Dievx de la BIV : le calendrier qui dévoile tout

dieuxEn ce début d’avril, la bibliothèque vous propose de porter un regard nouveau sur les représentations scientifiques du corps humain. Nous vous offrons donc la première page de notre calendrier des « DIEVX DE LA BIV » que vous retrouverez désormais chaque mois.

La numérisation récente des dessins originaux de Nicolas Henri Jacob pour le Traité de l’anatomie de l’Homme de Jean-Marc Bourgery (consultable gratuitement dans notre bibliothèque numérique Medic@, avec plus de 120.000 autres documents) nous a tout naturellement fourni le modèle idéal pour représenter dignement ce mois d’avril 2016 (et pourtant, en avril, « ne te découvre pas d’un fil », comme le proclame le dicton).

Chloé Perrot

Mise en ligne du Libellus de Dentibus d’Eustache

Après La Fabrique de Vésale et autres textes et la Correspondance française de Guy Patin, un nouveau projet s’ajoute à la rubrique des éditions critiques de la BIU Santé : le Libellus de Dentibus de Bartolomeo Eustache.

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Portrait de Bartolomeo Eustache, extrait de Brambilla, Storia delle Scoperte Fisico Medico-Anatomico-Chirurgiche…, 1780-1782 (Cote BIU Santé 6758)

Bartolomeo Eustache (vers 1510 – 1574), anatomiste italien, a marqué l’âge d’or de l’anatomie au XVIe siècle, comme Vésale, Fallope, Colombo, ou Fabrizio d’Aquapendente. Il a décrit de nombreux organes, dont les reins, le système veineux, l’organe de l’ouïe. Il a laissé son nom à un canal de l’oreille moyenne, la trompe d’Eustache. Et il s’est, donc, intéressé aux dents. Publié en 1563, ce « petit livre sur les dents », premier ouvrage d’anatomie entièrement consacré à ce sujet, se concentre sur l’étude de la dentition humaine sous tous ses aspects (embryologie, anatomie, pathologie, etc.). La précision de ses observations, parfois inédites, et la finesse de ses déductions font du Libellus de dentibus un ouvrage majeur dans l’histoire de l’odontologie. Bien qu’admirateur de Galien, Eustache n’hésite pas à remettre en question les connaissances des auteurs antiques ; il critique aussi, avec plus ou moins de sévérité, les théories de ses contemporains, notamment celles d’André Vésale envers lequel il a semble-t-il nourri une rancœur toute particulière.

La reconnaissance complète de l’importance d’Eustache a été tardive : son œuvre aujourd’hui la plus connue est restée occultée dans l’entourage de Pietro Matteo Pini, son disciple et héritier scientifique pendant plus d’un siècle, et ne fut retrouvée et publiée par Lancisi que bien longtemps après sa mort : il s’agit des Tables anatomiques gravées, qui ne furent publiées qu’en 1714. Quant à l’œuvre odontologique, appropriée par Hémard et maladroitement retransmise, elle restera incomprise jusqu’aux découvertes de John Hunter qui en démontreront la pertinence et la précocité scientifique (Anatomy of the human teeth, 1771).

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Eustache procédant à une dissection, détail du frontispice des Tabulae Anatomicae, 1717 (Cote BIU Santé 1938)

C’est la première fois que ce texte fondamental de l’odontologie est publié et traduit en français, grâce au travail de Micheline Ruel-Kellermann et de Marie-Rolande Leyrat-Cornuejols.
Les éditrices ont travaillé à partir de la première édition du Libellus de dentibus (Venise, 1563). Elles ont joint au texte les annotations de Pietro Matteo Pini, disciple et héritier scientifique d’Eustache, publiées en annexe du volume. Ces notes sont, pour beaucoup, des références aux autorités antiques (Aristote, Galien, Hippocrate, etc.) que cite Eustache, et que son disciple a clairement identifiées. L’index a aussi été traduit par Micheline Ruel-Kellermann : Pini y reprend, classés par ordre alphabétique, les grands thèmes abordés dans le Libellus par son maître, avec un renvoi vers le ou les passages concernés. Une introduction accompagne ce travail d’édition.

