Autres écrits : Thomas Diafoirus (1673) et sa thèse (1670)
Note [27]

Le 28 avril 1672, a peine un mois après la mort de Guy Patin (30 mars), Philippe ii Hardouin de Saint-Jacques (mort en 1677) a encore présidé à Paris la thèse cardinale de François Bazin, natif de Coutances, Estne sanguinis motus circularis impossibilis ? [Le mouvement circulaire du sang n’est-il pas impossible ?], qui concluait par l’affirmative : Ergo motus sanguinis circularis est impossibilis.

Les arguments en étaient fort semblables à ceux de la thèse de Jean Cordelle et Patin : la circulation du sang est contraire à l’anatomie, à la physiologie et à la vie elle-même, car elle sèmerait la destruction dans le corps et priverait le médecin de ses plus puissants remèdes. Le deuxième article dépeint sans détour cette Apocalypse :

Ne quidem pseudocyclosis sanguini convenire potest, qua ab uno loco, puta corde, recedens sanguis per arterias in venas protrusus per easdem in idem punctum nimirum cor, redire jocose fabulatus est harveius toto divisus orbe Britannus. Eum fictitium sanguinis motum circulationis nomine donant ejus opifices, acyrologia utentes, cum iste motus imaginarius obliquus, tortuosus, et flexuosis ambagibus implexus sit, vero circulari motui e diametro oppositus. Ab illa adulterina cyclophoria, multiplicia damna exurgunt. Cor viscus omnium nobilissimum, servili muneri mancipatum, vitiosos omnes humores transmitteret ; Syphilidis materiam, Lepræ, Elephantiasis, scabei, impetiginis, rabiei, Scorbuti, affectuum Hypochondriacorum, abscessuum, febrium omnium, etiam interpolatarum, non sine maxima læsione, quæ plærumque lethalis existeret, cum a quavis maligna aura ad cor appellente lipothymia excitetur. Quomodo pulmones teneri et molles immunes erunt a labe et virulenta istorum humorum qualitate ? Quonam pacto hepar sanguinem laudabilem generaret venenatis humoribus infectum ? Spiritus vitales inquinarentur, animales vitiarentur, omnes functiones interturbarentur, naturales, vitales, animales. Solem de mundo plane tollere videntur, cor de microcosmo sisyphidæ : cum illud non solum ollæ coquinariæ, sed cloacæ atque sentinæ æquiparant, quod sapienter Medici contra e cloaca arcem faciunt. Posita illa sanguinis in gyrum flexione, nulla febris erit intermittens, exulabit arteriotomia si idem sanguis in venis et arteriis contineatur. Inutilis erit phlebotomia, nec amplius plethoræ erit remedio, quam expungunt circaneæ avis æmuli, temperando sanguini, revellendo, derivando prorsus esset ineficax : perinde erit quæ vena secetur in pleuritide, et alia qualibet inflammatione, cum sanguis universus perenni motu ad cor refluat, quia circulari motui nullus adversatur : nulla habebitur ratio lateralis affecti, nulla rectitudinis fibrarum. Refrigerationi sanguinis neutiquam inserviet, cum denuo per rotatilem illum motum in corde calefieri debeat, et minori reddita per venæ sectionem sanguinis quantitate pluries versoriam capiet, ut a putredine sanguis vindicetur repetitis circumvolutionibus, putridis proinde febribus in venæ sectione nihil amplius erit præsidii, nec crudis existentibus humoribus, quia versorio illo motu recoquentur. Purgatio admisso isto errore phanatico vix ac ne vix quidem morbis expugnandis accommodari poterit : quoniam rapidus sanguinis motus coctionem impediet, quæ quietem efflagitat, secretionem et excretionem humoris peccantis interpellabit, et catharticum circulum illum absolvens effœtum redderetur, aut taracticum. Evanida erunt alloiotica, et reliqua medicamenta. Aquæ metallicæ vires suas deponent rotatilem illum cursum absolventes. Serum in isto aheno amplius calefactum acrius reddetur, majori cum ferocia articulos impetiturum, unde graviores erunt arthritides, et atrociores rheumatismi. Sola εμετηρια citatioris istius in gyrum flexionis impetum effugerent. Sicque Medici inermes reddentur, totum in sanandis ægritudinibus naturæ negotium committentes. Quæ istius rotationis beneficio omnium erit morborum medicatrix, Medicus autem spectator erit otiosus armis suis spoliatus, solis veneficis protervus iste orbiculatus sanguinis flexus favebit, qui nunquam exhibito toxico suo fine frustrabuntur.

