À Charles Spon, le 3 décembre 1658
Note [1]

Philippi Douté, doctoris medici Parisiensis, de succo Cyrenaico Diatriba. Ad Bertinum Dieuxivoye eiusdem Facultatis doctorem [Diatribe (Dissertation critique) de Philippe Douté, docteur en médecine de Paris, sur le suc cyrénaïque. Contre Bertin Dieuxivoye, docteur de la même Faculté] (Paris, Nicolas Boisset, 1658, in‑4o, permis d’imprimer daté du 21 octobre 1658). Les deux approbations de la Faculté, signées Perreau et Charpentier, sont datées du 20 octobre 1658.

Philippe Douté, natif de Bourges, avait été reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en janvier 1657 (Baron). À la page 7 de son livre, il cite un passage (page 265) de L’Antimoine justifié… d’Eusèbe Renaudot (v. note [21], lettre 312), concernant Hippocrate :

« Le suc d’hippophaès, qui est une espèce de mouron, {a} lui servait à purger les eaux des hydropiques, et les sérosités qui occupent la hanche dans la sciatique, et autres maux causés de fluxion, aussi bien que celui de silphium ou benjoin, dit par excellence suc cyrénaïque pour ce que la plante dont il est extrait croît abondamment en la ville de Cyrène. » {b}


  1. Hippophaès : « petit arbrisseau qui croît dans la Morée, proche de la mer, en des lieux sablonneux. […] Sa racine est grosse, longue, remplie d’un suc laiteux très amer, d’une odeur forte. […] La racine de l’hippophaès est fort purgative » (Trévoux).
    Le mouron est une plante herbacée qu’on disait avoir des vertus contre les poisons, la manie, le délire, l’hydropisie et les obstructions.

  2. Ancienne colonie grecque de Libye, Cyrène a donné son nom à la Cyrénaïque.

Du suc cyrénaïque, dit de Galien, ou silphium, le dictionnaire de Trévoux dit :

« On fait un grand cas de cette racine en Libye, aux environs de Cyrène, tant à cause de ses grandes propriétés médicinales que de l’usage qu’on en faisait dans les ragoûts. Le suc ou la gomme de Cyrène était tellement estimé que les Romains déposaient dans le trésor public, comme quelque chose de fort rare, tout ce qu’ils en pouvaient acquérir. La connaissance du silphium de Cyrène était perdue longtemps avant que Pline écrivît. Les botanistes modernes croient reconnaître le silphium de Cyrène dans notre Assa fœtida. {a} James ne pense point ainsi, parce que Dioscoride dit que le silphium de Cyrène rend une odeur très agréable. »


  1. Gomme puante ou merde du diable.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 3 décembre 1658. Note 1

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(Consulté le 29.11.2020)

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