Sur le modèle de ce qui a été développé pour La Fabrique de Vésale et autres textes, les textes de la traduction et de la transcription ont fait l’objet d’un premier traitement en TEI (Text encoding Initiative) ; puis, ils ont été intégrés dans une base de données FileMaker Pro associée à Lasso pour l’affichage dans une interface de consultation.

Cette interface présente dans différentes fenêtres les images numériques du Libellus, la transcription et la traduction du texte. L’écran peut par ailleurs être divisé en deux, pour mettre en regard deux parties ou deux versions du texte.
Les notes de Pini, ajoutées à la fin du volume dans l’édition originale, ont été replacées dans le texte d’Eustache pour faciliter leur consultation, et des appels de notes ont été ajoutés. L’index fait l’objet d’un chapitre à-part.
Pour plus de détails, voir le mode d’emploi de l’interface.

L’édition du Libellus de dentibus et les textes d’accompagnement sont placés sous licence Creatives Commons (BY-NC : pas d’utilisation commerciale) par ses auteurs.

Claire Ménard

Dessine-moi un mouton… mort

L’Animal écorché

À l’occasion des travaux effectués sur le site de la faculté de pharmacie de Paris, l’équipe du laboratoire de Pharmacologie a trouvé un ensemble de 25 planches pédagogiques anciennes représentant l’anatomie, la physiologie et la neurologie animales.

Ces planches, au format paysage et portrait, mesurent principalement 100 x 75 cm ; les plus grandes peuvent atteindre 1,50 mètre de long. Elles sont confectionnées sur des papiers Lana de fort grammage, ou sur des papiers toilés, tenus par deux baguettes de bois.

22 des 25 planches sont signées V. Géniole et sont datées de 1948, 1949 et 1955. Une planche datée de 1963 est signée R. Diome.  Les représentations anatomique, myologique et neurologique des animaux sont réalisées à l’encre noire rehaussée de peinture.

Cinq animaux sont surtout représentés sur ces planches : le chien, le lapin, le mouton, le cobaye et la grenouille (ou le crapaud).

Cette collection est désormais conservée au pôle Pharmacie-Biologie-Cosmétologie de la BIU Santé. Elle vient enrichir l’importante collection d’environ 150 planches de parasitologie conservées au pôle Médecine-Odontologie.

Cette découverte permet également de mieux connaître le matériel pédagogique utilisé à la faculté de pharmacie de Paris depuis la fin du XIXe siècle et jusque dans les années 1960-1970, au moment où de nouveaux supports sont venus remplacer les anciens.

Rappelons aussi le travail effectué par les collègues du Musée François Tillequin en matière d’inventaire et d’analyse des planches pédagogiques de botanique (une centaine de planches) et de matière médicale (environ 120 planches) dont les plus anciennes remontent à 1896.  Voir à ce sujet la thèse de Louis Avakiantz et les planches qu’il a photographiées.

Les planches photographiées et décrites par Louis Avakiantz ont été intégrées à la Banque d’images et de portraits de la BIU Santé. Elles côtoient d’autres planches pédagogiques issues, celles-ci, des collections de l’Assistance Publique et des Hôpitaux de Paris qui documentent l’histoire et l’enseignement de la neurologie.

Philippe Galanopoulos

La Fabrique de Vésale. La mémoire d’un livre (journées d’étude)

Dans le cadre des manifestations de commémoration de la naissance d’André Vésale (1514-1564),

Avec le soutien de l’Académie nationale de médecine et de la Société française d’histoire de la médecine, la Bibliothèque interuniversitaire de Santé et la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine organisent deux journées d’étude les vendredi 21 et samedi 22 novembre 2014 :

La Fabrique de Vésale. La mémoire d’un livre

Coordination : Jacqueline Vons, Vice-présidente de la Société française d’histoire de la médecine.