[Un mouvement pseudo-giratoire ne peut convenir au sang. Contre le monde entier, le Britannique Harvey en a discouru, prétendant par plaisanterie que, parti d’un unique lieu, supposé être le cœur, le sang se répand par les artères dans les veines, pour retourner au même point, à savoir le cœur, en étant propulsé à travers ces mêmes veines. Ceux qui l’ont inventé donnent le nom de circulation à ce mouvement fictif du sang ; la dénomination est impropre puisque ce mouvement fictif est oblique, tortueux et sinueux, entortillé dans des détours et à vrai dire, diamétralement opposé à un déplacement circulaire. Cette giration frelatée engendre maints dommages. Le cœur, qui est le plus noble de tous les viscères, serait rabaissé à la fonction servile de propager toutes les humeurs viciées : matières de la syphilis, de la lèpre, de l’éléphantiasis, de la gale, de l’impétigo, de la rage, du scorbut, des affections hypocondriaques, {a} des abcès, de toutes les fièvres, même intermittentes, non sans un très grand dommage qui, la plupart du temps, se montrera mortel puisque n’importe quelle vapeur maligne provoquera l’évanouissement en atteignant le cœur. Comment les poumons, qui sont délicats et mous, seront-ils à l’abri de la destruction et de la qualité virulente de ces humeurs ? Comment le foie produira-t-il un sang louable quand il sera imprégné d’humeurs empoisonnées ? Les esprits vitaux et animaux se trouveraient corrompus et gâtés, toutes les fonctions perturbées, qu’elles soient naturelles, vitales, animales. Soustraire le cœur du microcosme d’Ulysse, c’est tout à fait comme soustraire le soleil au monde : {b} le cœur devient l’égal non seulement d’une marmite de cuisine, mais aussi d’un cloaque et d’un égout ; quand contre lui, des médecins raisonnables font une citadelle d’un cloaque. {c} Une fois admise cette flexion circulaire du sang, nulle fièvre ne sera intermittente, l’artériotomie sera bannie si veines et artères contiennent le même sang. {d} La phlébotomie sera rendue inutile et il n’y aura plus de remède à la pléthore ; comme abolie par les tournoiements d’un oiseau de mauvais augure, elle deviendrait absolument impuissante à équilibrer, à soustraire, à détourner le sang. Il en ira de même pour décider quelle veine saigner dans la pleurésie, comme dans n’importe quelle inflammation, {e} quand tout le sang refluerait vers le cœur, car rien ne s’opposerait à son mouvement circulaire : {f} plus aucun compte à tenir du côté affecté, ni de la rectitude des fibres. {g} Il n’y aurait aucune utilité à rafraîchir le sang puisque ce mouvement circulaire devrait le réchauffer sans cesse dans le cœur et ferait plusieurs fois virer de bord à la fort petite quantité sang que la phlébotomie a extraite ; puisque ses circonvolutions répétées délivreraient le sang de la putréfaction, la phlébotomie perdrait son utilité dans les fièvres putrides, et il n’existerait plus d’humeurs crues car ce louvoiement continu les recuirait. Si on admet tant soit peu cette délirante erreur, il est clair que la purgation ne pourra plus servir à chasser les maladies : le mouvement rapide du sang empêchera la coction, qui requiert du calme ; il empêchera la sécrétion et l’excrétion de l’humeur peccante ; l’admettre, c’est rendre le cathartique impuissant, ou taractique. {h} Les altérants, {i} comme le reste des médicaments, seront rendus inefficaces. Laissant libre cours à ce cheminement tournoyant, les eaux minérales perdront leurs pouvoirs. Rendu plus échauffé et plus âcre dans ce chaudron, le sérum attaquera les membres avec très grande férocité : {j} les gouttes seront plus graves et les rhumatismes plus atroces. Seuls les émétiques échapperont au mouvement qu’imprime cette flexion giratoire très rapide. {k} Ainsi les médecins se trouveront-ils démunis, eux qui se consacrent entièrement au souci de soigner les indispositions de la nature. Par la faveur de cette rotation, c’est elle qui remédiera à toutes les maladies ; mais le médecin, dépouillé de ses armes, en deviendra le spectateur oisif. Cet impétueux mouvement circulaire du sang ne favorisera que les empoisonneurs, qui jamais ne trouveront de limite à prescrire leurs venins].


