre le sieur Courtaud, lequel sera suivi d’un quatrième, sans y comprendre ce qu’il répondra à ce que son ennemi fera de nouveau ; et m’a dit (tant il est irrité) qu’il y aura encore autre chose et qu’il n’en demeurera point là. Je ne sais si ce ne seraient point des coups de bâton pour Courtaud par quelque soldat de la citadelle de Montpellier ; ce qui serait, ce me semble, à craindre vu que M. Guillemeau a beaucoup d’amis et les mains bien longues. Enfin, il est fort piqué au jeu et ne peut entendre aucune remontrance. Fertur equis auriga, neque audit currus habenas[23][75] J’ai même regret de le voir tant animé pour des injures, lesquelles je méprise fort et que je considère d’un visage gai, tout autrement que lui. Je ne prends aucune part à telles injures de tripières, je les laisse à Courtaud et à son mauvais génie fort médisant et fort ignorant. Il n’y a personne qui ne se soit ici moqué de lui.

Je vous prie d’assurer M. Barbier [76] que je le servirai où je pourrai, mais qu’au fait de M. Gassendi, [77] il n’y a rien de pressé, de prêt ni d’assuré : il m’a dit depuis six jours qu’il lui faut encore un an pour achever d’apprêter les deux premiers tomes de sa copie, dont il y en aura huit en tout.

Nous ne voyons point M. Le Gagneur, [78] je ne sais ce qu’il fait. Guénault l’avait mis près du prince de Conti, [79] où il n’a guère gagné : le voilà bien récompensé d’avoir signé l’antimoine [80] (que c’est un bon remède, quand il est bien préparé et bien donné) ; [24] il eût mieux valu pour lui de ne bouger d’ici. S’il songe à aller chercher de la pratique à Tours, c’est signe qu’il n’a guère d’attache ni à Paris, ni avec son prince de Conti, avec lequel il n’y a rien à gagner, non plus qu’avec le prince de Condé, [81] son frère, où mourut l’an passé le pauvre Dupré [82] qui en a laissé sa maison ruinée, et où se morfond de présent un autre fou malheureux nommé Le Breton, [83] qui pensait avoir trouvé la pie au nid de quitter Paris et être près d’un prince. Longe a principibus salus[25] au diable le meilleur !

Ce 8e d’avril. Voici que je viens de recevoir de Genève une lettre de M. Huguetan l’aîné, laquelle il m’a écrite le lendemain de ses noces. Il est fort content, à ce qu’il me mande, d’avoir fait ce marché et j’en suis fort content aussi puisqu’il veut bien ainsi. [15]

M. Riolan me vient de dire que son méchant fils, tout prisonnier qu’il est, ne veut point se reconnaître ; qu’il ne veut renoncer à ses amours ni quitter cette femme, dont il a fait casser le mariage par arrêt solennel ; et j’en suis tant plus marri que cela afflige fort ce bonhomme. J’ai peur que cela ne nous l’emporte et ne nous prive de plusieurs bonnes choses qu’il a à nous donner. Il dit que s’il ne peut convertir son fils, qu’il le déshéritera et puis l’enverra quelque part en l’Amérique [84] afin qu’il y meure et qu’il ne le voie jamais. Ce bonhomme est tout outré de ce malheur de sa famille et je trouve que ce n’est point sans raison.

Le roi, la reine et Son Éminence, cum aliis paucissimis[26] sont dans le Bois de Vincennes [85] pour huit jours, après lesquels on parle d’un voyage de Fontainebleau, [86] ou de Chantilly. [87] On attend des nouvelles du ravitaillement du Quesnoy, [88] pour lequel effet on a envoyé sept ou huit mille hommes du côté de deçà et des garnisons qui étaient dans les villes de Picardie ; mais de savoir si le prince de Condé les lairra en approcher, ænigma est[27] Les nôtres ont du canon, qui est une marque que l’on s’y veut frotter tout de bon.

Nous n’avons rien de nouveau ni de certain d’Angleterre, mais il y a grande apparence que Cromwell [89] se soutiendra jusqu’au bout puisqu’il a si heureusement résisté jusqu’à présent à tant de conspirations et d’entreprises, tant contre sa personne que contre la place qu’il tient dans Londres.

On imprime ici des vers latins qui sont excellents contre l’antimoine [90] et un des nôtres, nommé Thévart, [91] qui s’était mêlé d’écrire quelque chose en faveur de ceux qui l’avaient approuvé. C’est celui-là même contre lequel est faite la préface de l’Alethophanes, il s’est fourré dans la mêlée de cette querelle en pensant faire plaisir à Guénault, duquel il espérait de la pratique ; en récompense de la pratique qu’il n’a pas eue, le voilà bien accommodé. Quand l’impression en sera achevée, je vous en enverrai pour vous et pour nos amis par quelque voie extraordinaire. Ce Thévart est un vilain camus, c’est pourquoi il est appelé dans le titre versificator parum nasutus[28]

On nous menace ici d’un nouveau livre intitulé Appendix ad Lenonem Guillemeum, etc.[29] à la fin duquel il y aura une chanson ajoutée. Ce n’est pas moyen d’apaiser la querelle, mais plutôt d’irriter les esprits de plus en plus.

Il y a dans Rouen un médecin nommé M. Le Noble [92] qui s’exerce fort aux dissections anatomiques[93] et qui en a fait plusieurs sur hommes et femmes depuis quelques années. Inquisivit ex eiusmodi cadaverum præsentia in novas opiniones Pecqueti et Bartolini, curiosa manu ac eruditis oculis[30] Il est tout à fait contre ces deux Messieurs susnommés et tient hardiment le parti et l’opinion de M. Riolan ; touchant quoi, il lui en a écrit une belle lettre en latin, laquelle même il parle de faire imprimer. Ce sera pour donner de la besogne à M. Pecquet, [94][95][96][97] qui n’a pas encore été si avant en ses expériences sur telle diversité de corps humains.

Notre maître Akakia, [98] par ci-devant professeur du roi à la place de M. Seguin, [99] n’osant entreprendre de faire des leçons publiques, après avoir occupé cette chaire plusieurs années sans en faire, enfin l’a quittée et a mis en sa place M. Denyau, [100] lequel fera demain sa harangue d’entrée ; si bien que voilà un nouveau compagnon que j’ai.

Vale et iterum vale. Totus ex animo tuus[31]

G.P.

De Paris, ce vendredi 9e d’avril 1655.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 9 avril 1655

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(Consulté le 15.11.2019)