Le traité De humani corporis fabrica publié par André Vésale (1514-1564) à Bâle en 1543 chez Oporinus est considéré comme un des livres fondateurs de l’anatomie moderne qui, tant par le texte que par l’image, a marqué d’une empreinte durable notre mémoire.

Les journées d’étude ont pour but de confronter les recherches en cours sur la Fabrique, à la fois légataire et origine d’un savoir sur le corps, à commencer par l’instrument premier qui est le livre d’anatomie dans son aspect matériel. On pourra alors s’interroger sur la validité (ou non) d’une reconnaissance par les médecins ultérieurs d’un savoir spécifique, en examinant les copies, les corrections et les ajouts revendiqués comme tels au livre de Vésale, l’affranchissement de l’illustration par rapport au texte et son éventuelle utilisation à d’autres fins que l’anatomie.

[Mise à jour] Lien vers les actes en ligne des journées d’étude.

Vendredi 21 novembre 2014

Académie de médecine, salle des séances, 16, rue Bonaparte, 75006 PARIS

14h : Accueil et discours d’ouverture.

Pr. Raymond Ardaillou (secrétaire perpétuel de l’Académie nationale de médecine), Guy Cobolet (directeur de la BIU Santé), Jérôme van Wijland (directeur de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine).

14h30-17h30 : Modérateur : Jacqueline Vons.

– 14h30-14h50 : Stéphanie Charreaux (BIU Santé) et Jérôme van Wijland (Bibl. Académie de médecine) : Recensement et description des exemplaires de la première édition de la Fabrique (1543) conservés dans les bibliothèques publiques en France.

– 14h50-15h10 : Véronique Boudon-Millot (Université Paris Sorbonne) : Les sources galéniques de Vésale.

– 15h10-15h30 : Vivian Nutton (Wellcome Institute of Medicine, London) : Vésale et ses éditeurs.

– 15h30-16h : Discussion.

– 16h-16h30 : Pause.

– 16h30-16h50 : Antoine Drizenko (Université de Lille / SFHM) : Les exemplaires connus de la Fabrique et de l’Epitome en coloris d’époque.

– 16h50-17h10 : Jean-François Vincent (BIU Santé) et Johann Gillium (BIU Santé) : La Fabrique électronique.

– 17h10-17h30 : Discussion.

Samedi 22 novembre 2014

Université Paris Descartes, salle du Conseil, 12, rue de l’École-de-Médecine, 75006 PARIS

9h30-12h30 : Modérateur : Jean-François Vincent.

– 9h30-9h50 : Jacqueline Vons (Université de Tours / SFHM) : Les squelettes de Vésale et leur postérité.

– 9h50-10h10 : Stéphane Velut (Université de Tours/ SFHM) : L’encéphale et ses enveloppes.

– 10h10-10h30 : Évelyne Berriot-Salvadore (Université de Montpellier/ SFHM) : Ambroise Paré lecteur de Vésale.

– 10h30-11h : Discussion.

– 11h-11h30 : Pause.

– 11h30-11h50 : Annie Bitbol-Hespériès (Centre d’études cartésiennes, Paris) : De Vésale à Descartes : le cœur, la vie.

– 11h50-12h10 : Valérie Deshoulières (Institut d’études françaises, Saarbrücken) : La postérité littéraire de la Fabrique.

– 12h10-12h30 : Discussion.

 ***

14h-16h : Modérateur : M. Francis Trépardoux, président de la SFHM.

– 14h-14h20 : Jean-Christophe Neidhardt (Musée d’anatomie de Lyon) et Jacques Chevallier (Acad. sciences, belles lettres et arts de Lyon/ SFHM) : La destinée des bois de 1543.

– 14h20-14h40 : Alain Segal (SFHM) : L’histoire de l’exemplaire de Reims.

– 14h40-15h : Discussion.

– 15h-15h20 : Danielle Gourevitch (EPHE/ SFHM) : Le Vésale de Daremberg.

– 15h20-15h40 : Maria Portmann (Université de Munich/ SFHM) : La mémoire des illustrations de la Fabrique en Angleterre et en Espagne.

– 15h40-16h : Discussion.

