Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 2 manuscrit, note 51.
Note [51]

« Ôtez ces statues de ma vue, je ne veux pas avoir d’auditeurs sourds et muets. » Cela se passait au Collège de Beauvais {a} où enseignait Pierre Ramus. {b}


  1. Presles-Beauvais, v. note [29], lettre 449.

  2. Pierre de La Ramée, v. note [7], lettre 264.

  • V. notes [7], lettre 25, pour Jean-Louis Guez de Balzac, et [12], lettre 35, pour son Recueil de nouvelles lettres (Paris, 1637), dédié au Chancelier Pierre iv Séguier (v. note [2], lettre 16).

    La quatrième page de son épître « À Monseigneur le Chancelier » et la suivante donnent un bel échantillon du style de Balzac :

    « Mais passant des mœurs à l’esprit, si de temps en temps il s’est élevé des révoltes contre les chefs des arts et des disciplines, et si, de la mémoire de nos pères, on a dit publiquement à Paris qu’Aristote était un mauvais sophiste, {a} je pense qu’on me fait courtoisie, en ce pays-là, quand on se contente de m’y appeler mauvais écrivain. Ce grand blasphémateur du nom d’Aristote, c’était, Monseigneur, le docteur Ramus, {b} qui, depuis, bien qu’il fût catholique, passa pour huguenot au Massacre, {c} et mourut de la mort des rebelles et des factieux. Et, de fait, quelques-uns ont cru que Dieu le permit ainsi par un juste jugement, et que l’Ange tutélaire des bonnes lettres prit le prétexte de la cause de la foi, afin de venger les injures qu’il avait faites à la Raison. » {d}


    1. « Celui qui fait des surprises dans l’argumentation, qui a dessein de tromper ceux qu’il veut persuader. Ce mot, qui est maintenant odieux, était autrefois honorable, et signifiait simplement, comme dit saint Augustin, un professeur d’éloquence » (Furetière).

    2. Pierre Ramus a abondamment écrit et enseigné contre Aristote, ce qui fut la cause se sa querelle mortelle avec Jacques Charpentier (v. note [51], lettre 97).

    3. Contrairement à ce que disait ici Balzac, Ramus avait abandonné la religion catholique pour le calvinisme en 1561, et fut l’une des nombreuses victimes parisiennes du massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572, v. note [30], lettre 211), bien antérieur à la naissance de Balzac (1597).

    4. On peut difficilement souiller plus méchamment la mémoire d’un éminent penseur, mort depuis 65 ans dans des circonstances aussi dramatiques. Cela explique la réponse cinglante du Borboniana, qui va suivre.

  • Le Borboniana citait trois biographies de Pierre Ramus :

    1. Petri Rami Veromandui, Eloquentiæ et Philosophiæ apud Parisios professoris Regij Vita, a Nic. Nancelio Trachyeno Noviodunensi, Rami discipulo et populari, descripta,

      [Vie de Pierre Ramus, natif du Vermandois, professeur royal d’éloquence et de philosophie à Paris, écrite par Nicolaus Nancelius, {a} natif de Tracy-le-Mont dans le Noyonnais, disciple et familier de Ramus] ; {b}

    2. Petri Rami vita per Ioannem Thomam Freigium,

      Vie de Pierre Ramus par Ioannes Thomas Freigius] ; {c}

    3. Petri Rami Veromandui, Philosophiæ et Eloquentiæ Regii professoris celeberrimi, Commentariorum de Religione Christiana, Libri quatuor. Nunquam antea editi. Eiusdem Vita a Theophilo Banosio descripta.

      [Quatre livres de Commentaires sur la religion chrétienne de Petrus Ramus, natif du Vermandois, très célèbre professeur royal de philosophie et d’éloquence, qui n’ont jamais été précédemment publiés. Theophilus Bonasius {d} y a écrit sa vie]. {e}


      1. Nicolas de Nancel, v. note [10], lettre 488.

      2. Paris, Claudius Morellus, 1599, in‑8o de 84 pages, qui se concluent sur le Testamentum P. Rami [Testament de P. Ramus] (pages 80‑85, daté de Paris, le 1er août 1568.

      3. V. note [22], lettre 449, pour Johann Thomas Freig. Il a imprimé ce texte au début a mis la sienne au début (pages 5‑46) des :

        Petri Rami Prælectiones in Ciceronis Orationes octo consulares. Una cum ipsius Vita per Ioann. Thomam Freigium collecta.

        [Leçons de Petrus Ramus sur les huit Discours consulaires de Cicéron. Avec la Vie de Ramus établie par Johann Thomas Freig]. {i}

        1. Bâle, Petrus Perna, 1585, in‑4o de 279 pages.
      4. Theophilus Banosius (Théophile de Banos), originaire de Bordeaux, mort en 1595, avait étudié à Paris dans les années 1570. Émigré ensuite Francfort pour y être pasteur calviniste, il a assuré des missions diplomatiques au service de l’électeur de Cologne (digitale bibliotheek voor de Nederlandse lettere). Dans cette courte bibliographie de Banos, se remarque en outre un opuscule intitulé :

        Theophili Banosii Censura orthodoxa in excommunicationem Sixti v PP. contra Henricum Borbonium, nunc Galliæ et Navarræ Regem Christianissimum : Innovata et aucta proœmio, quo subducuntur argumenta eorum, qui contra prædictum Regem arma sumpserunt.

        [Censure orthodoxe de Theophilus Bosanius contre l’excommunication de Henri de Bourbon, maintenant roi très-chrétien de France et de Navarre, prononcée par le pape Sixte v. {i} Revue et augmentée d’une préface, où sont réfutés les arguments de ceux qui ont pris les armes contre le susdit roi]. {ii}

        1. En 1585, v. note [20], lettre 405.

        2. Francfort, Ioannes Wechelus, 1592, in‑4o de 35 pages.
      5. Francfort, Andreas Wechelus, 1576, in‑8o de 348 pages ; occupant les 41 premières pages (non numérotées) et datée de Francfort, le 1er janvier 1576, cette Petri Rami Vita est plus ancienne et l’une des les plus citées.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 2 manuscrit, note 51.

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(Consulté le 25/02/2024)

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