  1. Les aliénations mentales (v. note [4], lettre 514).

  2. Solem enim e mundo tollere videntur, qui amicitiam e vita tollunt [Ceux qui soutraient l’amitié à la vie semblent en effet soustraire le soleil au monde] (Cicéron, De l’amitié, chapitre xiii). Microcosme, ou petit monde, « ne se dit que de l’homme, qu’on appelle ainsi par excellence, comme étant un abrégé des merveilles du monde » (Furetière) ; l’allusion à celui d’Ulysse, fils de Sisyphe (Sisyphides), est obscure.

  3. Arcem ex cloaca facere est un adage latin qui sert à décrire « ceux qui portent aux nues une affaire ou un individu sans valeur » (Érasme, no 3494) ; Cicéron l’a employé au début du chapitre  xl de son Plaidoyer pour Plancius : Nunc venio ad illud extremum in quo dixisti, dum Plancii in me meritum verbis extollerem, me arcem facere e cloaca [J’en viens maintenant à votre dernier reproche : élever si haut, dites-vous, le service que m’a rendu Plancius, c’est faire une citadelle d’un cloaque]. Le dicton servait ici à ridiculiser les médecins qui érigeaient en nouveau dogme la circulation de Harvey.

  4. V. infra note [10].

  5. V. note [6], lettre latine 412.

  6. De fait, la circulation du sang mettait fin aux interminables discussions, aussi âpres que vaines, sur la meilleure veine à saigner suivant le lieu de maladie (v., par exemple, Le point d’honneur médical de Hugues ii de Salins).

  7. La « rectitude des fibres » était une autre lubie médicale que la circulation du sang réduisait à néant. Abraham Zacutus Lusitanus (v. note [7], lettre 68) a consacré le Præceptum xxxvii de son Introitus Medici a praxin [Initiation du médecin à la pratique] à l’examen du principe avicennien de rectitude : Medicus a rectitudine non recedat, etsi non appareat iuvamentum [Que le médecin ne s’écarte pas de la rectitude, quoiqu’elle n’apparaisse pas secourable] (Zacuti Lusitani… Operum tomus secundus… [Second tome des Œuvres… de Zacutus Lusitanus…], Lyon, Jean-Antoine Huguetan et Guillaume Barbier, 1667, in‑fo), avec entre autres, cette brumeuse justification (page 24) :

    Cur vero tantum possit rectitudo, et vacuationes factæ secundum rectum, citius et utilius evacuent à parte affecta, dubium arduum est : pro cuius solutione varii varie respondent, et in primis qui acutius ratiocinantur, hanc rectitudinem in filamentis oblongis, et rectis esse constituendam peruasere sibi, quia ea pars in qua vena secatur, quando filamenta recta, et oblonga extendit usque ad partem affectam, ita ut utrique sint communia, dicitur servare rectitudinem, quia habet communionem, et consensum fibrarum rectarum.

