L. latine 373.  >
À Sebastian Scheffer,
le 25 septembre 1665

[Ms BIU Santé no 2007, fo 197 ro | LAT | IMG]

Au très distingué Sebastian Scheffer, à Francfort, par M. de Bobière. [a][1][2]

En plus de la lettre que je vous ai envoyée le mois dernier, [1] par l’intermédiaire de Sebastian Switzer, [3] je vous écris de nouveau pour avoir des nouvelles de vos affaires, c’est-à-dire de votre santé, celle de votre épouse et de votre petit garçon, à qui je souhaite les heureuses années de Nestor. [4][5] Dites-moi donc tout cela, je vous prie, et aussi où vous en êtes dans la nouvelle édition des livres de Medicamentis officinalibus de Caspar Hofmann. [6] Que nous rumine votre graveur, a-t-il changé d’avis, ou s’en tient-il à sa décision ? [2] La reine mère est en vie, [7] mais seulement en vie, avec un très faible espoir de salut, entre les mains d’empiriques et de chimistes, [8][9] qui affluent en grand nombre à la cour ut faciant rem, si non rem, quocumque modo rem[3][10] Ces monstres d’hommes font les délices des princes, mais ils se jouent d’eux. [11] On dispute ici, au Parlement et dans la Société de Sorbonne, [12] sur l’infaillibilité du pape, [13] mais contre son gré. [14] Notre France est beaucoup plus sorbonique que papiste ; en cela, les moines [15] et autres Gnathon [16] de la curie romaine [17] ne peuvent pas grand-chose contre les très rudes avis ou les ordonnances de notre roi. [18] Une peste très meurtrière sévit à Londres. [19] M. Mocquillon [20] vous salue. Qu’y a-t-il de nouveau chez vous en librairie ? Le mois prochain, paraîtra à Lyon la nouvelle édition des Opera omnia de Daniel Sennert, [21] avec l’addition d’un livre de lettres qu’ont échangées Sennert et Michael Döring. [4][22] N’avez-vous rien reçu à m’envoyer venant de M. Meibomius, [23] très savant jeune homme, qui est professeur à Helmstedt ? [24] Il me l’a écrit, mais vous ne m’en parlez pas. [5] Vale, aimez-moi et écrivez-moi si ça vous chante, par la voie de M. Öchs, [25] qui vous remettra celle-ci. [6]

De Paris, le 25e de septembre 1665.


a.

Brouillon autographe d’une lettre que Guy Patin a écrite à Sebastian Scheffer, ms BIU Santé no 2007, fo 197 ro.

V. infra note [6], pour Firmin Bobière.

1.

Lettre du 29 août 1665.

2.

V. notes :

3.

« pour faire fortune, honnêtement, ou sinon par quelque moyen que ce soit » (Horace, v. note [20], lettre 181).

V[3], lettre 806, pour la tumeur mammaire d’Anne d’Autriche et l’afflux de charlatans à son chevet.

4.

V. notes :

5.

Depuis plus d’un an, Guy Patin attendait les opuscules médicaux divers qu’il avait choisis dans le catalogue d’Henning Müller, libraire-imprimeur académique d’Helmstedt, et qu’il avait demandé à Heinrich Meibomius de lui acheter (v. note [2], lettre latine 311).

6.

Ce propos final contredit apparemment la suscription qui donne Firmin Bobière (v. note [5], lettre latine 311, écrit de Baubières dans le manuscrit) pour l’intermédiaire à qui Guy Patin confiait le soin de porter sa lettre. Bobière devait être en relation commerciale avec Öchs et partait de Paris pour Francfort avec des marchandises ; il ne devait pas connaître Sebastian Scheffer et voulait s’épargner la peine de le trouver pour lui remettre son courrier.

s.

Ms BIU Santé no 2007, fo 197 ro.

Viro Cl. Seb. Scheffero, Francofurtum.
Par M. de Baubieres.

Præter eam quam ad Te scripsi misique per Seb. Switzerum, mense
nuper elapso, iterum scribo ut sciam de tuis rebus. i. de tua valetudine, uxoris
et filioli, cui Nestores annos et felices exopto. Fac quæso ut illa sciam : ut et
quid cogites de nova Editione libri de Medicamentis Officinalibus C. Hofmanni. Quid
molitur vester Chalcographus ? mutavitur consilium ? an pergit in
suo proposito ? Regina Parens vivit, sed dumtaxat vivit, cum exigua spe
salutis, inter manus Empiricorum et Chymistarum, qui frequentes in aulam
conflunt, ut faciant rem, si non rem, quocumque modo rem. Ejusmodi
monstris hominum Principes delectantur atque deluduntur. Hîc actum est in
Senatu et in Collegio Sorbonico de infallibilitate Papæ, sed ejus ingratijs.
Gallia nostra magis est Sorbonica quàm Papistica : nec pro eo multum
possunt Monachi, et alij gnathones aulæ Romanæ, adversus acerrima Regis
nostri consilia, vel placita. Londini grassatur lues pestilens vehementissima.
Dominus Mocquillon Te salutat. Quid habetis apud vos novi in re literaria ? mense
proximo prodibit Lugduni nova Editio omnium Operum Dan. Sennert, cum Auctario
novo Epistolarum ejusdem Senn. et Mich. Doringij, amœbæarum.
Nihilne acci-
pisti mihi mittendum, à D. Meibomio, Profess. Helmstadiensi, juvene doctissimo ?
Hoc ille scripsit ad me, sed per Te nihil audio. Vale, et me ama : et scribe si lubet
per viam D. Ochs, qui hanc Tibi reddet. Parisijs, 25. Sept. 1665.


Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Sebastian Scheffer, le 25 septembre 1665

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1406

(Consulté le 21/04/2024)

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