À Charles Spon, le 16 août 1650
Note [16]

Floretum philosophicum seu Ludus Meudonianus in terminos totius philosophiæ. Autore Antonio Le Roy Presbytero, Cenomanensi I.V. Licent. Opus elucubratum Meudonii in Musæo clariss. Fr. Rabelæsi, ibidem aliquando rectoris, Doctoris Medici et Scriptoris notissimi. Præmissis diversis Meudonii Elogiis et amplissima eiusdem Rabelæsi Commendatione [Jardin fleuri de philosophie, ou le Jeu meudonnais sur les limites de toute la philosophie. Par AntoineLe Roy, prêtre, licencié en droit du Mans. Œuvre travaillée avec soin à Meudon dans la bibliothèque du très illustre Fr. Rabelais, là même où il fut jadis curé, docteur en médecine et écrivain très connu. Avec au début divers éloges de Meudon et une très ample recommandation du même Rabelais] (Paris, J. Dedin, 1649, in‑4o).

Natif de La Ferté-Bernard (date inconnue), Antoine Le Roy fut chanoine du Mans puis régent de philosophie au collège d’Harcourt ; c’était un ardent admirateur de Rabelais dont il a fait l’apologie dans ce curieux ouvrage (G.D.U. xixe s.).

Guy Patin ajoutait ici entre parenthèses : « beaucoup de choses sur François Rabelais se trouvent dans la préface, qu’il a fournies à cet auteur, ce pourquoi je me la remémore très souvent. » L’expression est maladroite car il ne faut pas en déduire que Le Roy reçut directement sa matière de Rabelais (mort en 1553) : sa dédicace à Germain Piètre (procureur général de la Maison royale d’Orléans) est en effet datée de Meudon, le 1er janvier 1649. En outre, Le Roy remercie Patin lui-même dans sa préface :

Si mihi autem nunc adesset, quæ aliquando fuit apud Cenomanos ampla divesque Bibliotheca, nescio quid non de Rabelæso e meorum familiarum magistrorum consiliis atque concilio in medium proferrem. Sed quoniam in alieno velut peregrinus solo, nec non in rusticulo oppidulo, in quo quantumlibet illustri nulla librorum mihi subest facultas, nisi quos succisivis horis mutuos a clarissimis viris M. Guidone Patin et Iacobo Mantel, mihi perbenevolis Doctoribus Medicis, aliisque non ingratis amicis me Parisiis obtinuisse fateor : sed non, ut necesse fuisset, præ multitudine magnitudineque voluminum ab urbe transferendos, devorandos potius quam legendos, volutandos magis quam degustandos.
[Si je me représente maintenant ce qu’a jadis été la vaste et riche bibliothèque du Mans, je ne sais pourquoi je n’exposerais pas publiquement ce que j’ai tiré de l’assemblée et des avis de mes maîtres familiers à propos de Rabelais. Mais parce que je suis comme un étranger dans un pays hostile, et aussi dans une petite ville de province où, si connue qu’elle puisse être, je ne dispose d’aucun accès facile aux livres, j’avoue les avoir occasionnellement obtenus de Paris, par emprunt à MM. Guy Patin et Jacques Mentel, hommes très brillants et docteurs en médecine qui ont été fort bien intentionnés à mon égard, et à d’autres aimables amis ; ce n’était pas pour le seul besoin de les faire venir de la capitale en raison de la qualité et la quantité des volumes, mais pour les dévorer plus que pour les lire, pour m’y vautrer plus que pour les déguster].

Outre sa longue préface sur Rabelais, le reste de l’ouvrage est un ennuyeux répertoire de notions philosophiques rangées par ordre alphabétique : de A à Zona (les zones de la Terre et du Ciel).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 août 1650. Note 16

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(Consulté le 19.09.2020)

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