    [Il est difficile de douter que la rectitude soit dotée d’un très grand pouvoir, et que les évacuation pratiquées en droite ligne vident plus rapidement et plus efficacement la partie affectée. Pour s’en acquitter, divers auteurs répondent diversement ; et en premier, ceux qui pensent plus précisément qu’il faut se persuader que cette rectitude est organisée en filaments longs et en filaments droits ; parce que quand les filaments y sont à la fois longs et droits, la partie où l’on saigne la veine s’étend jusqu’à la partie affectée ; quand il y a convergence des deux sortes de filaments, on dit qu’on observe la rectitude, car il y a communauté et accord des fibres droites].

  8. Jeu de mots grecs entre cathartique (purgatif, propre à nettoyer) et le néologisme taractique (taraktikos, propre à perturber).

  9. V. note [23], lettre 156.

  10. Sérum est à comprendre ici dans le sens moderne de partie liquide du sang et de la lymphe, que lui a donné le Dictionnaire de Trévoux (1743-1752) :

    « Liqueur aqueuse, claire, transparente, un peu salée, qui s’épaissit sur le feu et qui fait une partie considérable de la masse du sang. Le sérum n’est point différent de la lymphe : il est porté par les artères dans toutes les parties du corps, d’où il revient en partie par les veines, et en partie par les vaisseaux lymphatiques. Le sérum qui est dans les artères et dans les veines, est mêlé avec le sang ; mais celui qui est dans les vaisseaux lymphatiques en est séparé. L’usage du sérum est de nourrir les parties du corps, et de rendre le chyle et le sang plus fluides. L’urine et la sueur ne sont que le sérum qui, en circulant, a perdu ses parties nourricières, et qui s’est empreint de sels usés et d’autres parties excrémenteuses, avec lesquelles il s’est séparé dans les glandes des reins et dans celles de la peau. L’abondance et le vice du sérum sont cause de plusieurs maladies. »

  11. Croyance naïve dans le fait que les mouvements du sang n’affectaient pas l’effet des médicaments qu’on administrait par la bouche (comme le vin émétique d’antimoine), car on croyait leur action purement locale, directement sur l’estomac.


Pour la seconde fois au cours de son décanat (v. supra note [16]), Denis Puilon tolérait qu’un bachelier disputât contre la circulation du sang. Il s’est contenté d’enregistrer cette thèse dans les Comment. F.M.P., selon la coutume et sans remarque. Bazin s’était pour tant fait remarquer lors de sa seconde quodlibétaire, présidée par Claude Quiquebeuf le jeudi 4 février 1642, sur la question An diabeti lac Asinum ? [Le lait d’ânesse convient-il dans le diabète ?] (conclusion affirmative). Le doyen et son père, Gilbert Puilon, avaient été membres du jury. La Compagnie s’en était émue et avait rudement sévi (Comment. tome xv, page 545‑546) :

Die Sabathi sexta februarii 1672. habita sunt comitia ordinaria hora decima matutina post sacrum in quibus deliberatum est super eruditione M. Francisci Bazin baccalauræi, qui die jovis precedenti respondebat de quæstione quodlibetaria. Plures censuerunt monendum esse dictum Bazin ut officio suo melius fungatur. Cæteri quorum vicit numerus voluerunt dictum Bazin remitti in biennum et sic conclusit decanus.

[L’assemblée ordinaire s’est tenue le samedi 6e de février 1672 à dix heures du matin, après la messe. On y a délibéré sur l’érudition de M. François Bazin, bachelier qui, le jeudi précédent, avait répondu sur une question quodlibétaire. Plusieurs ont jugé qu’il fallait engager ledit Bazin à mieux s’acquitter de ses devoirs. Les autres, dont le nombre a prévalu, ont voulu, que ledit Bazin soit ajourné de deux ans, et ainsi le doyen en a-t-il conclu].