Aucune inscription préalable n’est nécessaire pour assister à ces journées d’étude.

[Mise à jour] Lien vers les actes en ligne des journées d’étude.

La Fabrique de Vésale. La mémoire d’un livre
Debut: 11/21/2014
Fin: 11/22/2014
Paris, Île-de-France
75006
FR

 

 

 

 

 

« La Fabrique de Vésale et autres textes » est en ligne

Mise en ligne du projet Vésale

Nous vous l’annoncions l’année passée, c’est désormais chose faite : les premiers éléments du projet Vésale sont accessibles en ligne, à l’adresse suivante :

https://www.biusante.parisdescartes.fr/vesale

Sont déjà disponibles les textes liminaires et l’intégralité du Livre I du De humani corporis fabrica (1543), et les textes liminaires de la Paraphrasis (1537), avec introductions (en français et en anglais), transcriptions, traductions et commentaires.

Le livre VII est d’ores et déjà en préparation.

Cette première édition et traduction en français de la Fabrique et des textes associés a été réalisée par Jacqueline Vons et Stéphane Velut.

 

Les choix éditoriaux

Ce travail de longue haleine est la première entreprise de ce genre en France. L’introduction de Jacqueline Vons et Stéphane Velut précise les choix retenus pour ce travail d’édition. Tout d’abord, le texte est celui de 1543, et non pas l’édition remaniée de 1555.

« Il nous a semblé que dans la mesure où rien n’est définitif en science, il était plus pertinent de connaître le point de départ qu’un terme, par nature provisoire […]

Le texte de 1543 présente l’avantage d’être le premier état de la pensée et de l’écriture d’un homme jeune, désireux de faire connaître des découvertes dont il sait qu’elles gênent considérablement la tradition du monde universitaire, fier assurément de ce qu’il enseigne, et qui, à cause de cela, ne sait pas bien ménager ses (futurs) ennemis. »

Vous pouvez en apprendre davantage sur ces choix dans l’introduction au projet.

Les choix techniques

Toute la partie technique a été réalisée à la BIU Santé, avec la collaboration initiale d’une stagiaire de l’École des chartes dirigée par Florence Clavaud.

Techniquement, le travail repose sur un format de structuration des documents, la TEI (Text Encoding Initiative) ; la diffusion se fait grâce à une application de FileMaker Pro 12 (base de données), associé à Lasso 8.6 (interface web).

Pour le détail de ces questions, vous pouvez consulter cette page ou nous contacter.

Nous avons dû mettre en place une interface relativement complexe, en raison des particularités éditoriales de la Fabrique. Il s’agit en effet d’un volume de grand format, abondamment illustré, et dont les gravures sur bois comportent de nombreux appels de légendes sous forme de lettrages souvent très fins. Pour rendre possible la circulation entre l’image et le texte, le recours au zoom était indispensable. Nous avons aussi dû permettre de diviser l’écran en deux parties, pour la mise en relation de l’image du texte original et de sa traduction ou de sa transcription.

La vidéo ci-dessous (muette) vous donne un aperçu des possibilités de l’interface :

Le mode d’emploi de l’ensemble est disponible en cliquant ici.

L’année Vésale

En publiant ce site, la Bibliothèque interuniversitaire de Santé s’associe aux manifestations qui marquent cette année le 500e anniversaire de la naissance de Vésale.

Elle participe notamment à deux autres événements majeurs :

  • Le colloque Vesalius Continuum à Zakynthos, 4-8 sept. 2014 : http://vesalius2014.be/
  • Les Journées d’étude des 21-22 novembre 2014 : La Fabrique de Vésale. La mémoire d’un livre (Bibliothèque et Académie nationale de médecine ; BIU Santé ; Société française d’histoire de la médecine).

En savoir plus

Contacts :

info-hist@biusante.parisdescartes.fr
jacqueline.vons@univ-tours.fr

La Fabrique de Vésale et autres textes inaugure une nouvelle rubrique du site de la BIU Santé, « Éditions critiques » : https://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/debut.htm.

Jean-François Vincent

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