Bazin fit appel de cette décision le 13 février et obtint gain de cause le 16, en étant de nouveau autorisé à s’asseoir sur les bancs des bachelies de la Faculté. Les raisons de sa punition ne sont pas mieux expliquées. Elles pouvaient tenir à sa conduite et à ses mœurs, voire au contenu de sa thèse où le diabète était présenté comme une maladie chronique des reins source de multiples complications, {a} contrairement aux idées du temps, qui le tenaient pour un simple symptôme (Jean Fernel, Pathologie, livre iii, chapitre xi, pages 181‑182) : {b}

« […] il arrive quelquefois que l’urine est fort abondante, pour avoir trop bu de vin subtil, ou d’eau, ou pour avoir pris des médicaments diurétiques, ou par la rigueur du froid, ou par quelque autre incommodité des choses externes. Quelquefois aussi cela vient du vice des reins qui attirent puissamment de toutes les parties du corps les sérosités qu’ils font sans cesse répandre, et ce mal s’appelle diabetes, {c} à cause du prompt écoulement de l’urine, laquelle étant en ce cas fort abondante, est quant et quant {d} presque blanche, subtile, et sans hypostase. {e}

Quelquefois la trop grande quantité de l’urine procède d’un mal interne, comme lorsque quelque grand amas d’eaux retenues depuis longtemps en certain lieu viennent à s’écouler, soit en l’hydropisie, soit par une crudité aqueuse qui flottait autour des viscères, d’où elle se jette sur les reins avec impétuosité, ou par la force de la nature ; de même que quand l’on a quelque perturbation du ventre qui s’exerce de soi-même. Toute l’origine de cela est le vivre, car rien ne peut sortir du corps dont la matière n’y ait été autrefois introduite. Et quoique cette évacuation < ne > débilite aucunement les forces, néanmoins l’estomac et le ventre en sont soulagés, comme s’ils étaient par ce moyen déchargés de quelque fardeau, sans que le reste du corps en demeure exténué. Mais pourtant quelquefois la masse du corps et des humeurs vient à se liquéfier et sort parmi les urines, selon que nous l’avons remarqué en un certain ivrogne d’assez bonne constitution et replet, lequel de fort gros qu’il était, devint extrêmement maigre dans l’espace d’nviron huit jours, sans être aucunement malade. {f} On tient aussi que cela procède de chaleur, ou par la violence d’une fièvre qui fait ainsi fondre les humeurs ; et lors l’urine est abondante, toutefois on ne remarque pas qu’elle soit ni blanche, ni subtile, mais enflammeuse, vineuse ou de couleur de passe, {g} avec quelque chose de gras et huileux au-dessus. {h} Et cela est un commencement de fièvre hectique. » {i}


  1. Fin du premier article de la thèse de Bazin sur le diabète :

    malorum Ilias inde dimanet : seri in fauces illapsu, tussis, angina, catarrhus ; in thoracem depluvio, dyspnœa, asthma orthonœa ; in partes superas excursu, coma, convulsio, apoplexia ; desultoria sui ob erratione, pleuritis, rheumatismus, arthritis.

    [Une iliade de maux {i} en découlera : toux, angine et catarrhe par irruption de sérosité dans la gorge ; dyspnée, asthme et orthopnée par engorgement du thorax ; coma, convulsions et apoplexie, par irruption dans les parties supérieures ; pleurésie, rhumatisme et goutte par aberrant déséquilibre de tout le corps].

    1. D’innombrables maux (v. notule {a}, note [6] du Traité de la Conservation de santé, chapitre ii) : sinon infinie, la liste des complications du diabète est fort longue, aiguës (coma) et chroniques (grandes et petites artères, reins, nerfs, yeux, infections, etc.).
  2. Traduction française de Paris, 1655, v. note [1], lettre 36.

    Bien qu’elle soit fort indirecte, je profite de l’occasion pour parler du diabète car elle est unique dans toute notre édition.

  3. Conforme à l’orthographe du temps.

  4. En même temps.

  5. Sédiment.

  6. Cas auquel je n’ai pas trouvé de plausible explication pathologique moderne.

  7. Texte original : flammea, vinea aut passea [couleur de flamme, de vin ou de raisin sec (passum)].

  8. Cela ne ressemble guère aux urines poisseuses du diabète sucré. Thomas Willis (v. note [8], lettre de Thomas Bartholin datée du 25 septembre 1662), en 1659, a pressenti la présence de sucre (glucose) dans les urines diabétiques ; mais elle n’a été démontrée que bien plus tard, A singular case of diabetes, consisting entirely in the quality of the urine ; with an inquiry into the different theories of that disease. By Thomas Cawley, M.D. late chief surgeon to the forces in Jamaica [Un cas singulier de diabète, consistant entièrement en la qualité de l’urine ; avec une recherche sur les différentes théories de cette maladie. Par Thomas Cawley, docteur en médecine, ancien chirurgien en chef des troupes de Jamaïque] (The London Medical Journal, 1788, pages 286‑308) :

    Allen Holford, Esq., aged thirty-four years, strong, healthy, and corpulent, accustomed to free living and strong corporeal exertions in the pursuit of country amusements, in December, 1787, was seized with diabetes ; but the cause of the great degree of emaciation and debility which gradually came on was not discovered until March 20th, 1788, at which time his urine was found to be sweet, fermentable with yeast, and two pounds, on evaporation, yielded about five or six ounces of sweet black extract, exactly ressembling that preparation of melasses made by confectioners for children, and vulgarly called coverlid.

    [En décembre 1787, M. Allen Holford, homme corpulent, solide et en bonne santé, âgé de trente-quatre ans, habitué à la vie libre et aux exercices que procurent les distractions de la campagne, fut atteint de diabète ; mais la cause de l’amaigrissement et de l’épuisement importants qui se développèrent alors progressivement ne se révéla que le 20 mars 1788, {i} quand on découvrit que son urine était sucrée, qu’elle fermentait en présence de levure et qu’après évaporation, deux livres en produisaient cinq ou six onces {ii} d’un résidu noir et sucré, ressemblant exactement aux caramels que les confiseurs font pour les enfants, préparation qui est vulgairement appelée coverlid]. {iii}

    1. Le malade mourut le 18 juin suivant. L’insuline qui lui manquait et qui l’aurait sauvé n’a été découverte qu’en 1921 par les Canadiens Frederick Banting et Charles Best.

    2. Soit 140 à 168 grammes pour 908 grammes d’urine.

    3. Je n’ai pas trouvé ce qu’était exactement cette sucrerie qui portait le nom de « couvercle » : elle devait ressembler aux roudoudous de mon enfance, coquillages remplis de sucre cuit à lécher.

    Contrairement à une légende tenace (à laquelle j’ai moi-même longtemps cru), nul n’avait parlé d’urine sucrées (ou miellées) avant Cawley, car on se contenait de les regarder (mirer, v. note [17], lettre 1033), sans les goûter, ce qui aurait permis de distinguer trois sortes de diabètes : « sucré » (insuffisance pancréatique), « salé » (insuffisance surrénale) et « insipide » (insuffisance hypophysaire).

  9. V. note [8], lettre 98, pour cette dénomination du marasme qui caractérise les diabètes sucrés les plus graves et que Bazin décrit et cherche à traiter dans le dernier article de sa thèse.

En dépit de sa provocante cardinale contre la circulation qui suivit, Bazin figure au dernier rang des six licenciés proclamés par la Faculté le 27 juin suivant (ibid. page 556) ; néanmoins, il n’eut pas accès aux actes doctoraux parisiens.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Thomas Diafoirus (1673) et sa thèse (1670). Note 27

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(Consulté le 07.02.2023)

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